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Après le second tour…
Catégorie: élections, en FranceLa faute à qui ? demandions-nous récemment… Eh bien, maintenant, on le sait : la branlée, la déculottée, la claque, que dis-je ? la double mandale qu’a pris l’UMP ce week-end, ce n’est évidemment pas la faute à la brutalité antisociale des politiques gouvernementales, ni au mépris de la démocratie et à l’autoritarisme qu’affiche Nicolas Sarkozy, ni encore aux clins d’œil appuyés des Besson et autre Hortefeux à l’idéologie du front National, non, pas du tout : cet « avertissement« , c’est la faute à la crise ! On le sait grâce à François Fillon, qui a osé, en substance, le syllogisme suivant : ce revers électoral de l’UMP est le résultat de la crise, or Nicolas Sarkozy mène une politique pour protéger les Français contre la crise —à commencer par la réforme des retraites— donc, il doit continuer dans le même sens ! Ce qu’on pourrait aussi traduire par quoi qu’expriment les Français victimes précisément de ces « réformes« , on s’en fiche et on les poursuit.
J’ai écouté, non sans y prendre un amer et délicat plaisir le concert des « petits chanteurs à la langue de bois« , ces professionnels de la périphrase qui ne dit rien, ou, pire, qui est un déni de réalité. La palme de la litote revient certainement à Rachida Dati qui a sobrement déclaré que : « La droite n’a pas gagné » et celle de la mauvaise foi, comme d’habitude à Xavier Bertrand et Frédéric Lefebvre qui expliquent qu’une élection régionale avec une telle abstention, pour décevant que soit le résultat, n’a cependant pas une portée nationale et ne saurait affaiblir le résultat de l’élection présidentielle où la participation avait été forte. Ils oublient juste de rappeler qu’entre les deux, un demi-mandat s’est écoulé, que les électeurs ont jugé les politiques mises en œuvre et que, somme toute, les régions mises bout-à-bout, ça fait une nation qui envoie un message…
Au fait, quel est ce message ? Chacun y va de son interprétation, tenons-nous en donc aux faits : d’abord, avec 35,3% des voix (soit 17% des inscrits), la droite obtient son plus mauvais résultat depuis l’avènement de la Vème République, la gauche la devance largement avec, toutes listes confondues, 54% des votants et elle obtient 21 des 22 régions hexagonales ! Donc, premier point, sévère défaite de la droite.
Le deuxième constat est le taux d’abstention (plus de 48% au second tour) et sa répartition (régions ouvrières : Nord-Pas de Calais Champagne-Ardenne, Lorraine, Rhône-Alpes) qui traduisent le sentiment que les politiques manquent du courage ou de la volonté de s’en prendre aux racines capitalistes du mal, sentiment proche de cette colère que criaient les argentins en 2001-2002 : « ¡ que se vayan todos ! qu’ils s’en aillent tous ! »
Le troisième point du bilan de ce scrutin est un autre volet de cette colère : la remontée inquiétante du FN. Dans ses bastions traditionnels, l’Alsace, le littoral méditerranéen, mais aussi dans les régions industrielles sinistrées où l’abstention est forte et la crise a fait des ravages, le parti de Jean-Marie Le Pen réalise des scores élevés : la frange de l’électorat populaire qui s’était détachée du Front pour voter Sarkozy en 2007 sur la foi de son volontarisme affiché est rentrée au bercail, ce qui explique aussi l’ampleur de cette défaite de la droite sarkozyste.
Le dernier aspect très prometteur est le résultat du Front de Gauche dans le Limousin, où l’intransigeance des socialistes de haute-Vienne avait empêché la constitution d’une liste d’union au second tour : il se renforce et passe de 13 à 19 %, et cela dans le contexte d’une participation plus élevée : il gagne 20 000 voix par rapport au premier tour !
En Ile-de-France, le Front de Gauche obtient 18 élus. La répartition proportionnelle pure nous en aurait donné 19,25. Christian Favier, président communiste du conseil général du Val de Marne a été écarté et le FG, à l’issue de la négociation avec le PS et EE, n’a eu aucune tête de liste départementale, alors que là aussi la répartition proportionnelle lui en aurait donné une au moins. L’union est un combat, disait Etienne Fajon et la maxime se vérifie encore aujourd’hui… Mais ce combat, nous le mènerons car ce n’est qu’unis que nous pouvons gagner —mais pas unis n’importe comment, ni sur n’importe quoi, unis sur de vraies politiques de gauche, qui ne lâchent rien à l’eurolibéralisme, même s’il se prétend « social« . C’est pourquoi une des exigences de ce combat est de travailler à rééquilibrer le rapport de force à l’intérieur de la gauche, pour, à l’instar du Limousin, construire un fort bastion anticapitaliste. C’est la tâche qui nous attend d’ici aux prochaines échéances.
Mais aujourd’hui, l’heure est à se réjouir du rejet par notre peuple des politiques antisociales menées par le gouvernement et de celui de l’autoritarisme présidentiel. C’est à partir de ce rejet que doit, dès demain dans la rue, s’appuyer la lutte contre les réformes qu’ils entendent poursuivre envers et contre tout, en s’attaquant aux retraites et à la démocratie locale. Demain, tous à 14h, place de la République.
JPR





Et si ce scrutin avait été une élection législative, l’UMP n’aurait obtenu que 50 sièges !!
Parlant, tout de même…
Alors, si la droite a bel et bien perdu, quoi qu’elle en dise, il nous reste à GAGNER désormais.
Nadine