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Déprivatisation…

On les a assez entendu, ces gens de la droite arrogante comme de la gauche soumise, nous expliquer combien les dénationalisations nous procureraient d’avantages —mieux et moins cher, pour résumer leur extase libérale !  C’est bien sûr le contraire qui advint.  Quand ils nous disaient, avec une bonhommie de maquignon, « laissez-faire l’initiative des professionnels privés dont c’est le cœur de métier », d’une part, ils omettaient de préciser que cela signifiait surtout « laissez-les faire des profits« , d’autre part, ils insultaient les agents du service public en les présentant, en creux, comme des amateurs, travail idéologique pour les dévaloriser dans l’opinion. On commence à mesurer la catastrophe que fut ce choix politique constant de 1983 à aujourd’hui : dysfonctionnements de la SNCF, augmentation du coût de l’énergie, spéculation des banques, mais aussi précarisation généralisée et souffrance au travail… Alors, aujourd’hui, si nous mettons en chantier un programme populaire partagé (PPP) du Front de Gauche pour l’élection présidentielle, la clef de voûte qui en garantit la solidité doit être la déprivatisation de tous les secteurs essentiels à la vie de nos concitoyens : les intérêts vitaux collectifs ne peuvent être soumis à des exigences privées.

Commençons donc aujourd’hui la réflexion sur ce PPP et plus particulièrement à travers un exemple que l’actualité a mis en lumière : les laboratoires médicaux. Mais vous verrez, on peut transposer la démonstration à nombre d’autres secteurs de l’activité économique.

Tout le monde —comme on dit— politico-médiatique  français a l’air de tomber des nues en découvrant qu’un médicament, par ailleurs inefficace, tue,  que cela est connu depuis dix ans au moins , que d’autres pays l’ont interdit (retiré de la vente dès 1997 aux Etats-Unis) et qu’il a fallu chez nous le courage et la persévérance d’une chercheuse isolée (Catherine Hill, épidémiologiste à l’lnstitut Gustave-Roussy) pour qu’on commence —fin 2009— à compter les morts…  Pourtant, dès 1998,  trois professeurs de médecine avaient alerté l’Agence du médicament sur les risques liés au Mediator.

En octobre 2009, peu avant la bien tardive interdiction, le rapport présenté à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) sur ce médicament est résumé en quatre lignes et demi dans le compte-rendu final et le nom de l’ «expert mandaté par la firme », payé 4000 € (500 par demi-journée) par le laboratoire Servier n’est même pas mentionné.  Le laboratoire se contente de proposer des modifications de la notice du produit en maintenant sa commercialisation. La commission ne rend alors pas d’avis, faute de quorum… Il faudra le scandale public pour qu’il soit enfin retiré du marché.

Si je rappelle cette histoire que tout le monde connaît, ce n’est pas pour jouer encore une fois l’indignation devant des dysfonctionnements du système ou même la cupidité d’entrepreneurs capitalistes et d’experts vendus.  Non, il ne s’agit pas de poser la question de ratés ponctuels d’un système qu’on pourrait amender, mais bien de montrer que ceux-ci sont inhérents à sa structure même, le système capitaliste, et que celui-ci n’est pas amendable.

D’aucuns me diront que j’exagère, qu’il suffirait de nommer des experts indépendants qui « réguleraient » l’appétit des cannibales. Ô la bonne idée ! Mais où trouve-t-on des experts indépendants ?  Ce qui garantit cette indépendance, c’est évidemment l’absence de tout lien économique, de tout intérêt personnel, avec ceux qui ramassent les bénéfices du produit qu’il faut expertiser.  Et bien sûr, ce qui garantit l’expertise elle-même, c’est la compétence, le savoir scientifique… Alors, où va-t-on trouver un expert qui réponde à cette double exigence ?  Évidemment pas chez un chercheur salarié de l’entreprise ou de n’importe quelle autre du secteur privé.

À l’Université, peut-être ? Depuis la loi dite LRU (Pécresse) de 2007, les universités voient leur autonomie budgétaire renforcée —elles passent de la gestion de 25% du budget à 100%— et peuvent faire appel à des fonds privés, toujours désintéressés, comme on le sait… La loi stipule, en effet : « Les établissements publics à caractère scientifique et culturel […] disposent en outre d’autres ressources, provenant notamment de legs, donations et fondations, rémunérations de services, fonds de concours et subventions diverses. » Quelle que soit la valeur scientifique et morale des professeurs des universités, il apparaît donc qu’eux aussi sont placés au cœur d’un conflit d’intérêts —les imagine-t-on dénonçant le bailleur de fonds de la fondation qui les alimente ou celui qui rémunère leurs services ? Et il apparaît aussi que ce conflit est le résultat de la privatisation rampante de l’université. Donc, encore une fois : déprivatisons !

Pas si vite ! m’objectera-t-on, s’il faut se passer des professeurs, il reste quand même les chercheurs du CNRS ou de l’INSERM (quand ce ne sont pas les mêmes).  Certes, mais ces agents médiocrement rémunérés par l’Etat peuvent, dans une certaine proportion, cumuler légalement leur emploi au CNRS avec une activité privée… Il n’est pas difficile de vérifier que dès lors les entreprises concernées par le travail de certaines équipes scientifiques savent s’en attacher financièrement les membres : la dynamique même du capitalisme tient à sa faculté de pénétrer tous les lieux où il a un intérêt.  En dehors du courage singulier de quelques Saint-Just —et il en existe quand même— qui résistent, isolés, à cette emprise, on voit bien que l’essentiel de l’appareil est investi par l’intérêt privé. Et ce n’est pas, comme je l’avais déjà dit pour les journalistes, une simple question de comportement personnel ou de morale individuelle, mais une question de structure économique : celle qui repose sur l’initiative privée, le marché et la libre concurrence.

Et on peut généraliser : de quand datent les dysfonctionnements de la SNCF ? de l’ouverture à la concurrence européenne… Les hausses du gaz et de l’électricité ? de l’entrée de Véolia et des logiques de profit dans l’entreprise… Et continuons : la souffrance au travail à France-télécom et maintenant à la Poste ? Le démantèlement de l’Hôpital public ou de l’École ? et combien d’autres exemples…

Il n’y a qu’une issue : l’élargissement du service public, un vrai service public égalitaire, coupé de tout lien avec le privé et tourné vers le seul intérêt collectif. Donc, à l’ordre du jour d’un vrai programme de gauche, le point essentiel, ce devra être la déprivatisation de notre société. Tout le reste en découlera.

JPR

PS : Jean-Luc Mélenchon a choisi mes photos pour illustrer le dernier billet de son blog

17 Commentaires sur

Déprivatisation…

  • Machin |

    Vous confondez libéralisation et privatisation, ça détruit à peu près l’ensemble de votre raisonnement.
    Votre idéologie vous aveugle. Le principal problème de la Recherche française est justement son manque de liens avec l’industrie privée. Très peu de recherches sortent des labos pour aller dans les entreprises françaises, au lieu de ça elles finissent à l’étranger (les Chinois sont assez preneurs).
    A vrai dire, l’ensemble des exemples présentés dans cet article sont faux: la SNCF n’est pas réellement ouverte à la concurrence pour l’instant, les marchés du gaz et de l’electricité ont été privatisés mais pas libéralisés, etc etc.

  • JPR |

    Bonjour Machin,
    Il faut être d’une certaine mauvaise foi pour ne pas voir dans les ouvertures-libéralisations la privatisation, même plus rampante, sinon de tout le service, au moins des secteurs rentables. Quant à la Recherche, c’est précisément la recherche fondamentale qui est essentielle et non celle qui vise seulement à satisfaire à court terme la quête de profit.
    Pour la SNCF, le fret est déjà ouvert à la concurrence privée et bientôt le transport des voyageurs quant à l’énergie regardez simplement la loi NOME, etc. etc.

  • Machin |

    Il faut surtout être d’une sacrée mauvaise foi pour confondre privatisation et libéralisation et ne pas tilter quand on vous le fait remarquer.

    Une privatisation sans libéralisation n’apportera aucun des avantages que la libéralisation doit apporter. La libéralisation implique la privatisation, mais la privatisation sans libéralisation (donc monopolistique) n’apporte que des inconvénients. Or vous, vous attribuez à la libéralisation les problèmes de la privatisation monopolistique, c’est du gros n’importe quoi.

  • Machin |

    Et pour la Recherche… en fait rien, vous semblez ne même pas m’avoir lu. La recherche fondamentale est indispensable, certes. Et quel est le rapport avec le fait de laisser fuir toutes les découvertes françaises à l’étranger ? Savez vous que si les industries avaient été plus liées avec la recherche, nous serions leaders dans des domaines qui sont aujourd’hui considérés comme les plus primordiaux pour la construction de notre avenir ?
    La recherche fondamentale n’a aucun souci à coexister avec la recherche appliquée. Mais refuser cette dernière par pure position de principe préjugée sur les entreprises est plus qu’une erreur grossière, c’est une énorme bêtise. Encore une fois, renseignez vous un peu au lieu d’appliquer vos principes idéologiques sur des choses que vous semblez ne pas maîtriser.

  • JPR |

    Je ne crois pas confondre privatisation et libéralisation : je dis simplement que l’ouverture de certains secteurs les a rendus disponibles à la privatisation totale ou partielle (énergie, SNCF, Poste, Télécom, etc.) et que les bilans en sont déplorables. Maintenant, il est clair que je rejette l’une et l’autre et nul n’a vu les avantages que vous évoquez et qui seraient censés découler de la libéralisation. La position que je soutiens sous le néologisme de « déprivatisation » concerne aussi bien les aspects économiques que les dérives managériales importées du secteur privé, comme tout l’accaparement de la sphère publique par les intérêts individuels.
    De plus vous admettez que « La libéralisation implique la privatisation, mais la privatisation sans libéralisation (donc monopolistique) n’apporte que des inconvénients ». D’une part, le slogan « déprivatiser » implique donc bien l’abandon des logiques de libre concurrence, c’est une délibéralisation aussi, d’autre part ces mêmes logiques libérales aboutissent actuellement à la concentration quasi-monopolistique des activités économiques que précisément et de façon fort incohérente, vous dénoncez. C’est vous qui êtes dans la pure idéologie du credo libéral. De surcroît, en alignant de telles énormités, vous adoptez un petit ton professoral: il ne remplacera pas le fond qui fait assurément défaut.
    En ce qui concerne la Recherche, vous êtes sûrement trop jeune pour vous souvenir du temps où grâce au secteur public, hors des logiques libérales, la France était justement à la pointe (EDF, Concorde, nucléaire, etc.). Placer les universités sous la tutelle indirecte du privé revient à faire assumer à celle-ci une part de la recherche appliquée qui devrait incomber au privé (puisque hélas, il existe encore).

  • Machin |

    Donc vous continuez dans la confusion la plus totale en assumant votre ignorance ?
    Je vous ai déjà dit que vos exemples sont des exemples de privatisation et non de libéralisation, et qu’il est stupide d’assimiler les deux. Renseignez vous, un peu. Ca vous fera du bien.

    Quant aux avantages de la libéralisation, ils sont partout. La libéralisation implique la concurrence. La concurrence implique le porgrès et le meilleur service. Puisque nous discutons de cela sur un site web, vous n’êtes certainement pas sans savoir que le marché des navigateurs a justement vu sa qualité progresser exponentiellement dès lors que la concurrence a été apportée par Firefox, puis maintenant Chrome ? Ce site est également créé avec un logiciel libre, création purement internaute qui révolutionne bon nombre de concepts économiques en introduisant d’énormes projets collaboratifs de grande qualité. Ceux-ci ne sont rendus possibles que grâce à la liberté qu’on tous ces gens de travailler ensemble à produire de telles oeuvres. Encore un exemple de libéralisation.

    Votre passage sur les monopoles ne fait également que confirmer une certaine ignorance de votre part, touchant aux définitions mêmes des concepts. Un monopole n’est par définition par libéral. De fait, si vous regardez les monopoles actuels, la quasi-totalité sont des créations purement étatiques. Banques, grandes entreprises, tous sont montés grâce aux Etats qui les soutiennent et les maintiennent dans leur domination outrancière. Domination qui aboutit à de petites choses comme la crise des subprimes, provoquée précisément par le gouvernement américain (qui a obligé les banquiers par la loi à prêter de l’argent aux insolvable, encore une chose à laquelle bien peu de monde fait attention.

    Enfin, vos positions sur la Recherche montrent -encore une fois- votre ignorance dans le domaine. Peut-être êtes vous trop jeune pour avoir eu ne serait-ce que la curiosité de vous renseigner sur l’état de la Recherche actuelle ? Pour aller voir ce qu’il en est des transferts de technologie vers les applications concrètes, la fuite des découvertes vers l’étranger ? Je vous ai dit que la France avait loupé le coche sur des domaines technologiques extrêmement importants à cause de cela. Ces domaines sont bien plus importants que l’EDF ou le Concorde même. Avez vous au moins fait l’effort de vous renseigner dans le domaine ?

    Oh, et « puis que hélas il existe encore ». Votre monde est donc le monde de Georges Orwell où chaque individu est surveillé, controlé, dirigé par un Etat tout puissant, les libertés individuelles réduites au néant, la presse et les journalistes sus le contrôle direct de l’Etat, toute information manipulée, et plus aucun avenir pour une personne indépendante ?
    Pour les dictatures, je suis désolé pour vous mais elles sont en train de tomber – Tunisie, Egypte, Cuba, d’autres suivront peut-être. Mais si je peux vous donner un conseil, la Corée du Nord vous plaira certainement.

  • JPR |

    D’abord, un conseil : dès que les vacances scolaires seront terminées (si toutefois l’Alsace est déjà en vacances) allez faire corriger votre copie par votre prof de S.E.S.
    Quel que soit votre émerveillement devant les joujoux technologiques actuels, le jeu de la concurrence ne dynamise un secteur économique que brièvement, car il aboutit toujours à l’élimination des « adversaires » et conduit à la concentration du capital entre les mêmes mains (citez donc aussi Microsoft, et regardez mieux Google ou Facebook : eux, c’est vraiment 1984). Voyez comment, en France, le capital est concentré entre les grands actionnaires du CAC40, cette fameuse oligarchie. L’idéologie libérale est une pure chimère et la fameuse liberté qu’elle vante s’appelle aujourd’hui précariat et travailleurs pauvres. Le renard libre dans le poulailler libre, disait Jaurès (ou Marx…). Je ne réponds pas à vos clichés stupides sur Orwell, révisez un peu et soyez plus modeste, sinon vous allez redoubler votre seconde. Juste une chose : actuellement il n’y a plus qu’un vrai totalitarisme de grande envergure : l’ordre globalitaire libéral.

  • Machin |

    Juste un conseil: plutôt que de combler votre manque argumentaire dans les attaques personnelles stupides (waouh, vous avez ma localisation par IP ! Incroyable ! Au fait, ça va la création de ce site avec un Mac, système informatique le plus fermé parmi ceux existants ?), vous devriez faire l’effort de vous renseigner et combler vos lacunes.

    Pendant ce temps, j’irai informer tous les pays dont le taux de pauvreté a chuté grâce aux économies de marché que tout n’est qu’illusion. (tenez la fameuse Chine, passer de 98% à 50% en quelques années, pas mal comme cliché, non ?).

    Mes clichés stupides sur Orwell valent bien les votres: vous parlez de détruire le secteur privé, ce n’est ni plus ni moins que la dectruction totale de toute liberté individuelle. Si vous ne savez même pas ce que vous croyez prôner, je vous plains… Tenez, vous n’avez rien à dire sur le fait que la crise actuelle a été provoqué non pas par le libre-marché, mais bien par les Etats ? Vous qui voulez faire en sorte que les Etats controlent jsuqu’aux individus mêmes, ça devrait vous parler, non ?

    Bref, comme souvent, votre discours est creux et dénué de toute rationnalité. Et tout ce que vous trouvez à opposer à une contre-argumentation, c’set l’accumulation d’attaques personnelles et de clichés, maintes et maintes fois répétés sans aucun argument pours les soutenir. Pour quelqu’un qui prétend donner des leçons, c’est pas mal.

  • JPR |

    Machin, je me donne la peine de vous répondre pour la dernière fois car ce débat ne présente aucun intérêt dans la mesure où vous êtes aveuglé par votre credo et n’avez aucun recul critique. J’écris donc ceci plutôt plutôt pour d’autres lecteurs qui passeraient par là.

    Je vous réponds d’abord sur la forme : en premier lieu, vous procédez par affirmations péremptoires et accusatrices sans jamais développer ni argumenter, et parfois vous dites n’importe quoi avec un aplomb à couper le souffle (SNCF non ouverte à la concurrence, énergie non libéralisée, entre autres).
    Ensuite, réfugié dans l’anonymat (ce qui n’est ni mon cas, ni celui des autres intervenants de ce blog), sous un pseudo (qui vous va comme un gant) vous lancez des jugements à l’emporte-pièce, plutôt insultants et jamais réellement étayés d’arguments («erreur grossière… énorme bêtise… ne pas maîtriser… confusion… ignorance…» et j’en passe) et vous venez ensuite pleurnicher que je vous réponde d’un ton peu amène. L’image que vous donnez de vous-même est celle d’un (ou une) jeune, emporté et prétentieux, qui ne maîtrise pas encore ni le domaine, ni la communication mais croit tout savoir et être en capacité de donner des leçons. Nietzsche disait «enfoncer une aiguille dans le ventre d’un enflé est un sage divertissement.» L’attaque personnelle à laquelle je me suis livré sur le côté «gamin» de vos propos n’avait d’autre but que vous inciter à un regard plus critique sur vous-même.

    Sur le fond, vous faites un distinguo entre privatisation et libéralisation, j’admets tout à fait que ce n’est pas la même chose, mais j’affirme que cela procède de la même démarche : l’essence du capitalisme (propriété privée des moyens de production) est libérale — «laissez faire, laissez passer» —, la régulation étatique n’est apparu que quand la catastrophe fut évidente (crise de 29). Comme je l’ai déjà dit, je ne les confonds pas mais les rejette du même mouvement comme les deux faces du même mal qui nous accable. Néanmoins, vous aurez du mal à m’expliquer que ce qui s’est passé à EDF et encore plus maintenant avec la loi NOME, ne relève pas de la libéralisation du marché. De même pour France-Télécom, le fret ferroviaire, etc.
    Vous, vous partez de l’unique postulat —que vous ne pouvez absolument pas démontrer— que la libéralisation apporte des avantages : soyez concret, précisez donc en quoi, par exemple, on y a vu des avantages dans le domaine de l’énergie. Ou mieux, dans celui de la banque…
    Quand aux domaines technologiques, oui, la France a loupé de coche : c’est le libéral Giscard qui, en 1975, a sabordé le projet CII Unidata qui aurait pu être l’airbus des nouvelles technologies en Europe, et c’est entre 1994 et 2004 la privatisation de Bull qui a rivé le clou du cercueil de l’informatique française. Merci les libéraux !
    Au nom de votre credo, vous refusez de voir l’actuelle concentration du capital (national et mondial) qui est en contradiction profonde avec la philosophie affichée du libéralisme (je suis d’accord avec vous sur ce détail) et est pourtant une des conséquences de son emprise actuelle sur le monde : cette contradiction-là, vous n’en sortirez pas !
    J’arrête là le débat, vous pouvez continuer à déposer vos petites approximations sur le blog, je n’ai pas assez de temps pour y répondre, mais je ne pratique pas la censure : je suis parfaitement respectueux de votre liberté individuelle de dire des conneries.

  • Machin |

    « Sur le fond, vous faites un distinguo entre privatisation et libéralisation, j’admets tout à fait que ce n’est pas la même chose, mais j’affirme que cela procède de la même démarche »

    Ok, cette simple affirmation suffit à prouver définitivement votre ignorance et votre aveuglement.

    Une privatisation seule signifie laisser un marché dans les mains d’une entreprises unique. La recherche de profit poussera alors celle-ci à diminuer la qualité de ses services au détriment des consommateurs.

    Une libéralisation signifie une privatisation ET une mise en concurrence; ça veut dire que plusieurs entreprises se battront pour séduire les mêmes consommateurs et seront obligées de leur offrir le service le plus attractif possible, ce qui signifie baisse de prix, hausse de qualité, etc.

    Il suffit de regarder le marché des fournisseurs internet en tant qu’exemple. L’arrivée de Free a divisé les prix d’accès à internet, la concurrence de celui-ci pousse les autres à le suivre; à l’inverse dans le secteur de la téléphonie, les ententes monopolistiques baissent la qualité et augmentent les prix.

    C’est de la logique la plus primaire possible en économie, c’est dingue qu’il faille expliquer des choses aussi basiques à quelqu’un qui prétend donner des leçons.

  • Machin |

    Oh, au passage:

    « Au nom de votre credo, vous refusez de voir l’actuelle concentration du capital (national et mondial) qui est en contradiction profonde avec la philosophie affichée du libéralisme (je suis d’accord avec vous sur ce détail) et est pourtant une des conséquences de son emprise actuelle sur le monde : cette contradiction-là, vous n’en sortirez pas ! »

    -> En fait je vous ai déjà précisément expliqué que c’est la régulation qui a provoqué la crise des subprimes – ce à quoi vous avez soigneusement évité de répondre, sans doute parce que ça vous arrange que les gens croient que la faute en revient aux marchés libres. De la même manière, les accumulations de capital avec le soutien étatique sont effectivement en contradiction avec les principes libéraux. En fait, les libéraux ne sont pas contre toute régulation. Ils sont contre la régulation à outrance qui donne à quelques uns le pouvoir de dominer les gens et l’économie: Etats, banques… Et le problème actuel est qu’en mentant et faisant croire que les problèmes viennent de la dérégulation, on donne de plus en plus de pouvoirs à ceux qui ont précisément provoqué la crise. Alors que la régulation aura toujours un train de retard sur ceux qui voudront en abuser, et qu’il suffirait de règles extrêmement simples pour régler le problème très rapidement (ratios de fonds propres).
    Mais ça, évidemment, vous refusez de le voir par pure position de principe. Ce que vous voulez, c’est un Etat dictatorial qui controle le plus possible dans la vaine utopie que plus personne ne puisse faire quoique ce soit de sa propre initiative. Pour vous qui souhaitez la disparition du privé, je vous rappelle tout de même que ce blog est une initiative privée, que les logiciels qui vous permettent de le créer et de l’entretenir ne sont là que grâce au privé, etc etc. Vous êtes tellement aveuglé par votre idéologie qu vous entretenez des confusions extrêmement grave, notamment en focalisant complètement sur les grands patrons et en oubliant totalement l’existence du peuple. Pour un mouvement qui se prétend populaire, c’est ballot.
    Je vous ai déjà invité à aller voir la Corée du Nord ? C’est un très bon exemple d’anéantissement des activités privées.

  • Bertrand78340 |

    Salut J-P, qu’est-ce que c’est que ce Machin ? Il ose pérorer sur les bienfaits de la concurrence ! On voit qu’il ne les a pas vécus du côté des salariés où, au nom de la compétitivité on oblige à travailler toujours plus pour gagner moins. Et puis tu as raison, la concurrence n’est pas longtemps bénéfique aux consommateurs : très vite, soit celui qui l’emporte écrase les autres, devient complètement hégémonique sur son secteur et impose ses merdes, soit il y a des ententes (illégales certes mais bien réelles) et j’en sais quelque chose moi qui bosse dans les TP.

  • Machin |

    les ententes illégales étant… illégales, vous avouerez que justement, pour les éviter il faut bien plus de concurrence.

    Encore une fois regardez le secteur de la téléphonie: iun oligopole pourri d’ententes illégales. C’est chose impossible sur un marché avec une réelle concurrence.

    Au passage, vos salariés, c’est la concurrence qui leur fournit du boulot. C’est bien la multiplication des entreprises qui créée l’emploi. Ils l’ont notamment compris en Suède, où ils ont complètement libéralisé le marché du travail tout en créant des aides sociales élevées pour les transitions.
    Vouloir fermer les marchés ne fera qu’augmenter les ententes illégales, monter les prix, augmenter le chômage.

    Et ne me dites pas que l’Etat peut créer autant d’emplois qu’il veut, ça fait déjà 30 ans qu’il dépense plus que ce qu’il gagne; 30 ans qu’on endette nos enfants pour en profiter… Non seulement c’est pas sympa pour eux, mais en plus aller plus loin dans ce sens ne ferait que précipiter une crise à la grecque (« oups on a plus de sous, plus personne ne veut nous prêter, et on a dépensé 100 fois plus que ce qu’on avait. Ben on est dans la merde… »)

  • JPR |

    Bonjour Bertrand, ne te donne pas la peine de discuter : ce « Machin » (comme tu dis) n’a rien compris au mécanisme, pourtant évident, que la concurrence conduit invariablement à l’élimination des moins compétitifs et à leur rachat, donc à la concentration du capital aux mains d’une oligarchie. Quant à sortir encore la vieille chanson du « patron » qui « donne » du travail aux salariés, on se croirait au XIXe siècle, c’est refuser de voir que la montée du chômage est exactement corrélée au développement du libéralisme (plutôt national) au début du XXe puis, depuis une trentaine d’années à celui du néolibéralisme mondialisé. Mais peu importe le Machin, ce qui m’intéresse, c’est de savoir quand tu rejoins effectivement le Front de Gauche, je comprends que tu n’aies pas envie de t’afficher avec la concurrente à gauche de JMG pour les cantonales, mais ensuite ?
    JPR

  • Machin |

    Vous êtes incapables de faire le distinguo entre privatisation et libéralisation, et vous prétendez avoir compris la notion de concurrence ? Commencez par ouvrir un dictionnaire, vosu voulez bien ? ;)

    Si vous voulez jouer à l’influence libérale, on peut parler de son influence extrême pendant le 19e-début 20e siècle qui a créé notre niveau de vie actuel. L’économie libérale est systématiquement liée aux augmentations globales de richesses: toutes les statistiques montrent que de telles économies progressent bien plus vite que les autres.
    Par exemple, allez dire aux chinois dont l’importation d’un tout petit peu de libéralisme a fait passer le taux de pauvreté de 98% à 50% en quelques années qu’ils se fourvoient. Ils seront ravis.
    D’ailleurs vous n’avez toujours pas osé commenter le fait que la crise économique des subprimes vient des Etats, et non du libéralisme. Pas assez de courage pour voir vos fautes ?

  • Bertrand78340 |

    Ensuite… après les cantonales… beaucoup de choses dépendront du choix du candidat socialiste pour la présidentielle. On en reparlera bientôt…
    Dis donc, à Machin tu devrais lui expliquer la baisse tendancielle du taux profit et son rôle dans la genèse de la crise des subprimes, ça calmerait son excitation et le forcerait à réfléchir un peu.

  • Machin |

    C’est tout réfléchi, on est dans un pays classé 44e au niveau mondial par RSF sur la liberté de la presse, bientôt relégué dans les derniers, et où la télévision diffuse avec attention ce que le gouvernement veut bien diffuser. Et donc, ladite télé explique consciencieusement aux braves citoyens que la crise n’est que la faute des méchants banquiers et qu’il faut donner toujours plus de pouvoirs à nos chers régulateurs.
    Que lesdits régulateurs sont ceux qui ont précisément provoqué cette crise n’est pas grave; le but est qu’on se fasse enfumer sans que personne ne se doute de rien. Dormez braves gens, l’Etat choisit vos dépenses pour vous, choisit l’âge de votre retraite pour vous, choisit votre travail pour vous, et finit par penser pour vous. :)

    Ceci dit, quand je vois que certains prétendent faire des critiques sur l’économie sans même savoir ce qu’est une libéralisation, ça me laisse songeur sur la suite des événements… et le niveau d’atteinte des informations officielles de la télévision d’Etat.

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