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Rationalisations et tartufferies…
Catégorie: à Plaisir, dans les YvelinesAujourd’hui, je vais parler du fonctionnement des services de la ville de Plaisir, et cela parce que deux des points du dernier conseil municipal qui s’est tenu avant-hier m’interpellent, et justement concernent le fonctionnement desdits services et ce dogme de la droite libérale qu’elle baptise tantôt « rationalisation », tantôt « modernisation » mais qui répond toujours à la même logique : externalisation, privatisation et, à terme, démantèlement du service public. Deux exemples nous en ont été donnés jeudi soir, voyons cela…
Le point principal portait sur l’approbation de l’attribution du marché public d’entretien des espaces verts ; la note explicative de synthèse qui accompagnait le projet de délibération précisait :
Afin de rationaliser l’externalisation des prestations d’espaces verts, la ville de Plaisir a lancé une consultation sous la forme d’un appel d’offres en 11 lots séparés […]. Ce marché est d’une durée d’un an renouvelable 3 fois pour une durée maximale de 48 mois.
Ce marché, précisons-le, s’élève à la somme globale de 294 750 €. Fichtre ! ce n’est pas rien, et on est fondé à s’interroger sur son opportunité alors qu’il existe un service municipal des parcs et jardins dont la vocation est justement l’entretien des espaces verts de la ville. Que certaines tâches spécifiques et sortant de l’entretien courant soient confiées à des entreprises spécialisées est une chose normale, mais qu’une ville en vienne même à déléguer l’entretien de ses stades, le fauchage de la voirie ou le désherbage des trottoirs, ne peut relever que de la volonté délibérée de démanteler le service public municipal. J’ai donc fait l’intervention suivante :
Monsieur le Maire, Je souhaiterais vous poser trois questions :
Il apparaît qu’exercice après exercice, depuis 2001, ne cesse de croître le montant des marchés découlant de l’externalisation de travaux que la Ville pourrait confier à ses propres services.
Celui que vous nous demandez d’approuver ce soir porte sur rien moins que 294 750 € attribués à des prestataires privés, et cela alors qu’il existe un service municipal «Parcs et jardins». Ce service, il est vrai, a subi, sous vos mandatures, une cure d’amaigrissement, puisqu’il comptait, en 2001, 34 agents et qu’en 2007 il n’y en avait plus que 23, ce qui représente une réduction d’effectif de plus de 32%… Combien donc, aujourd’hui ce service compte-t-il d’agents ? Ce sera ma première question.
D’un point de vue plus général, cette réduction s’inscrit dans celle du nombre des agents de la Ville qui, sur la même période (2001-2007) a globalement baissé de 7,5%, et cela alors que les emplois de non-titulaires explosaient de 37,5% supplémentaires, passant de 155 à 213 personnes. En équivalent temps plein, la Ville a connu une baisse de 14,8% de postes de titulaires ! Pensez-vous donc que la collectivité, en diminuant ainsi ses services techniques et en en précarisant les personnels de plus en plus — ce qui se traduit aussi par leur mal-être au travail — se place dans les meilleurs conditions pour exercer son métier, à savoir l’entretien et la mise en valeur de son territoire ? C’est ma seconde question.
Enfin, on connaît bien le vocabulaire, qui à base de «modernisation» ou de «rationalisation» veut présenter d’une façon positive, dynamique et euphorisante ce qui n’est que le délaissement de parts de plus en plus grandes de la mission de service public de la collectivité au profit des entreprises privés. Vous n’ignorez pas que ces reculs successifs du service public municipal entraînent une perte de savoir-faire qui, à terme, nous livrera sans défense aux exigences des prestataires qui seuls pourront accomplir les missions dont nous aurons perdu les compétences professionnelles pour avoir asseché les services. Alors ma troisième question est : comptez-vous poursuivre ce mouvement de réduction des services municipaux et de précarisation des personnels que vous avez mis en œuvre depuis 2001 ?
La réponse fut simple : « oui, je vais continuer ». Quant à l’effectif du service aujourd’hui, il ne s’élève plus qu’à 18 personnes, soit une réduction de 47% depuis l’arrivée de JR et son équipe en 2001 ! Choisir une telle politique revient à livrer notre cadre de vie, qui ressortit à l’intérêt de tous, aux intérêts privés, qui —et on en a l’expérience— sont capables pour pénétrer un marché de proposer des offres alléchantes, mais qui, une fois que la ville a perdu la compétence professionnelle des missions où ils se sont substitués à elle —ce qui est en train de se produire pour nos espaces verts—, imposent leurs conditions fort onéreuses pour l’ensemble des habitants : il en est ainsi de la loi des cannibales libéraux de l’offre et de la demande quand des pouvoirs publics n’exercent plus leurs missions dans le sens de l’intérêt collectif.
Le second point que je veux aborder est tout-à-fait corrélé à cette situation des services municipaux : au détour d’une question sur une réunion du CTP, je découvre que, sans jamais en avoir été avisé et semble-t-il, en toute illégalité, je n’en fais plus partie !
D’abord, qu’est-ce que le Comité Technique Paritaire (CTP) ? Les CTP ont été créés à la Libération, dans le but d’instaurer une concertation démocratique dans la fonction publique ; leur mise en place est obligatoire, dans une collectivité territoriale, à partir de 50 agents et leur fonction est d’émettre des avis sur l’organisation des services, leur répartition, les suppression de postes… Sur le plan social, les comités techniques paritaires doivent se prononcer sur les questions touchant aux effectifs (et on voit ce que cela signifie à Plaisir !), sur la situation des personnels non-titulaires ou à temps partiels (encore un point sensible dans notre municipalité !).
Le paritarisme veut que ce comité soit composé à part égale de représentants élus des organisations syndicales et de représentants désignés de la collectivité. Le respect de la démocratie implique que les différents groupes d’élus municipaux y soient représentés, et celui de gauche y détenait depuis 2001 un siège (moi-même, en tant que titulaire, depuis mars 2008 et Mme Darneau comme suppléante). Peut-être espérait-on que nous nous y conduirions comme des potiches ? Mais ce ne fut pas le cas, et le conseil municipal de novembre 2008 qui relatait nos interventions en CTP en a témoigné. Cela vaut le coup de le relire pour comprendre, ce qui a conduit nos tartuffes locaux, juste à la suite de la réunion en question du CTP et à l’aide d’une magouille politicienne indigne, à éliminer (sans même le courage de le leur dire puisque nous avons découvert au cours du conseil d’avant-hier ce qui datait d’un an !) les élus de gauche de cet organisme de concertation, et cela en jouant — au mépris des textes règlementaires— sur une réduction du nombre des membres du CTP.
Affaire à suivre —car il y aura des suites—, mais qui révèle bien à la fois l’autoritarisme et l’hypocrisie de la majorité municipale.
Régression du service public municipal (ne manquez pas aussi de lire à ce sujet la tribune d’Yveline Darneau dans l’Essentiel de février), régression de l’effectif du personnel communal, régression du paritarisme et de la démocratie locale, voilà le vrai visage de nos tartuffes municipaux !
JPR




