Contrepoint » Transparence (bis)…

Transparence (bis)…

Eh ! oui, ce n’est pas la première qu’on aborde ce sujet, ni certainement la dernière…

Hier se tenait le conseil municipal, alors retour aux questions locales, un peu aussi par le petit bout de la lorgnette des anecdotes. Et puis, bientôt, il faudra parler des cantonales, du curieux silence de l’UMP dont on ne connaît pas encore officiellement les candidats, de l’indignité des Verts et du PS dans le Val-de-Marne dont ils paieront le prix fort par un mauvais report de voix dans la France entière.  On gardera aussi pour la prochaine fois tous les coups de poignards dans le dos qui se distribuent dans le cadre de la préparation de l’élection présidentielle…

Donc, conseil municipal ce 27 janvier, mais d’abord un mot sur la cérémonie des vœux aux V.I.P. qui s’est déroulée il y a 15 jours. Elle a été honorée —si l’on peut dire— de la présence de Gérard Larcher, président du Sénat et « deuxième personnalité de l’Etat », comme l’a obséquieusement rappelé notre JR qui dans un discours plein d’audaces très mesurées s’est inquiété des conséquences locales de la réforme des collectivités.  Que n’est-t-il allé jusqu’à dénoncer le député dont il est suppléant pour avoir voté cette réforme, adoptée le mercredi 17 novembre 2010, par 258 voix contre 219, à l’Assemblée nationale !  C’est vrai que David Douillet assistait aussi à la cérémonie des vœux… Et que ce slalom artistique entre la farouche indépendance critique locale et la servile soumission aux consignes gouvernementales est une spécialité de Joël Regnault dans laquelle il s’était déjà illustré l’an dernier.  Ce qui était aussi remarquable dans son propos, ce fut la charge qu’il mena —en bon agriculteur intensif certainement— contre l’écologie en général et le principe de précaution en particulier.  C’est vrai que quelques jours auparavant, lors de la commission d’appel d’offres concernant le marché de la restauration scolaire (eh! oui, le « marché » bien fini le temps du vrai service public municipal !), il s’était déjà lâché sur les menus « bio » qu’il avait qualifiés, avec une grande hauteur de vue et une belle élégance lexicale, de « truc à deux balles« .

Entre parenthèse, Larcher, qui y est allé aussi de son couplet, s’est manifesté un peu partout dans le département aux diverses cérémonies de vœux : il est déjà en campagne pour les élections sénatoriales de septembre 2011 car il a quelque crainte pour sa présidence au palais du Luxembourg qui pourrait bien basculer à gauche aussi exhibe-t-il également une certaine distance critique par rapport au projet gouvernemental de réforme des collectivités territoriales, histoire de se rallier les « grands électeurs » que sont élus locaux.

Profitons-en pour justement dire un mot de cette réforme, parce qu’il y a urgence en ce qui concerne les regroupements de communes dont nous avons déjà parlé et qui nous touchent directement. Il ne faut pas oublier que les politiques locales ne sont que la déclinaison des choix nationaux, en particulier par la création de communautés d’agglomérations constituant de très importants bassins d’emplois dans le but de décharger sur elles ce qu’Etat et département, faute de prendre l’argent où il est, ne peuvent ou ne veulent plus payer. L’intérêt et les aspirations des habitants, qui ne sont même pas consultés, sont négligés et le bassin de vie réel risque fort d’être sacrifié au profit de projets économiques ou résidentiels.  J’évoque cela au moment où va commencer la campagne des élections cantonales car cette question doit y être centrale, eu égard à la proximité de la menace : savez-vous que les commissions qui vont étudier ces regroupements seront mises en place le 15 mars ?  Savez-vous qu’elles présenteront une proposition de schéma de regroupement le 15 avril ? Et savez-vous qu’après 4 mois de débats, elles seront soumises aux conseils municipaux qui devront les voter dans les 3 mois suivants, avant le 31 décembre prochain ! Mais en avez-vous entendu parler ? le maire vous a-t-il demandé d’exprimer vos souhaits, vous qui serez les premiers concernés ? Avez-vous lu ces explications dans le bulletin municipal ?  Tâchez de vous en souvenir au moment d’élire vos conseillers généraux les 20 et 27 mars prochains en choisissant les candidats du Front de Gauche…

Venons-en au Conseil Municipal d’hier soir et abordons-le plus par la forme que par les sujets débattus pour lesquels il n’y avait pas de grands litiges.  Par contre, comme toujours, les projets sont élaborés dans l’opacité la plus complète et les élus de l’opposition sont systématiquement écartés des processus de décision : nous sommes informés au minimum et au dernier moment, celui  des délibérations à voter en conseil et les commissions municipales soit ne se réunissent pratiquement pas (une fois pas an pour la commission travaux, par exemple!), soit n’abordent pas les questions essentielles. J’ai évoqué cette opacité en faisant remarquer au conseil que le point 17 de l’ordre du jour, touchant à une modification dans le plan local d’urbanisme (PLU) du périmètre de la zone d’activités de Sainte-Apolline, n’avait pas été débattu en commission d’urbanisme, laquelle n’avait même pas été consultée à ce sujet, pas plus que les élus d’opposition n’avaient eu la moindre information sur la nature du projet économique qui déterminait cette modification.  JR nous servit sa réponse habituelle comme quoi le développement de la ville est du seul ressort du Maire et de son cabinet, que c’était son « choix personnel » et qu’il continuerait ainsi. En toute démocratie, bien sûr !  Les Plaisirois apprécieront que les choix se fassent sans eux.

Je lui ai également demandé si la sortie de certaines parcelles de la ZAC n’affecterait pas les voix piétonnières prévues, en particulier entre l’avenue de l’Armorique et l’avenue Sainte-Apolline, le sentier qui traverse les parcelles BW 29 et 32 et débouche face à la rue Censier.  Je donne ces précisions pour que chacun soit en mesure de bien vérifier que la promesse sera tenue, car il a garanti que ces circulations douces seraient préservées. cochon qui s’en dédit ! Nous serons vigilants.

Agathe Dahan (PS) est intervenu avec beaucoup de pertinence —et un peu de saine impertinence, ce qui est bien— sur ce point pour dénoncer une politique incohérente, opérant au coup par coup sans projet global pour la ZAC.  En lui répondant Joël Regnault l’a invitée à avoir davantage confiance dans ses « zidiles« … Sûrement voulait-il dire « édiles » mais sa langue l’a trahi. Est-ce la jeunesse fougueuse de son interlocutrice qui a imposé à son inconscient un fantasme d’«idylle» dans le cadre champêtre de la forêt de Sainte-Apolline ?

Le groupe de gauche s’est abstenu sur ce point : manque de visibilité du projet, manque d’information des élus.

Monsieur Tabary du MouDem fit une intéressante intervention pour nous inviter à assister à Vanves à un match de hand-ball et Monsieur Ledoit, l’adjoint chargé du personnel, nous a lui aussi montré que l’inconscient s’exprimait à travers les lapsus, en nous gratifiant de cette confusion : « le tableau des effectifs sera modifié en permanence » (au lieu de « conséquence »).  J’appartiendrais au personnel municipal que j’aurais froid dans le dos s’il est vrai que les lapsus sont révélateurs, et en l’occurrence, d’un fantasme de plan social permanent…

JPR

Vous avez une opinion? Laissez un commentaire:

Nom *
E-Mail *
Site Web