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Que ferez vous dimanche ?

Les lendemains de premier tour électoral sont toujours le moment de tensions : aigreur des battus, négociation difficile pour les alliances du second tour entre les concurrents d’hier et coup bas des opportunistes soi-disant de gauche prêts à utiliser les voix de droite pour battre d’autres candidats de gauche (mais eux, vraiment de gauche). Scène habituelle, quelque peu lassante pour les électeurs et irritante pour les militants du grand bal des faux-culs marchandant la bouche pleine de miel (mais le poignard dans la poche) un soutien auprès de ceux qu’hier ils regardaient de haut…  Vous avez compris que nous allions encore parler élections.

Je ne commenterai pas la montée, devenue habituelle, de l’abstention : je l’ai déjà fait à plusieurs reprises (ici, ici et , pour ne citer que trois étapes importantes) et je ne vais pas me répéter, ni la percée du Front National dont j’ai déjà parlé et sur laquelle Bourdieu avait livré une analyse hélas! prémonitoire (citée dans le billet en lien).  Mais quand même il ne faut pas trop s’étonner de la première : il n’y a pas eu de vraie campagne dans les médias, trop occupés à parler des battements de cils du très libéral directeur du FMI tandis que la droite a tout fait, jusqu’à renier son étiquette et son président du pouvoir d’achat, pour occulter cette échéance où elle était assurée de prendre une branlée.  Quant à la seconde, la percée du FN, la même droite prétendue républicaine avait si bien balisé le terrain en faisant sien le discours xénophobe des Le Pen qu’il n’y a rien de surprenant que ce soit eux qui en bénéficient.  La droite a pris sa raclée, c’est très bien et pourvu que ça se reproduise en 2012.  Alors parlons de la gauche, mon amer sujet de prédilection…

D’abord, un motif de réjouissance : le progrès du Front de Gauche qui est désormais clairement la seconde force de la gauche avec 11% des électeurs là où il présentait des candidats et 9% en moyenne nationale.  Seconde force en attendant d’être la première, ce qui viendra inéluctablement…  Pour rappel, nous avions obtenu 5,84% aux élections régionales : une étape a bien été franchie. Alors aujourd’hui, ne vous laissez pas leurrer aux décomptes officiels de M. Guéant : il a en effet choisi de comptabiliser séparément le PCF et le Parti de gauche, petite ruse médiocre de communication d’une droite défaite.  Sur le canton de Plaisir, nous augmentons de plus d’un point notre score de 2004 en passant de 4,3% à 5,5%.  Election après élection nous progressons, bon ! ça ne va jamais assez vite à notre goût, mais ça avance dans le bon sens et la dynamique de la Présidentielle devrait nous faire franchir encore un cran.

Ce succès à eu une première conséquence : là où le Parti Socialiste envisageait de maintenir déloyalement son candidat contre nous au second tour (voir billet précédent), il y renonce.  Seule la candidate PS d’Aubervilliers se maintient contre le choix national de son parti; espérons que ce dernier ainsi que les électeurs la sanctionneront. Il faut dire que la leçon du Val-de-Marne a été sévère :

L’alliance PS-Europe Ecologie Les Verts n’a pas eu les résultats escomptés : au contraire, le PS est l’autre grand perdant du scrutin puisque son conseiller général sortant à Villeneuve-Saint-Georges ne pourra pas se maintenir et le PCF que certains voyaient menacé devrait remporter ce siège. Lundi 21 mars, les partis de gauche se rencontrent afin d’aplanir leur différend et il ne devrait pas y avoir de duel entre leurs candidats dimanche prochain. (Le Monde.fr, lundi 21 mars)

Par contre, EELV (Europe-Écologie-Les-Verts) a fait le choix de la division et se maintient, en particulier dans ce département du Val-de-Marne contre les candidats du Front de Gauche. Cécile Duflot, en choisissant de rompre le pacte de désistement réciproque à gauche fait preuve d’une affligeante myopie politique : déçue des résultats de sa formation par rapport aux régionales (perte de 4 points !) et en quête d’une implantation territoriale, elle n’hésite pas à essayer de prendre des sièges à ses partenaires habituels avec l’aide des voix anticommunistes pour lesquelles elle n’est guère regardante, pas plus que ne le fut naguère Voynet à Montreuil. Ce faisant, d’une part, elle grève lourdement l’avenir d’un rassemblement de toute la gauche, car un tel comportement opportuniste laissera des traces bien au-delà de cette échéance, — aux sénatoriales et législatives prochaines pour commencer—, d’autre part, elle risque de faire un mauvais calcul même dans l’immédiat car l’électeur de gauche n’apprécie pas ce genre de manœuvre qui l’associe à la droite. Il est clair que nous n’accordons nulle part en France notre soutien à une formation qui a de telles pratiques et si un candidat EELV cherchait à s’en prévaloir en affichant nos sigles ou logos, il ajouterait le mensonge à la déloyauté.  Je donne cette précision car ce pourrait être le cas dans un canton voisin.  Que chacun se le tienne pour dit : nous ne laisserons pas de telles pratiques s’instaurer à gauche.

Avec 19 élus au premier tour et 101 qualifiés pour le second, le Front de gauche aborde cette nouvelle étape avec sérénité.  À noter quand même l’indignité des grands médias TF1 et France 2 qui ont choisi au soir du scrutin de n’accorder la parole qu’à l’UMP, le PS et le FN : début d’une mise en scène de l’élection présidentielle qui réduit la vie politique au choix entre deux partis contre la menace d’extrême-droite. Rappelons-leur qu’à côté de ce faux-semblant, une vraie alternative existe aussi et que seule celle-ci en s’attaquant aux racines du mal, peut répondre aux aspirations populaires et reléguer aux oubliettes l’extrême-droite qui se nourrit de la souffrance sociale des victimes du libéralisme, qu’il se dise social ou non.  Cette alternative, le Front de Gauche en est porteur.

J’avais commencé par une question : « Que ferez-vous dimanche ?» En ce qui me concerne, puisque le parti socialiste applique la règle du désistement réciproque, et surtout parce que leur candidat sur le canton était parmi les socialistes qui auraient préféré le « non » au traité européen en 2005, je voterai sans état d’âme pour Jean-Michel Gourdon (mais, au fait, pourquoi n’a-t-il toujours pas signé la pétition sur l’intercommunalité ?  Un oubli sans doute…).

Le plus important : préparons dès maintenant la prochaine partie de chamboul’tout !

JPR


4 Commentaires sur

Que ferez vous dimanche ?

  • Bertrand78340 |

    Bonjour,
    Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’oubli de Gourdon dont tu parles à la fin ? Il a toujours été pour l’intercommunalité Les Clayes- Plaisir-Villepreux, non ? Il a changé d’avis ou quoi ?

  • JPR |

    Salut Bertrand,
    Tu sais, en commençant je parlais de « bal de faux-culs » nous en avons là un exemple… J’avais proposé cette initiative aux socialistes plaisirois qui m’ont dit être trop occupés par les élections cantonales. J’en ai pris acte et j’ai lancé la pétition avec ceux qui le voulaient bien parmi les élus des Clayes, de Plaisir et de Villepreux. Quand ils ont vu que ça prenait, ils ont froncé les narines, uniquement parce qu’ils ne pensent qu’à leur boutique et qu’ils n’étaient pas à l’initiative. Quelle bêtise ! D’autant que volontairement nous n’avions pas donné un caractère partisan à l’initiative dont l’intérêt dépasse les chapelles électorales (les Verts et le Modem ont d’ailleurs eu plus d’intelligence et ont signé). Mais voilà, eux ne connaissent que leurs intérêts boutiquiers… J’espère qu’ils auront le bon sens de se raviser, ne serait-ce que parce que leurs électeurs risqueraient de ne pas apprécier…
    Voilà toute l’histoire.

  • Bertrand78340 |

    Justement en tant qu’électeur, j’apprécie peu ces magouilles et je me demande bien pourquoi tu annonces que tu voteras Gourdon dimanche alors que tu sais bien qu’ils ne sont unitaires que quand ils ont besoin de nous et que le lendemain ils nous foutent un coup de poignard dans le dos.

  • JPR |

    @ Bertrand
    Dernière nouvelle : hier la pétition interco a été présentée à Gourdon par une de nos militantes et il a refusé de signer ! Non sur le fond, mais juste parce qu’il ne veut pas mettre son nom sous ceux du Front de Gauche. Triste boutiquier… Par contre, il veut bien que nous, son nom, on le mette dans l’urne. J’écrivais avant-hier que je voterai pour lui sans état d’âme : c’était sûrement des propos hâtifs.

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