Le DOB de JR ne fait pas partie des Beaux-Arts…

…À moins que la démagogie n’en soit un.

Le Conseil Municipal d’hier soir était principalement consacré au DOB (Débat d’Orientation Budgétaire). Cette séance est un moment important d’échanges, dont le but est, pour la majorité comme pour l’opposition, de présenter les grands axes de la gestion de la Ville dans le cadre des contraintes existantes et de leurs choix politiques.  Chaque année, Joël Regnault se saisit de cette occasion pour poser au grand penseur de l’économie mondialisée dans un discours-fleuve, partagé entre l’auto-satisfaction et quelques mouvements de menton pour affirmer une indépendance critique par rapport au gouvernement, que par ailleurs il soutient sans faille dans les actes et dont il applique avec zèle les politiques régressives.  On a ainsi pu l’entendre dénoncer le « jeu de dupes » du pouvoir vis-à-vis des collectivités locales et contester que les économies du budget de l’Etat se fassent à leur détriment. On connaît bien ce travers démagogique qui le voit, parfois à quelques semaines d’intervalle dire une chose et son contraire, en fonction de l’auditoire, comme l’an dernier, à propos de la suppression de la taxe professionnelle.  

Alors qu’a-t-il annoncé ?  Et peut-être aussi, de quoi a-t-il omis de parlé ?

D’abord, bien sûr, il s’est fait mousser sur la prochaine réfection de l’église et de la place St-Pierre.  Je n’ai rien à redire à l’entretien du patrimoine de la Ville, j’espère seulement que le coût de l’opération (près de 10 millions d’euros, quand même !) n’obérera pas trop le budget municipal des années à venir, alors que la dotation financière d’Etat est en régression; j’espère aussi que le Maire a bien su hiérarchiser les priorités de notre cité et s’est suffisamment assuré des subventions qui allègeront cette charge pour les contribuables plaisirois.

D’autant que ce qu’il a annoncé à demi-mots, c’est aussi une éventuelle augmentation de l’imposition locale (de 0 à 3%). Là aussi, quitte à choquer le lecteur, je ne suis pas contre, mais sous conditions, car les taxes locales sont injustes du fait qu’elles ne sont pas progressives et frappent indistinctement toutes les couches de la population. La première de ses conditions est de savoir à quoi sert l’impôt : s’il s’agit d’améliorer le service public municipal, de mieux organiser l’accueil de la petite enfance, de faciliter l’accès aux aides sociales, d’œuvrer pour la réussite scolaire de tous nos jeunes, de protéger nos seniors, d’entretenir notre espace commun de vie, notre voirie, d’assurer la paix et la sûreté de tous, je n’ai pas grand chose à y redire, il participe à la redistribution sociale par les services rendus dont beaucoup ne pourraient bénéficier sans cela. Le civisme républicain veut que chacun apporte sa juste contribution à l’édifice commun.  Mais j’ai bien dit, « sa juste contribution« , il ne s’agit pas de faire payer les ménages d’une main, et de l’autre exonérer des entreprises qui ont déjà bien bénéficié de la réforme de la taxe professionnelle.  Il faut aussi appliquer sans états d’âme la taxe locale sur la publicité, ne pas interpréter les textes officiels de façon restrictive sur la surface imposable et poursuivre sans répit les contrevenants, puisque la taxation ne se fait que sur une base déclarative.  Quand l’impôt est prélevé avec justice, il est subi, certes, mais accepté car son produit revient à la population sous forme de services ; quand l’impôt est injuste, il devient tout simplement inacceptable.  Nous aurons certainement ce débat cette année.

Autre sujet qui va vite nous rattraper du fait de la réforme des collectivités territoriales, celui de l’intercommunalité.  Va-t-on voir un cadre non choisi par les Plaisirois nous être imposé par le Préfet ?  Pour JR, tout est la faute des « tergiversations de la mairesse des Clayes« , mais lui-même, quelle initiative a-t-il pris dans ce sens ?  Son laconisme sur le sujet trahit son manque de volonté politique.

Curieusement, dans son discours-fleuve, pas un mot sur la crèche à l’Aqueduc pourtant promise pour 2010 lors de la campagne électorale, puis reportée à 2012 et maintenant, semble-t-il, à l’avenir incertain des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient… Quand la présidente du groupe de gauche, Yveline Darneau lui a posé la question, il s’est défaussé en prétendant que son adjointe à la petite enfance, Mme Fillioud « regardait« … que peut-être il faudrait la placer dans le quartier de la gare… Bref, des faux-fuyants.  À moins qu’il n’y ait anguille sous roche en rapport avec les projets immobiliers « pour nantis » dans ce secteur…

La séance fut, bien sûr, émaillée de quelques piques contre la gauche et le passif laissé par ses prédécesseurs (refrain habituel), ainsi que, les cantonales approchant, contre le Conseiller Général sortant, le socialiste Jean-Michel Gourdon.  La plus cocasse fut celle de Mme Huberlant qui prenant prétexte de l’installation d’un radar au feu rouge fit une déclaration le mettant en cause au sujet de l’éclairage public du rond-point des Gâtines…

Bernard Ansart (PS) s’est chargé de la présentation des orientations budgétaires proposées par notre groupe.  Je mets un lien avec ce très bon texte, qui lui doit beaucoup, mais a été l’objet d’un travail collectif rigoureux, où chaque membre du groupe a pu apporter sa sensibilité et qui reflète nos interrogations comme nos choix pour l’exercice à venir.

JPR

Vous avez une opinion? Laissez un commentaire:

Nom *
E-Mail *
Site Web