
La vie est ainsi que faite que la farce succède parfois sans transition aux événements tragiques : hier nous rendions un dernier hommage à une femme d’exception qui a mis, avec courage et modestie, son intelligence et le travail d’une vie au service de ses concitoyens, aujourd’hui, la livraison mensuelle de l’Essentiel —la plaquette publicitaire du maire— nous ramène au niveau zéro de la politique municipale avec la rampollade* du mois. Quel contraste !
J’avais expliqué dans
un billet récent, et Yveline Darneau, présidente de notre groupe,
les rappelle dans ce même numéro du bulletin municipal, les raisons qui nous avaient conduits à nous opposer au budget primitif proposé par la majorité. Nous n’y reviendrons pas : nos explications sont claires et elles aussi, contrastent singulièrement avec les clabaudages du président du groupe municipal
NI-UMP-Forum des républicains sociaux-PR-Le Nouveau Centre-Ensemble pour les Yvelines… Rien que ça ! Non, ce n’est pas un inventaire à la Prévert, c’est juste l’appellation locale du parti sarkozyste.
La question est pourquoi se donner la peine de riposter à des clabaudages, et cela au risque de leur faire de la publicité ? La réponse est simple, c’est justement pour cette dernière raison : on ne fera jamais assez de publicité à des propos dont la bassesse et la faiblesse suffisent amplement à les disqualifier ainsi que discréditer du même coup ceux qui en sont les auteurs et dont ils nous révèlent toute la médiocrité. Et puis aussi, avouons-le, on les citera également pour le plaisir, même si ça peut paraître un peu mesquin, de s’esclaffer à leurs dépens… Alors, voici quelques extraits de la prose rampollesque :
Ainsi l’opposition socialo-communiste estime-t-elle que la rénovation de l’église ne serait pas une priorité… peut être veut elle attendre que celle-ci s’effondre pour agir…
Ainsi l’opposition a-t-elle critiqué la place de la culture à Plaisir considérant que trop de moyens lui sont accordés, et que le Théâtre Espace Coluche serait une culture pour les riches… Mais qui peut oser dire que le spectacle de l’Étoile de Martin offert gracieusement aux enfants et aux familles plaisiroises serait de la culture de riche … Qui ose dire que le théâtre de Molière, les opérettes d’Offenbach ou les one man show de Jamel Debbouze et Anne Roumanoff seraient de la culture de riche ? Abandonner la programmation telle qu’elle est aujourd’hui, riche, diversifiée, éclectique et accessible à tous, et revenir à la culture d’avant 2001 ? Cette seule perspective nous donne froid dans le dos …
Notons déjà le terme employé pour nous désigner : « socialo-communiste« ! Bébert doit avoir la nostalgie de la guerre froide… Pour moi, cette qualification n’a rien de dévalorisante, surtout quand on sait que c’est à des gouvernements « socialo-communistes » qu’en France on doit les congés payés, la sécurité sociale, la réduction du temps de travail (40 heures en 1936, 39 heures et 5ème semaine de congés en 82, puis 35 heures en 2000), de même que la couverture maladie universelle, une initiative communiste de 1999, etc. Donc, l’épithète —un tant soit peu ringarde, comme ses auteurs— est plutôt flatteuse, non ? Surtout au regard de la façon dont les gouvernements de droite détricotent méticuleusement toutes ces avancées sociales dès qu’ils reviennent au pouvoir. Ce qu’on pourrait par contre reprocher à l’adjoint plumitif aux basses écritures de la majorité, c’est son mépris des Verts qu’il semble tenir pour quantité négligeable puisqu’il englobe tout notre groupe dans sa terminologie approximative.
Ainsi nous accuse-t-il de critiquer la restauration de l’église, oubliant que nous l’avons votée, au titre, bien sûr, de l’entretien du patrimoine historique de la ville. Et si nous avons émis des critiques, c’est d’une part au niveau du financement —une première estimation fait état de la bagatelle de 5,5 millions de travaux— financement qui reste à l’heure actuelle bien incertain en ce qui concerne les éventuelles subventions dont on ne connait encore rien et qui n’est évoqué qu’à travers la souscription volontaire des Plaisirois (qui pourrait bien se transformer en délestage imposé du contribuable…). D’autre part nous émettons aussi des réserves en ce qui concerne la hiérarchisation des priorités dans la requalification du centre-ville : la première des urgences nous semblait être la rue Jules Verne, où la circulation est particulièrement difficile. On peut d’ailleurs s’interroger sur l’accroissement des difficultés de circulation sur cette voie avec les travaux de réfection de l’église (camions et fermeture du parking Saint-Pierre) et surtout l’élargissement de la RD 30 qui risque de réacheminer une partie de la circulation par le centre-ville. Pour nous, le bien vivre de l’ensemble des Plaisirois passe avant le seul affichage d’un centre-ville prestigieux flattant l’ego de quelques élus.
Cette opposition entre l’affichage un peu tape à l’œil et les besoins sociaux réels constitue d’ailleurs une excellente transition avec le propos de Rampolla sur la culture… Oui, je critique la politique culturelle de la ville, oui, je critique le Théâtre Coluche ! Je ne doute pas que les spectateurs soient ravis de bénéficier d’une programmation somme toute variée et intéressante, mais quid du grand nombre des non-spectateurs ? Ce que je déplore, c’est que la majorité des Plaisirois soient exclus de cet accès à la culture, et c’est là que nous sommes devant des choix politiques : soit la culture est conçue comme une composante de l’éducation populaire et se donne pour ambition d’y faire accéder le plus grand nombre — et cela peut se réaliser par le biais d’activités associatives, de Maisons des Jeunes, de troupes de théâtre amateur résidentes et, ne l’oublions pas, d’un cinéma municipal bon marché ; soit la culture est vue comme une activité prestigieuse pour « belles gens » —avec l’alibi charitable d’une séance annuelle gratuite pour les enfants pauvres méritants, merci not’bon maître !
Alors, oui, Monsieur Rampolla, Madame Kollmannsberger, Messieurs les élus majoritaires, je critique votre conception de la culture, vous qui fermez un cinéma municipal moderne à moins de 5 euros la place pour lui substituer un multiplexe dont
le maire refuse d’évoquer le tarif, vous qui, dans votre tribune, nous recommandez une série de spectacles sans vous demander quelles sont ceux qui peuvent venir en famille rire avec Djamel Debouzze à 28 € la place ou Anne Roumanoff à 30, sans évoquer le Lac des Cygnes à plus de 40 ! Une précision est de surcroît nécessaire : si d’heureux nantis peuvent s’offrir ces sorties familiales qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses, c’est quand même parce que toutes les bourses y ont contribué… Le théâtre Coluche est subventionné à 64 % par les contribuables plaisirois. Riches ou pauvres, qu’ils en bénéficient ou non. Désolé, ce n’est pas ma conception de la culture.
Heureusement qu’il reste des « socialo-communistes » pour rappeler ces détails à vos administrés, non ?
JPR
Rampollade : néologisme désignant les éructations comiques de sa majesté Bébert 1er. Syn.: flatulence, flatuosité, vent.
Le milieu du tennis a de drôles de mœurs… Votre Rampolla est-il bien celui dont on parle ici ?
http://www.rfi.fr/sportfr/afp/001/spo/newsmlmmd.107686be5e157d012b202ce5fcb2dee1.131.asp