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Qu’est-ce que le Modem ?

Le “ni droite-ni gauche” de M. Bayrou n’est que le retour d’une vielle lune de la politique se fondant aujourd’hui sur la déception ressentie par les Français devant, d’une part, le recul de civilisation qu’ont imposé les politiques libérales de droite et, d’autre part, le manque de détermination d’une partie de la gauche à les contrer avec netteté. Déception qui se traduit souvent par le rejet de tous les partis, de droite comme de gauche et aboutit aussi à l’abstention.

Il est alors bien tentant, pour tout politicien voulant faire carrière, d’adopter une pose qui semble coller à cette opinion, renvoyant dos-à-dos les deux camps et essayant de faire croire à une offre politique nouvelle : on repeint la façade en orange, on change l’enseigne de la boutique, on adopte une stratégie publicitaire un peu provocante et on croit donner l’illusion qu’avec de vieux chevaux de retour de la politique la plus politicienne on a fait du neuf…

Aussi, quelques petits rappels s’imposent : ce mouvement, le MoDem, vient d’être fondé par M. Bayrou, homme politique de droite, comme l’atteste sa participation aux gouvernements Balladur puis Juppé — et, de plus, à la bonne époque où toute la France de Gauche était dans la rue contre eux : un million de manifestants s’opposant à la réforme de la loi Falloux proposée par Bayrou lui-même, et combien pendant les grèves de 95 contre Juppé dont, au gouvernement, il était solidaire alors ! Rappelons aussi que le Modem est issu en droite ligne de l’UDF, le parti de Giscard, et qu’actuellement, tous ceux qui l’abandonnent (de Santini qui a largué Bayrou il y a un an, à Cavada, qui vient de rejoindre avec cinq autres candidats parisiens la petite fraction de l’UMP créée par Bockel) regagnent promptement le giron de la majorité Sarkozyste.

Alors, les Plaisirois ne doivent pas se laisser abuser par un discours qui sous des apparences verbales “modernes”, “jeunes”, “dynamiques” ne cherche qu’à leur refiler une vieille resucée politicienne. Le “Centre” est une mystification ; dans la vie politique, nationale comme municipale, il y a des choix à faire, et, dans une commune comme pour un pays, ceux de la droite ne sont pas ceux de la gauche. Le Modem est et reste, ne serait-ce que par ses orientations économiques libérales, un parti de droite quoi qu’il prétende.

François Mitterrand, avec clairvoyance avait dit : « Le centre n’est ni de gauche, ni… de gauche.»

Il n’y a là rien de nouveau sous le soleil, La Fontaine avait déjà décrit en son temps cette race politique :

« Je suis oiseau : voyez mes ailes […] Je suis souris, vivent les rats. […] Le sage dit, selon les gens : Vive le Roi ! vive la Ligue !». Ce sage, qu’on peut aussi appeler un opportuniste, a nom MoDem aujourd’hui, qui, selon son interlocuteur, “va d’écharpe changeant”, comme eût dit le fabuliste, pour “retournant sa veste”. Là, il se rallie à la Droite ; ici, il se dit de Gauche pour mieux la diviser. Partout, il sert la même droite libérale, sous un habit réversible. L’électeur plaisirois ne s’y trompera pas.

JPR

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