30
Rodomont
Catégorie: à Plaisir, dans les YvelinesOn allait voir ce qu’on allait voir ! déclarait notre JR lors du dernier conseil municipal, jeudi dernier. Aujourd’hui, on a vu…
Mais revenons un peu à cette séance du 25 mars. Le conseil touchait à sa fin quand nous fut annoncée une question écrite — cette procédure permet à un élu d’interroger le maire sur un point non inscrit à l’ordre du jour, et en l’occurrence, ce fut un élu de la majorité — Patrick Ginter — qui s’adressa à notre JR pour lui demander des éclaircissements sur la dette de la Ville, suite à l’article de la revue Capital où sa gestion financière était mise en cause.
Question — on le devine aisément — qui n’était pas du tout téléguidée… la réponse fut double : le maire donna d’abord la parole à son adjoint au finances, Philibert Adebiaye, qui eut l’air —comment ça s’dit ?— bien embarrassé et essaya en vain de passer son tour avant de se se lancer finalement dans une diatribe —comment ça s’dit ?— amphigourique et à côté de la question, puisqu’elle ne consista —comment ça s’dit ?— qu’à dénigrer la revue capital —de « la littérature de gare », je le cite— sans apporter aucune précision chiffrée concernant les emprunts. Curieux embarras de l’adjoint aux finances qui semblait pris au dépourvu par une question écrite déposée en mairie plusieurs jour à l’avance…
Là-dessus, JR enchaîna —ou plutôt se déchaîna— dans une intervention, bien préparée quant à elle, contre le journaliste auteur de l’article, mais surtout, contre l’opposition —autrement dit, nous, le groupe de gauche— accusée de coup bas politicien, « politicard » même, selon ses mots, pour avoir diffusé publiquement cette information dérangeante, dans le seul but, selon lui, de le discréditer auprès des Plaisirois et de « mettre le doigt volontairement là où ça fait mal — du moins l’aurions-nous cru, car même pas mal, en réalité »… Il assortit ses diverses invectives de tentatives d’intimidation, menaçant de poursuites —il a bien sûr « consulté ses juristes »— quiconque continuerait à propager de tels propos… Sa véhémente sortie achevée, il déclara la séance close, interdisant ainsi toute réponse à ceux qui venaient d’être mis en cause. Le vernis républicain de Joël Regnault est décidément bien fragile : l’opposition ne peut ni s’exprimer librement sur sa gestion de la dette, ni même répondre à ses accusations ! Nous aurions par exemple pu lui rappeler que notre analyse de la dette de Plaisir n’est pas de simple opportunité et uniquement lié à cette parution dont nous aurions profité, mais qu’elle n’a pas varié depuis le début du mandat —comme en attestent nos différentes publications— et a seulement été confirmée par la revue financière.
Il faut dire qu’en plus de l’article de Capital, le parti de notre pauvre JR venait de subir une débacle électorale et que, pour le troisième scrutin de suite, il se retrouvait minoritaire —et largement— à Plaisir dans 17 bureaux sur 19 avec un total 60% de voix à gauche… de quoi réveiller les vieilles acrimonies à droite et jeter le poison de la division dans ses rangs — y compris peut-être au niveau municipal… Mais ne sortons pas de notre sujet ; après une telle diatribe, nous attendions avec une jubilatoire impatience la publication du virulent « droit de réponse » que notre maire —scrogneugneu !— n’avait pas manqué, selon ses dires, d’envoyer à la revue Capital. C’est chose faite, dans le numéro d’avril. Déception, c’est un simple courrier de lecteur, que je reproduis intégralement —il est pour le moins laconique— et dont je vous laisse juges de la violence critique et des arguments de poids :
A Plaisir, dans les Yvelines, le montant des emprunts structurés est de 60,6 millions (et non de 61,7 comme indiqué dans le numéro de février), dont seulement 17,3% sont indexés intégralement sur le yen et le dollar et seulement sur la période 2016-2027, ce qui rend la dette et les emprunts structurés beaucoup moins «explosifs» qu’évoqué dans l’article. Eu égard aux précautions prises autour de ces emprunts structurés, le maire ne peut être taxé d’avoir signé des contrats sans rien comprendre à leur fonctionnement.
Joël Regnault, maire de Plaisir (78).
Bien prudente, cette réponse ! La rodomontade ne semble plus opportune face à des journalistes spécialisés, et finalement qu’apprenons nous de factuel ? une petite erreur sur le montant total de la dette et que seuls 17,3% des emprunts sont indexés intégralement sur le dollar et le Yen — mais que signifie donc cet « intégralement » ? Est-ce que ces devises entrent partiellement dans d’autres emprunts structurés ? Et quelles sont les différentes devises concernées, qui peuvent, elles aussi présenter des risques à l’avenir (voir, par exemple, les problèmes que rencontre l’Euro avec la crise grecque) ? Et puis, cette appréciation : « les emprunts structurés beaucoup moins «explosifs» qu’évoqué dans l’article.» est-elle vraiment rassurante eu égard à l’aveu implicite du caractère « explosif » desdits emprunts ?
Autant de questions pour lesquelles nous saurons exiger des réponses complètes et précises, qui, paraît-il, sont à la disposition de tous, mais que bizarrement nous n’obtenons jamais !
JPR




