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Qu’avez-vous fait dimanche ?
Catégorie: à Plaisir, dans les Yvelines, élections, en France, EuropePlus de deux sur trois habitants du canton de Plaisir ne sont pas allés voter ou ont mis dans l’urne un bulletin blanc ou nul (abst.: 63,83%, blancs et nuls : 2,13%) soit une abstention supérieure de 10 points environ à la moyenne nationale ; la droite sarkozyste locale subit un recul sévère, ce qui constitue une bonne nouvelle, nuancée cependant par le score du Front National qui atteignait 16% au premier tour. Le socialiste Jean-Michel Gourdon l’emporte au second tour, avec 6715 voix et plus de 60% des suffrages. On comprend que dans le contexte actuel de rejet de la politique gouvernementale l’électorat de gauche se soit mieux mobilisé que celui de l’UMP, ce qui explique le progrès en pourcentage, mais par rapport à 2004, le conseiller sortant perd néanmoins 1400 voix. Il s’agit donc davantage d’un effondrement de la droite gouvernementale que d’un réel progrès de la gauche.
Et ce qui est vrai au niveau local l’est aussi au national. Mais il n’est pas dans mes intentions de répéter les lieux communs sur ces résultats, que nombre de journalistes-bonimenteurs profèrent à longueur de chroniques, leur but n’étant pas tant d’analyser que de construire de toutes pièces la scène politique de demain, c’est-à-dire celle de l’élection présidentielle. On y reviendra, mais, d’abord la grande bonne nouvelle de la soirée d’hier est la suivante : partout où des diviseurs se prétendant de gauche ont essayé de ravir une position tenue par des élus communistes, ils ont été nettement désavoués par l’électorat ! (voir billet précédent)
Ainsi, dans le Val-de-Marne, dans les trois cantons où Europe-Ecologie-Les Verts avait maintenu, espérant le renfort de voix de droite, des candidats face aux sortants PCF-FdG, ces derniers ont obtenu 73,5% à Fontenay, 63,7% à Ivry et 61,8% à Villejuif. En Seine-St-Denis, à Montreuil, où Voynet avait conquis la mairie par la même manœuvre malhonnête, le candidat communiste l’emporte aussi devant celui d’EELV, de même que dans le canton St-Denis-Ouest ; à Aubervilliers-Est, où la socialiste « officiellement » désavouée se maintenait selon la tactique brevetée Bartolone, elle a été battue. En Haute-Vienne, Région Limousin terre de gauche (où le NPA est avec le FdG), les candidats socialistes qui s’opposaient à des communistes ont tous été éliminés et le FdG gagne trois cantons… Le fait que cette manœuvre ait échoué partout où elle a été tentée mérite d’être souligné car, d’une part cela conforte la stratégie « Front de Gauche » et montre une capacité de résistance qui n’existait pas en 2008 quand Bartolone avait ravi la présidence du conseil général 93 aux communistes, d’autre part, cela doit donner à réfléchir à nos éventuels partenaires de gauche pour la préparation des législatives de l’an prochain. Mais l’essentiel est que l’amorce d’une nouvelle dynamique est bien là et qu’elle est dans le camp du Front de Gauche, seule force qui élection après élection progresse. Si les journalistes se plaisent à entonner une victoire d’EELV, il ne semble pas, au vu de sa tête hier soir, que Cécile Duflot partage le même avis et si sa formation progresse par rapport à 2004, elle tombe depuis les régionales de 2010 de près de 2.400.000 voix et 12,8% des exprimés à 750.000 voix et 8% ! Et cela malgré le contexte de la catastrophe nucléaire qui menace le Japon et aurait dû être favorable aux positions des écologistes.
Mais la bataille de l’an prochain s’annonce rude, d’autant que les journalistes et les sondeurs, de plus en plus idéologues, aménagent avec soin le terrain où devra se dérouler l’affrontement déterminant que constituent la présidentielle et les législatives. Selon une recette classique depuis 2002, le Front National est instrumentalisé pour imposer le bipartisme et avec une effroyable apparence de bon sens il le font ressortir comme l’unique solution : selon eux, la diversité à droite comme à gauche —pourtant conforme à la richesse du débat politique national— permettrait à l’extrême-droite d’accéder au second tour de la présidentielle, aussi des candidatures uniques s’imposeraient-elles dans chaque camp ; candidatures, bien sûr, issues des partis hégémoniques de ceux-ci, lesquels ont pour caractéristique commune et essentielle d’œuvrer à la construction d’une Europe libérale. Si on ajoute que cette construction européenne libérale est précisément ce que rejette une majorité de Français — et ils l’ont clairement exprimé en 2005— on comprend que ceux-ci, devant cette absence de choix réel de leur destin, optent pour l’abstention ou le vote FN. Et la boucle est bouclée… En privant la population de toute prise sur son destin, en inscrivant de force son avenir dans une Europe libérale au sein d’un grand marché ouvert mondialisé, on alimente à la fois la démission civique (à quoi bon voter si ça ne sert à rien ?) et la colère qui peut conduire au pire si elle est récupérée par l’extrême-droite. On entretient objectivement le fond de ce qu’hypocritement on prétend combattre dans ses manifestations formelles.
Ce piège est terriblement efficace et n’a qu’une finalité : pérenniser l’exploitation capitaliste sous les apparences d’une démocratie qui ne laisse en fait de choix que celui entre entre le président du G20 et son complice du FMI. Qui peut condamner ceux qui refuseront de voter pour l’un comme pour l’autre en 2012 ? En tout cas pas moi qui me compterais parmi eux… Mais le grand péril réside en ce que cette absence de choix démocratique réel est le ferment des fascismes par le dégoût et la colère qu’il suscite. Tout prétendu républicain qui ferme les yeux et s’arrange de ce compromis est le vrai comptable de la perte de civisme dans notre société et de sa dérive d’extrême-droite.
Alors que faire ? D’abord ne pas chercher à contrer la montée du FN par des moyens seulement tactiques fondés sur la calculette électorale : d’une part, la preuve est faite que ça ne marche pas, d’autre part c’est fondamentalement vicié au niveau même des valeurs démocratiques qu’on défend et permet aux leaders de l’extrême-droite de dénoncer la manœuvre et par là-même de renforcer leur position. Ensuite exploiter le risque qu’il soit présent au second tour ne sert à rien —cela s’est déjà produit— et dans l’état actuel de notre pays, cela n’irait pas plus loin, mais enfin et surtout, proposer loyalement un vrai choix de société à nos concitoyens, leur donner le moyen de se débarrasser du carcan que font peser l’Europe et la mondialisation en leur permettant de se réapproprier les leviers de commande, de refuser les directives libérales comme les consignes de rigueur du FMI, bref, de reprendre la maîtrise de notre destin national en récusant la dictature des marchés. C’est le message que notre peuple avait envoyé le 29 mai 2005 avec une large majorité (55%) et une ample participation (70%); c’est aussi celui que les complices versaillais de 2008 ont étouffé et c’est demain parmi eux qu’il faudrait choisir le maître de notre destin… Non, merci ! je mets en note, sous ce texte, la liste des parlementaires de gauche (pour certains, de gauche, seulement selon eux) qui étaient à Versailles ce triste jour d’indignité nationale de février 2008 pour que plus jamais vous n’accordiez votre confiance, tant aux traîtres qui ont voté « pour » qu’aux lâches qui ont laissé faire en s’abstenant. Ce sont eux, ceux qui ont tué l’espoir à gauche, qui sont les seuls vrais responsables de notre crise démocratique.
JPR
Vote de chaque parlementaire de gauche lors le 4 février 2008 lors de la ratification du traité européen.
Assemblée Nationale ;
GROUPE : SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (204)
Pour: 17
MM. Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Mme Annick Girardin, MM. Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Mme Annick Lepetit, MM. Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Mmes Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, MM. Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet et Jean Claude Viollet.
Contre: 91
Mme Sylvie Andrieux, MM. Jean Paul Bacquet, Jean Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean Pierre Dufau, William Dumas, Jean Louis Dumont, Mme Laurence Dumont, MM. Jean Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Mme Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, MM. Michel Françaix, Jean-Claude Fruteau, Mme Geneviève Gaillard, MM. Daniel Goldberg, David Habib, Mme Sandrine Hurel, MM. Christian Hutin, Jean Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean Pierre Kucheida, Mme Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mme Martine Lignières Cassou, MM. François Loncle, Jean Mallot, Mme Marie Lou Marcel, M. Philippe Martin, Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, MM. Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean Luc Pérat, Jean Claude Perez, Mme Catherine Quéré, M. Simon Renucci, Mmes Marie Line Reynaud, Chantal Robin Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, M. Christophe Sirugue, Mme Christiane Taubira, MM. Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain VidaliesVillaumé.
Abstention: 93
Mme Patricia Adam, M. Jean Marc Ayrault, Mmes Delphine Batho, Chantal Berthelot, M. Jean Louis Bianco, Mme Gisèle Biémouret, MM. Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Maxime Bono, Jean Michel Boucheron, Mmes Marie Odile Bouillé, Monique Boulestin, M. Pierre Bourguignon, Mme Danielle Bousquet, MM. Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean-Christophe Cambadélis, Mme Martine Carrillon Couvreur, MM. Guy Chambefort, Gérard Charasse, Mmes Marie Françoise Clergeau, Catherine Coutelle, Pascale Crozon, M. Frédéric Cuvillier, Mme Claude Darciaux, M. Michel Debet, Mme Michèle Delaunay, MM. Guy Delcourt, Michel Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Yves Durand, Mmes Odette Duriez, Corinne Erhel, Aurélie Filippetti,Geneviève Fioraso, MM. Jean Louis Gagnaire, Guillaume Garot, Jean Gaubert, Mme Catherine Génisson, MM. Jean Patrick Gille, Joël Giraud, Gaëtan Gorce, Mme Pascale Got, MM. Marc Goua, Jean Grellier, Mmes Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman Rispal, M. François Hollande, Mme Monique Iborra, MM. Eric Jalton, Henri Jibrayel, Mme Marietta Karamanli, MM. François Lamy, Jean Yves Le Bouillonnec, Mme Marylise Lebranchu, MM. Jean Yves Le Déaut, Jean Marie Le Guen, Mme Annick Le Loch, MM. Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Louis-Joseph Manscour, Mme Jacqueline Maquet, M. Jean René Marsac, Mme Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Pierre Moscovici, Pierre Alain Muet, Mmes Marie Renée Oget, Françoise Olivier Coupeau, George Pau Langevin, Marie Françoise Pérol Dumont, Martine Pinville, MM. Philippe Plisson, François Pupponi, Jean Jack Queyranne, Dominique Raimbourg, Alain Rodet, Marcel Rogemont, René Rouquet, Alain Rousset, Michel Sainte Marie, Michel Sapin, Mme Marisol Touraine, MM. Jean-Louis Touraine, Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, André Vallini et Philippe Vuilque.
Non-votant: 3
MM. Jean Glavany, Patrick Lemasle et Bernard Roman.
GROUPE : GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE (24)
Contre: 21
Mme Marie Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean Pierre Brard, Mme Marie George Buffet, MM. Jean Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean-Paul Lecoq, Alfred Marie Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean-Claude SandrierVaxès.
Abstention: 3
MM. Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy.
Sénat
GROUPE : SOCIALISTE. (96)
Pour: 15
MM. Robert Badinter, Jean Besson, Mmes Nicole Bricq, Monique Cerisier Ben Guiga, MM. Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Mme Patricia Schillinger, M. Jean-Pierre Sueur, Mme Catherine Tasca et M. Richard Yung.
Contre: 30
MM. Bernard Angels, David Assouline, Mmes Maryse Bergé Lavigne, Alima Boumediene Thiery, MM. Jean Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Claude Haut, Mmes Annie Jarraud Vergnolle, Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Jean Pierre Masseret, Marc Massion, Jean Luc Mélenchon, Jean Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.
Abstention: 49
Mmes Jacqueline Alquier, Michèle André, MM. Bertrand Auban, Jean Pierre Bel, Mme Marie Christine Blandin, MM. Yannick Bodin, Didier Boulaud, Mme Yolande Boyer, M. Jean Pierre Caffet, Mme Claire Lise Campion, MM. Bernard Cazeau, Gérard Collomb, Yves Dauge, Jean Pierre Demerliat, Mme Christiane Demontès, MM. Claude Domeizel, Bernard Dussaut, Jean Claude Frécon, Bernard Frimat, Jacques Gillot, Jean Noël Guérini, Yves Krattinger, Philippe Labeyrie, Serge Lagauche, Serge Larcher, Louis Le Pensec, Mme Raymonde Le Texier, MM. Claude Lise, Roger Madec, Philippe Madrelle, Jacques Mahéas, François Marc, Pierre Mauroy, Louis Mermaz,Jacques Muller, Jean Marc Pastor, Jean Claude Peyronnet, Jean François Picheral, Mme Gisèle Printz, MM. Daniel Reiner, Thierry Repentin, Roland Ries, Mme Michèle San Vicente Baudrin, MM. Michel Sergent, Jacques Siffre, René Pierre Signé, Simon Sutour, Michel Teston et Mme Dominique Voynet.
Non-votant: 2
Mme Odette Herviaux et M. Paul Raoult.
GROUPE : COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN. (23)
Contre: 23
Mme Eliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean François Voguet.





Dimanche, je n’avais rien de précis à faire, alors je n’ai rien fait de précis, farniente… mais je suis bien content du résultat du Front de Gauche et aussi que ma mairesse se soit fait laminer.