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Deux conseils municipaux…

Les salades du moDem

Spécialités : salades !

Oui, ce 17 décembre se tenaient deux conseils municipaux dans notre circonscription.  Et non des moindres, puisqu’il s’agissait de ceux de Plaisir et de Poissy. Mon but n’est pas ici de dresser un compte-rendu des débats mais juste de souligner un point commun -autre que la date- entre ces deux réunions : l’attitude du MoDem…  D’autant qu’à Poissy, le maire socialiste Frédérik Bernard, se proposait, par la délibération n°56 de retirer sa délégation au développement économique à Richard Bertrand, son adjoint-rival MoDem avec qui il avait cru bon de s’allier lors des élections municipales.  Un conseil si prometteur de spectacle qu’il fit salle comble et que l’ineffable David Douillet avait cru bon de faire le déplacement…

Cela faisait un moment que la rumeur courait ; bien avant la législative partielle de la 12ème circonscription, on colportait qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre Bernard et Bertrand qui tous deux convoitaient la place de député des Yvelines laissée vacante suite à la condamnation de l’UMP Masdeu-Arus pour corruption ; le second prétendait même, à ce qui se racontait, avoir droit au soutien du PS, en retour de celui que le MoDem avait apporté à Frédérik Bernard lors de l’élection municipale… Les choses n’ont fait que se dégrader depuis et cet absurde attelage gauche-droite a donc terminé dans le fossé jeudi dernier.

Un petit historique s’impose.  Le 20 octobre, faisant le bilan de la législative partielle, Bernard découvrait que «le MoDem est à droite» !  Une lucidité bien tardive, en tout cas pour tous ceux qui ne se sont jamais trompés sur la nature de ce parti, y compris ses camarades socialistes de Plaisir qui étaient unanimes sur cette question dès 2008…

Dès lors, les grandes manœuvres ont commencé et au mois de novembre, 23 élus ont dénoncé le comportement de Richard Bertrand ; Ali Rabeh, conseiller municipal en charge de la jeunesse et des loisirs déclarait : « Nous nous sommes rassemblés et nous avons été élus il y a dix-huit mois autour d’un projet commun. Force est de constater que l’élu MoDem ne s’inscrit pas dans ce processus et qu’il est à rebours des discussions du groupe politique de la majorité.»  La pétition qu’ils ont signée notifie : « Richard Bertrand nuit gravement à la cohésion du groupe et au travail collectif.»  La polémique a enflé et a trouvé sa conclusion (provisoire ?) ce 17 décembre par le retrait de la délégation ce qui a amené les autres adjoints du MoDem a rendre les leurs par solidarité avec leur chef de file et leur a permis quelques tirades théâtrales dénonçant « l’incapacité du maire » et le « règlement de compte politicien » (Michelle De Vaucouleurs) ou celle du principal intéressé s’attachant à définir « quel type d’homme il [Frédérik Bernard] est : manipulateur, fourbe, hypocrite et lâche. Malheureusement, je vais devoir rajouter encore le qualificatif de traître.»  Le débat volait haut !  Et David Douillet —union sacrée des droites— a cru devoir y contribuer auprès de la presse par son expression personnelle quelque peu embrouillée dans le maniement des concepts abstraits : « Le bouquet final avec l’éviction de Richard Bertrand prouve que la parole du maire est subjective (sic). Je suis atterré d’avoir assisté à ce conseil municipal et d’avoir pu constater le manque de niveau dans tous les domaines et notamment dans celui de la fidélité (re-sic). »

Revenons un peu sur le personnage de Richard Bertrand et ses propositions politiques…

Richard Bertrand est l’auteur d’un petit opuscule où la stupidité le dispute à la vanité et l’autosatisfaction, et dont le titre seul annonce l’indigence intellectuelle : « Ne dites pas à sa mère qu’il fait de la politique… elle le croit chef d’entreprise« . Il n’hésite pas à y chanter la louange de… notre JR : « Joël Regnault, maire de Plaisir, est quelqu’un que j’apprécie beaucoup, car il est hors du système politique…» (p.76).  Quelle analyse clairvoyante pour évoquer l’actuel Maire UMP de Plaisir depuis 2001, qui fut Conseiller général RPR des Yvelines de 1998 à 2004 après avoir été  Conseiller régional d’Ile de France de 1992 à 1998 pour le même parti et élu de l’opposition municipale de droite de 1983 à 2001 !  C’est sûrement cela que le ni droite-ni gauche du MoDem « hors du système politique« … De même, ne ressemble pas, mais alors pas du tout, à un projet de droite bien connu sa proposition de lutter contre la baisse du pouvoir d’achat par les heures supplémentaires, celle d’assurer la sécurité par la vidéosurveillance et la sanction dès le premier délit ou encore celle de réduire les charges sur les entreprises pour créer de l’emploi ; réduction que permettrait une augmentation de la CSG, de la TVA et une taxe sur les carburants… Bref, transférer un peu plus aux ménages la contribution déjà insuffisante de l’entreprise à l’intérêt général !  Tout ce que je cite là figure en toutes lettres dans le programme du candidat malheureux du MoDem à la législative partielle, et figure également, sous une forme à peine moins rudimentaire, dans celui, dit de « social-économie », de François Bayrou.  On se demande quelle « attractitude » peuvent bien leur trouver les Royal, Valls ou autre Peillon !  Ou alors, on le comprend si on admet que ce sont ces derniers qui ont rallié de fait la droite.

Mais ne sortons pas du sujet : lors de la législative partielle, Richard Bertrand avait pour suppléant Bruno Tabary, conseiller municipal à Plaisir.  Donc, ce dernier, lui aussi, était de conseil municipal le 17 décembre, et dans notre ville de Plaisir, bien sûr, où on votait justement le budget primitif 2010. Ce vote constitue probablement l’acte politique majeur de l’exercice, celui qui dicte les choix pour l’année à venir.  Les élus de gauche ont expliqué clairement, par la voix de leur présidente de groupe, pourquoi ils voteraient contre ce budget : ils condamnent les risques financiers que le Maire fait courir à la Ville par sa gestion spéculative de la dette, ils déplorent son manque de volonté politique —juste parce qu’il est incapable de s’entendre avec sa voisine UMP des Clayes— à réussir une intercommunalité qui créerait des ressources nouvelles, tout cela le conduisant à limiter le rôle de service public de la collectivité, en particulier dans le domaine social.  La gauche a donc clairement voté « non » à ce budget.  Bruno Tabary —comme il l’a fait à toutes les délibérations depuis le début du mandat— a approuvé sans barguigner les propositions de la droite municipale…  De Poissy à Plaisir en passant par la social-économie chère à François Bayrou, la démonstration est donc claire de ce qu’est la vraie nature du MoDem !

Petite orange confite sur le gâteau de la flagornerie, cette exemplaire démonstration de pourléchage anal à laquelle s’était livré le même Tabary au Conseil de novembre en s’adressant à Joël Regnault ; je cite le compte rendu officiel : « Enfin, nous espérons, Monsieur le Député-suppléant, que vous serez à même de défendre au plus haut sommet de l’État l’intérêt des Plaisiroises et des Plaisirois autour des quatre axes  que j’ai notés et que vous avez largement développés tout à l’heure : le patrimoine, les quartiers, les associations, et les familles plaisiroises.»

Mais au-delà des caractères personnels de ces deux hommes —ego démesuré de Bertrand et courtisanerie bouffonne de Tabary— ces attitudes sont révélatrices d’un discret, mais réel coup de barre à droite du MoDem.  Si l’on veut bien admettre que dans une société démocratique traversée par des conflits d’intérêts, chaque parti politique repose sur un socle populaire qui le charge de porter au pouvoir ses intérêts de classe, de caste, de minorité influente… ce socle constituant l’assise électorale de base —la niche écologique, si l’on veut— du parti concerné, il faut bien constater que le MoDem a une stratégie louvoyante.  Il a relativement échoué à attirer à lui la partie, passez-moi l’expression, couillemolle de la gauche du fait de l’OPA de Daniel Cohn-Bendit sur ce secteur de l’opinion, et il remarque, comme tout le monde, un certain flottement dans le camp de la majorité sarkozyste embarrassée par l’autocratie présidentielle et le rejet populaire qu’elle détermine : la tentation est donc forte —d’autant que l’antisarkozysme est le fonds de commerce de François Bayrou, et la droite libérale son camp d’origine— de regagner du terrain auprès d’une partie de la majorité actuelle qui cherche une éventuelle solution de remplacement à l’encombrant Nicolas… D’où son récent appel du pied à la « droite sociale » pour constituer un » arc central« .  Ce repositionnement marque la volonté du MoDem de rester le pivot de ce rassemblement, volonté que partagent certainement, mais pour eux-mêmes, Europe-Ecologie et Désirs d’Avenir, ce qui promet encore bien des salades entre eux…  Tant mieux, car la constitution d’une telle alliance —et si elle parvenait à mobiliser l’opinion— serait un véritable reniement politique pour ceux, soi-disant de gauche, qui l’accompagneraient et une grande défaite idéologique pour la gauche toute entière.

JPR

1 Commentaire sur

Deux conseils municipaux…

  • Bertrand78340 |

    Cette nouvelle situation rend encore plus comique le rapprochement PS-Modem voulu par martine Aubry : comment vont s’en tirer les militants locaux pour expliquer une fusion de second tour si elle a lieu ? Huchon et la liste idf ne font déjà pas l’unanimité chez les socialistes et j’ai entendu dire que d’autres personnalités 78 que Michèle Valladon pensaient rejoindre le front de gauche cette semaine.

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