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Capital
Catégorie: à Plaisir, dans les YvelinesSi je conseille volontiers la lecture du Capital de Karl Marx, on ne m’entendra guère chanter les louanges de la revue homonyme, qui est plutôt orientée vers la préservation des intérêts dudit capital. Néanmoins, je ferai cette fois une exception : la livraison de février vaut le coup d’œil. En effet, la revue est en grande partie consacrée —c’est le titre en couverture— aux « gaspillages des élus locaux » et notre ville est citée au palmarès national des emprunts toxiques… Celui-ci a été établi par l’enquête des journalistes de cette revue dont l’orientation politique est pourtant du même bord que notre majorité municipale ! Ainsi, on peut lire, page 56, ce titre et cette introduction :
LES EMPRUNTS À RISQUE SIGNÉS AVEC LÉGÈRETÉ S’ACCUMULENT
Pour réduire leurs remboursements à court terme, de dizaines d’élus ont souscrit des emprunts extrêmement nocifs. Autant de bombes à retardement pour nos impôts locaux.
Les élus de gauche, depuis longtemps, dénoncent la gestion spéculative de la dette par MM. Regnault et Adebiaye. Rappelons simplement le numéro 14 de Contrepoint qui y était consacré et les nombreuses interventions lors du conseil municipal, en particulier de Patrick Malivet et d’Yveline Darneau, qui motivaient notre refus de voter le budget de la Ville et nous valaient les sarcasmes du maire sur notre incompétence en matière financière… Il faut donc croire que les experts de la revue économique « Capital » sont aussi incompétents, puisqu’ils parviennent aux mêmes conclusions : l’article est accompagné d’un tableau où Plaisir figure en bonne place avec un emprunt qualifié d’«explosif» où les «produits structurés»représentent 95% de la dette, pas moins ! —un record qui place notre ville dans le « top ten » des collectivités exposées… Bravo, monsieur Regnault pour vos finances saines !
Extrait de la revue Capital, p.57, le tableau des quatorze collectivités les plus engagées dans ces politiques à haut risque :
Et Frédéric Beghin, rédacteur en chef adjoint de la revue, de préciser :
Avec la même inconséquence, les collectivités se sont jetées sur les emprunts de plus en plus complexes proposés par les banques, voyant l’avantage immédiat (des taux très faibles au départ), mais pas le risque à long terme de ces produits financiers spéculatifs. Certaines sont ainsi au bord du gouffre en raison des évolutions du dollar et du yen, ce qui ne doit pas être commode à faire avaler au contribuable électeur de base. Dans l’hypothèse où on daigne lui expliquer, car, sous les lambris, la transparence a encore des progrès à faire. En cours d’enquête, nous avons souvent eu du mal à nous procurer des documents publics. Silence radio, mauvaise volonté, « fax: en panne »… Une ville nous a même confirmé que, oui, ses comptes étaient à la disposition des citoyens, mais que, non, nous ne les aurions pas sans l’autorisation du maire…
On croirait entendre parler de notre JR qui ne cesse de proclamer la totale transparence de sa gestion, mais qui ne communique rien malgré nos demandes répétées, ne serait-ce que de la valeur actuelle de rachat des emprunts de la ville ! Peut-être commence-t-il à comprendre où il s’est fourvoyé, car comme l’écrit Etienne Gingembre dans la même revue :
La plupart des élus ont signé ces contrats sans rien comprendre à leur fonctionnement. C’est vraisemblablement le cas de Joël Regnault, le maire de Plaisir (Yvelines)…
Et c’est lui qui évoque l’incompétence de ceux qui dénoncent ces spéculations à courte vue !
Il faut dire que ces montages d’emprunts structurés concoctés pas Dexia, Natixis ou autres, présentent un avantage notable pour les équipes en place : en allongeant la durée de remboursement ils réduisent le montant des échéances, et pendant une période dite de bonification (3 à 5 ans), les taux fixes d’intérêt sont très bas, ce qui permet aux élus de ne pas augmenter les impôts et d’en retirer le profit politique à court terme (suivez mon regard…) tout en créant une situation extrêmement périlleuse pour les 15 à 20 années suivantes, où les taux indexés aux cours des monnaies peuvent exploser de façon considérable. C’est peut-être pour cela que le journaliste qualifie d’«explosive» la situation de Plaisir !
Et puis, selon une tradition politicienne bien établie, par JR, entre autres, ceux qui dirigeront la ville après lui pourront toujours imputer les difficultés qu’ils rencontreront aux errements de leurs prédécesseurs. Nous et nos enfants, nous aurons juste à en payer le prix…
JPR





