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C’est parti !
Catégorie: élections, en FranceAprès d’interminables négociations, le Front de Gauche entre enfin dans la campagne des élections régionales ! Je me propose donc, dans ce billet, d’une part de dire quand même un mot sur ces négociations, parfois tendues, et sur leur heureuse conclusion, d’autre part de regarder la situation des forces politiques en présence en Ile de France.
Une négociation, par définition, suppose le rapprochement de plusieurs points de vue différents à travers des pourparlers, une concertation entre les parties pour trouver un accord aussi juste que possible. Elle a ceci de particulier, dans le cas de la négociation d’un accord électoral, de placer, le temps du débat, des alliés en situation de rivalité, ce qui les expose particulièrement aux attaques sur leurs points de divergence.C’est évidemment, on le comprend bien, une période de tension, et ces pourparlers supposent une certaine discrétion, ne serait-ce que pour éviter de stériles querelles internes qui, à terme, laisseraient des rancunes et seraient contre-productives. L’important est de trouver un accord, aujourd’hui, c’est fait et l’accord me paraît bon. Le débat a été long et complexe, d’une part car il se tenait non seulement entre les partenaires fondateurs du Front (PCF, PG, GU, République et Socialisme), mais aussi dans la perspective de son ouverture à d’autres formations (NPA, M’PEP, Fase, Alternatifs, PCOF, etc.), d’autre part, le débat était complexe aussi, du fait que certains points faisaient litige, entre le PCF et le PG, comme la tête de liste de la région Ile-de-France, ou avec le NPA, comme la participation aux exécutifs.
Il ne faudrait cependant pas que ces difficultés cachent l’essentiel : la recomposition en marche de la gauche. Car l’essentiel est bien là, et au regard de l’importance de cette recomposition, les difficultés rencontrées demeurent mineures… Considérons bien les choses : ce sont 17 régions sur 22 —et surtout, les régions les plus importantes— où le PCF a opté pour le changement de stratégie qu’implique le Front de Gauche, et là où les militants locaux ont préféré reconduire l’alliance avec le PS, on voit, comme en Bretagne par exemple, des fédérations entières (Morbihan, Finistère) rejoindre les listes du Parti de Gauche, souvent alliées au NPA local, pour constituer des candidatures unitaires. Car, et c’est à noter, si, au plan national, on peut regretter que les discussions avec le NPA n’aient pas abouti, dans plusieurs régions (Limousin, Pays de Loire…), le parti d’Olivier Besancenot devrait rejoindre les partenaires du Front, à l’instar du Languedoc-Roussillon où l’alliance PCF-PG-NPA est déjà scellée (même si des personnalités isolées comme Gayssot ont choisi de partir avec les socialistes, menés par… Georges Frêche, dès le premier tour). Car, et il faut bien le souligner, la recomposition de la gauche autour de la nouvelle stratégie du FdG a ébranlé la ligne sectaire de l’ex-LCR et amené sa direction à laisser les comités locaux régler les alliances au cas par cas. On peut certes compter sur la presse, acquise sinon en totalité au pouvoir en tout cas au bipartisme et au social-libéralisme, pour mettre en lumière toutes les difficultés inhérentes à une telle recomposition, pour ironiser sur les alliances à envergures variables, mettre en vedette quelques personnalités à la dérive (Hue, Gayssot, Gatignon…) et finalement dénigrer, pour la combattre, la force qui se constitue actuellement, mais l’essentiel est que celle-ci se constitue bel et bien et que même si elle n’est pas à la hauteur de notre impatience, la dynamique est en marche !
J’avais annoncé que je dirai deux mots sur les négociations. Dans ce genre de pourparlers, il y a toujours un côté bataille de chiffonniers, marchandage qui peut paraître mesquin au regard du projet commun, mais il y a aussi la réalité des faits : avec 184 élus régionaux sortants, le PCF était la formation qui prenait le plus de risques et devait accepter le plus de sacrifices en renonçant à certaines places éligibles au profit de ses partenaires. « Il y a ceux qui donnent beaucoup et ceux qui veulent beaucoup. Nous, nous avons beaucoup donné, a déclaré Marie-George Buffet lors de ses vœux à la presse. Nous sommes arrivés à un bon équilibre.» Pour une certaine presse —celle dont je parlais un peu plus haut— le PCF n’aura jamais assez donné tant qu’il n’aura pas apporté sa tête sur un plateau, mais avec 25% des places éligibles, 19 têtes départementales et cinq régions, le PG qui n’a qu’un an d’existence ne peut pas considérer qu’il a été maltraité et si je n’étais pas, à titre personnel, hostile à ce que Mélenchon, du fait de son talent d’homme public, dirige la liste Ile-de-France, je n’en considère pas moins que dans une alliance respectueuse des forces et des identités de chacun, ce rôle, national en fait dans la région-capitale, devait revenir au PCF.
Un mot pour finir sur les sondages; sans leur accorder plus d’importance qu’ils en ont, ils restent un élément de réflexion qu’on ne peut totalement négliger car il a un rôle non négligeable pour formater l’opinion. Les deux derniers (Ifop et OpinionWay, vers la mi-décembre) indiquent, en Ile-de-France, un score de 7% pour le FG avant même son entrée en campagne et alors que les médias pratiquent le black-out. Pour information, les autres listes sont créditées ainsi : LO et NPA, 2% chacun, écologistes indépendants 3%, FN 5%, MoDem 6%, Europe-Ecologie 21%, PS 24%, UMP 30%). On ne tardera pas à suivre l’évolution dans de prochains sondages… Mais en attendant, demain Meeting à 14h., au Palais des Congrès, Porte Maillot pour le lancement d’une campagne qui risque d’être passionnante étant donnée l’importance de ses enjeux politiques.
JPR




