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Le personnel municipal maltraité
Catégorie: à Plaisir, dans les YvelinesLe conseil municipal du 20 novembre était consacré essentiellement au DOB (débat d’orientation budgétaire). Il s’agit d’un exercice au cours duquel le maire se plaît à développer son analyse de la situation actuelle, internationale, nationale et évidemment locale et les orientations qu’il compte donner, dans ce cadre, à sa politique municipale. Débat sans surprise, où Joël Regnault, dont la main gauche ignore, semble-t-il, ce que fait la main droite, se livre, en plastronnant, à la critique des néfastes conséquences locales de la politique qu’il soutient sans réserve au plan national… C’est un jeu dont il raffole : poser, dans un discours de circonstance, à l’esprit libre au seul service des Plaisirois, mais dans l’action, mettre en œuvre, sans état d’âme, la politique de régression sociale du gouvernement. Et il nous en a administré la preuve dès l’un des points suivants du conseil…
Il s’agissait d’entériner par une délibération un nouveau règlement intérieur des autorisations d’absence du personnel municipal. Comprenons, bien sûr, que dans une bonne logique de droite, il s’agissait de réduire quelques tout petits avantages dont bénéficiaient les agents. Ayant participé aux réunions du comité technique paritaire où cela avait été discuté avec les représentants du personnel, j’ai donc fait l’intervention suivante :
Vous ne serez, je pense, pas étonnés que je m’élève contre cette proposition de nouveau règlement intérieur des autorisations d’absence du personnel de la Ville, comme je l’ai déjà fait lors des réunions du CTP —et il en fallut trois, c’est dire que la question était sensible !
Trois réunions qui ne firent au total qu’un simulacre de négociation, car le seul et véritable objet de la proposition était la suppression des congés pour convenances personnelles dont bénéficiaient les agents. Les autres points n’étaient que les prétextes censés alimenter la discussion et permettre au Président du CTP et au DGS de faire “généreusement” quelques concessions, lesquelles n’étaient ni plus ni moins que le retour à la situation antérieure, qui avait été, à dessein et de façon caricaturale, sévèrement rabaissée, même pour des événements de la vie familiale aussi graves que le décès d’un conjoint (absence diminuée de 8 à 5 jours) ou événements de la vie professionnelle aussi symboliques que l’attribution d’une médaille d’honneur (passant de 8 jours à 1 seul).
Ce n’était évidemment là que des leurres destinés à fixer la discussion pour mieux escamoter la disparition pure et simple de l’article sur les convenances personnelles, lesquelles donc ne donneraient plus lieu à des autorisations d’absence. Aussi, le 30 juin, le CTP émit clairement par 7 voix contre 4 un avis défavorable. Le Président annonça qu’un nouveau CTP serait organisé sur un nouveau projet.
Cette deuxième réunion eut lieu le 17 septembre, et la nouvelle proposition ne contenait toujours aucune référence aux absences pour convenances personnelles. Le Président ouvrit la séance en déclarant, je cite : « Nous souhaitons trouver un passage ensemble sanctionné par un avis global positif. À défaut de trouver ce passage, nous reviendrons à la position initiale…». Ce qui, en langage plus simple, aurait pu se dire : soit vous acceptez globalement des reculs des droits des personnels et on négocie à la marge leur portée, soit vous ne cédez pas au chantage et on applique avec brutalité toutes les régressions proposées ! Pour éviter le pire au personnel municipal, ses représentants se sont donc abstenus et l’avis émis fut par conséquent favorable par 5 voix pour (celles des élus de droite), 6 abstentions et ma voix contre.
Ma première raison de m’opposer ce soir à ce règlement tient donc, dans l’actuel contexte général de régression sociale, au caractère indigne de la façon dont la négociation locale a été menée. La seconde, plus importante, porte sur le fond du problème : le personnel municipal est maltraité. Un chiffre l’atteste : le nombre moyen par agent de journées d’absence pour longue maladie est de presque 12 soit pratiquement le double de la moyenne nationale (je précise que je tire ces chiffres du bilan social établi par la direction des ressources humaines de la Mairie). Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’il s’agit là des états dépressifs, liés au stress professionnel produit par un management brutal et peu respectueux des personnes, ce dont nous avons reçu de nombreux témoignages par ailleurs. Ce n’est certainement pas en imposant aux agents cette nouvelle mesquinerie concernant un petit avantage dont ils bénéficiaient qu’on améliorera leur situation au travail, ni leur engagement au service d’une collectivité qui reconnaît si mal leurs mérites.




