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Viva a greve geral contra o capitálismo…

Soit les Français sont des ânes, soit ils ont de mauvais profs… En effet, vous avez dû le remarquer, nos élites politiques ne font plus de propagande (quel vilain mot !), ni même d’information, surtout pas de concertation, non, elles font de la pédagogie… Car, bien sûr, nous sommes des « enfants » et elles nous montrent le chemin : selon l’étymologie, le paidagôgos était l’esclave qui conduisait les enfants à l’école. Ce n’est pas par pédantisme que je mentionne cette lointaine origine grecque, mais parce qu’elle nous dit quelque chose de la réalité politique actuelle : ceux qui nous dirigent ne sont pas les maîtres, mais des serviteurs —ils servent la finance— et ils nous traitent comme des enfants qui, de leur bouche, devraient recevoir la science.  J’ai dit la finance, mais il ne s’agit pas d’une abstraction, d’une entité désincarnée : ce sont des vrais gens, un petit groupe qui se partage les conseils d’administration et les postes où l’on se goinfre, ceux qu’on peut appeler l’oligarchie.

Le rôle des politiques est double, d’abord, assurer la « bonne gouvernance » —d’aucuns ont même le culot d’ajouter « de l’entreprise France« —, c’est-à-dire de bien gérer les affaires pour leur maîtres : par exemple, diminuer leurs impôts pour qu’ils aient des excédents d’argent afin qu’ils puissent ensuite en prêter à l’Etat qui du coup de ces exonérations n’en a plus !  Et comme une dette, cela implique des intérêts, ils doivent aussi contenir l’inflation avec une monnaie forte, pour que la rente qu’elle leur rapporte, soient toujours aussi juteuse. Et c’est là que le pédagogue —le second rôle du politique : celui de vous faire avaler la potion amère— intervient pour vous dire : « Tremblez pauvres enfants ! Nous croulons sous la dette, il serait immoral de laisser un tel déficit public aux générations futures : il va donc falloir que nous consentions de nouveaux sacrifices.»  Et les pauvres enfants tremblent, car la dette, ça fait peur, c’est la hantise des familles modestes, l’humiliation, le spectre de l’huissier, de la saisie, de l’expulsion…

Alors pour résorber cette dette —ce qu’il ne veulent pas réellement faire, puisqu’elle est la pierre angulaire de cette machine à accumuler la richesse aux mains de l’oligarchie— disons donc plutôt au prétexte de résorber la dette,  ils vont imposer des politiques d’austérité aux peuples. « Ils« , c’est bien sûr, ces dirigeants politiques au service de la classe possédante, c’est la commission Européenne qui impose les directives libérales, mais c’est aussi le FMI et son directeur qui concoctent les plans de rigueur, ce sont aussi les dirigeants qui abdiquent devant eux tous, tels Papandréou, Zapatero ou Socrates.  Si je cite ces trois-là, ce n’est pas par hasard, mais parce que leurs peuples connaissent aussi de grands mouvements sociaux en ce moment, et la grève générale au Portugal a été aujourd’hui massive : une mobilisation du public et du privé qu’on n’avait pas vue depuis plus de vingt ans !

Car faut-il qu’ils soient de mauvais pédagogues, ces dirigeants politiques de droite ou soi-disant de gauche, car non seulement les Français sont de plus en plus nombreux à ne pas comprendre ce cercle vicieux de l’argent où les cadeaux au capital se transforment en dette dont le même capital touche la rente après avoir prêté à l’Etat la contribution que l’Etat ne lui a pas prélevée, mais pas uniquement les Français, selon la légende qui voudrait nous faire croire que râler est une sorte de spécificité du folklore national : les Grecs aussi que le plan du FMI étranglent, les Irlandais, les Espagnols, les Portugais…  Ça commence à faire beaucoup de monde !

JPR

Images de la manif d’hier à la Bourse de Paris


 

1 Commentaire sur

Viva a greve geral contra o capitálismo…

  • Michel |

    Tu devrais peut-être soumettre cet article et d’autres d’ailleurs à l’Huma ou à d’autres journaux tellement c’est bien léché et surtout bien argumenté !
    Bon courage ! Bravo pour les photos !
    Michel

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