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J-7
Catégorie: élections, en France
Il paraît qu’on vote dans une semaine… C’est seulement ce matin que j’ai vu des distributeurs de droite (UMP et Modem) sur un lieu public (le marché des Clayes) et, au long de la campagne, j’en ai rencontré bien peu du PS ou d’Europe-Ecologie ! Dans ma boîte à lettres je n’ai trouvé aucun tract (sauf ceux que j’y avais mis moi-même) et, à la télévision, en dehors des boules puantes et coups bas, pas grand chose sur les vraies questions politiques. Pourtant dans une semaine, c’est le premier tour des élections régionales : la campagne se passe comme si l’UMP, consciente de sa prochaine défaite, faisait tout pour minimiser cette échéance dans l’opinion en n’alimentant aucun débat de fond, tandis que le PS, persuadé de sa victoire, n’assurerait qu’un service minimum, plus préoccupé des complots de baronnies régionales en vue de l’élection présidentielle et de l’affrontement interne avec irrémissible Ségolène qui envers et contre tout bon sens, avec une constance presque pathétique et un total aveuglement politique persiste à se croire un avenir présidentiel ! Ce désengagement du débat des grandes formations politiques se traduit par le désintérêt que manifestent pour cette élection 51 % des électeurs selon le dernier sondage national (TNS-Sofres du 1-2 mars). Ajoutons-y la complexité du mode de scrutin mixte d’une proportionnelle à deux tours avec prime au vainqueur, une organisation où la région conduit des listes elles-mêmes réparties en sections départementales et où l’attribution des sièges se fait selon les suffrages recueillis dans chaque section alors que le total des élus d’une liste est calculé globalement au niveau régional ! Voilà largement de quoi décourager les meilleures volontés qui voudraient comprendre qui est ou non éligible dans sa section départementale. Et en prime, un candidat peut entre les deux tours changer de section… mais pourquoi donc faire simple quand on peut faire compliqué ?
Les sondages nationaux, en ce qui concerne le Front de Gauche, doivent être analysés avec circonspection car, selon les différents instituts et la variabilité des alliances régionales, ils ne prennent pas en compte les mêmes listes. Cela, soit dit en passant, est aussi imputable au non-respect d’une stratégie nationale qui aurait dû s’imposer à tous les communistes ; on rencontre ainsi des estimations très variables, selon les régions retenues pour le calcul. Le sondage TNS-Sofres, cependant, mérite qu’on s’arrête quelques instants sur les tendances qu’il révèle car il a pris en compte non seulement les listes du front « historique », mais aussi celles d’union Front de Gauche / NPA en Pays de la Loire, Limousin et Languedoc-Roussillon et PG / PCF dissidents en Bretagne : cela donne donc une image politiquement plus exacte et place le FG à 7%. Il n’y a pas encore de quoi pavoiser, mais c’est pratiquement la seule formation en progression, tandis que le Modem chute à 4% et que LO (pourtant en baisse à 2,5 %) devance le NPA réduit à 1,5 %, et cela alors que ce score supposé du parti d’Olivier Besancenot est compté avec les listes d’union NPA/ Parti de Gauche en Bourgogne, Champagne-Ardenne et Basse-Normandie ! C’est dire, si cela se confirme, le désaveu qui accompagne la logique sectaire qu’a choisie cette formation ! On peut espérer que pour d’autres échéances, sa base imposera une ligne unitaire.
L’enjeu du 14 mars est important, non seulement au regard d’une victoire probable de la gauche, mais surtout pour écarter le péril de l’alliance au centre qui a anéanti déjà la gauche en Italie, où il n’y a même plus de parti socialiste, qui a fait du SPD allemand une force d’appoint de la droite et du parti travailliste anglais le meilleur outil pour poursuivre et aggraver les réformes libérales. Pour cette raison, non seulement il faut la victoire de toute la gauche et rien que la gauche, mais il faut aussi que le segment anticapitaliste de cette gauche se renforce, la rééquilibre et soit la base d’un rassemblement majoritaire de réelle transformation sociale.
Pour cela une seule voie, un seul vote utile : Front de Gauche le 14 mars.
JPR



