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Bon anniversaire !
Catégorie: à Plaisir, dans les Yvelines, élections, en France, Europe6 ans déjà : 29 mai 2005, dernière véritable victoire du peuple de gauche contre la bête libérale !
Victoire symbolique, puisqu’elle n’accoucha d’aucune alternative politique en 2007 et que ce que le peuple avait rejeté massivement —le traité européen (TCE) qui gravait le libéralisme dans le marbre constitutionnel— fut imposé en février 2008 sous le nom de » traité simplifié » (connu depuis comme traité de Lisbonne) par les parlementaires de droite épaulés de félons de gauche qui le votèrent ou le laissèrent passer en s’abstenant (leur liste complète est ici, n’hésitez pas à les punir à chaque occasion), piétinant de fait le choix démocratique de notre peuple. Mais ce 29 mai 2005 reste un symbole fort, celui d’une gauche qui ne se couche pas devant la mondialisation libérale et ses valets européens, devant les diktats du FMI, de la banque mondiale ou de l’OMC. Cette date est une charnière politique, la refondation d’une gauche qui ne peut se satisfaire de l’accompagnement social du capitalisme.
Aujourd’hui, Sarkozy et Merkel œuvrent à parfaire cette régression de notre démocratie de février 2008 en faisant inscrire les dogmes libéraux dans les constitutions nationales. C’est un véritable pacte de l’oligarchie européenne, connu sous le nom « Pacte pour l’Euro Plus » dont le but est de soumettre les peuples, quelque majorité qu’ils élisent dans leurs scrutins nationaux, aux mêmes politiques libérales d’austérité pour leur faire payer la crise du capitalisme. C’est de surcroît une étape antisociale de plus vers un fédéralisme européen poignardant notre démocratie et nous engageant dans une conception de la Communauté Européenne bien différente de celle de Nations libres associées puisqu’elle instaurerait une « loi des lois » au-dessus du choix démocratique des peuples.
Ourdi dans le silence antidémocratique le plus complet, ce pacte de rapaces vise à enfermer les États dans des choix institutionnalisés en verrouillant de manière autoritaire leurs politiques économiques par l’inscription dans les constitutions nationales de l’interdiction des budgets en déficit et par la présentation d’un programme de réformes pour la période 2011-2013. Et on sait bien que « réforme » veut dire « régression sociale » dans la bouche des oligarques libéraux ! C’est sûrement pourquoi les parlements —y compris le Parlement Européen— et plus encore les peuples, ont été tenus à l’écart de ces dispositions.
Ce projet de loi constitutionnelle (n°3253) relatif à l’équilibre des finances publiques, après le traité de Lisbonne qui a mis les Etats sous la tutelle des marchés financiers et de leur concurrence « libre et non faussée« —avec les conséquences que l’on sait pour la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Islande, en attendant les autres— interdirait au parlement de décider souverainement des orientations politiques de la France en votant le budget de la Nation et celui de la Sécurité Sociale. Il a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 10 mai 2011, il est actuellement discuté au Sénat. Tout cela dans la plus grande discrétion de la part des médias et sans aucun débat public contradictoire. La gauche devra avoir le courage —qu’une de ses parties n’a pas eu en février 2008— de rejeter toute modification de la Constitution en ce sens.
Bon, j’évoquais à l’instant le Sénat, cela me fait une transition toute trouvée pour aborder la question de la prochaine échéance électorale : les Sénatoriales. Le Sénat est une institution assez archaïque et peu démocratique puisque ses membres ne sont pas issus directement du suffrage universel mais élus par un collège de « grands électeurs » représentant les collectivités territoriales, seuls 50 000 « grands électeurs » —dont, en tant que conseiller municipal, je fais partie— devront déposer leur bulletin dans une urne le 21 septembre. Le système est si bien verrouillé que le Sénat, de toute son histoire, n’a jamais été de gauche…
Or, cette fois, dans la débâcle du sarkozysme décadent, il y aurait peut-être une chance pour que cela se produise, ce qui explique, entre autres, que Gérard Larcher, actuel Président de cette institution se démène pour essayer de rabattre à droite les voix des élus territoriaux qui grondent contre la réforme des collectivités locales. Cela explique hélas aussi une certaine foire d’empoigne au Parti Socialiste, laquelle risque fort de compromettre l’élection d’un second, voire d’un troisième sénateur de gauche dans les Yvelines. Que se passe-t-il au juste ?
Rappelons-nous d’abord la raison pour laquelle nous n’avions pas obtenu ce second siège en 2004 : les Verts avait choisi de faire cavalier seul, stérilisant les deux et quelques pour cent qui nous auraient été nécessaires pour l’obtenir. La liste était alors composée ainsi :
| 1° Mme Catherine TASCA (SOC) |
| 2° M. Alain OUTREMAN (COM) |
| 3° Mme Michèle VALLADON (SOC) |
| 4° M. Jacques CHESNAIS (SOC) |
| 5° Mme Françoise DESCAMPS CROSNIER (SOC) |
| 6° M. J.Louis BARTH (DVG) |
| 7° Mme Muriel CONDOLF (SOC) |
| 8° M. Emile MANHES (SOC) |
Et seule Catherine Tasca avait été élue. Une liste bien conçue doit être respectueuse des différents partenaires de l’union qui la compose et le PCF qui est la seconde force de gauche du département doit démocratiquement pouvoir y bénéficier de la seconde place. Seulement voilà, la perspective d’une nouvelle déconfiture du camp sarkozyste donne des ailes aux ambitions personnelles de quelques carriéristes : d’une part, Jean-Paul Huchon, menacé —par ailleurs très injustement— de perdre sa présidence du Conseil Régional, se verrait bien reconverti en sénateur, et d’autre part, le maire de Conflans, Philippe Esnol, soutenu, semble-t-il par les socialistes yvelinois, brigue le même poste… Ce qui semble vouloir dire que le PCF membre du Front de Gauche, de même que le PG que Michèle Valladon a rejoint en 2009, ne sont considérés par la direction socialiste du département que comme des forces d’appoint juste bonnes à apporter le supplément de voix nécessaire pour recycler leurs éclopés en quête de prébende !
Assez curieusement, la demande du PCF reçoit un écho plutôt favorable de la part de Catherine Tasca que pourtant nul ne soupçonnera d’être une pétroleuse gauchiste au PS, elle qui n’hésita pas le 4 février 2008, jour d’indignité nationale, à mêler son suffrage à ceux de la droite pour faire adopter le traité simplifié de Sarkozy à Versailles. C’est que Madame Tasca a bien compris une des données du problème : si le PS maintient son exigence des deux premières places de la liste de gauche, il proposera au PCF la 3ème place, et —parité oblige— la sénatrice sortante se retrouvera deuxième, la tête revenant —à tout seigneur tout honneur— à Huchon… Or comme elle a bien compris que si le PCF n’a pas la seconde place, la Front de Gauche présentera une liste séparée et que du coup il n’y aura qu’un élu, comme en 2004 et qu’elle devra dire adieu à son fauteuil au palais du Luxembourg, elle préfère soutenir la demande du PCF… Et au cas où Huchon (l’homme qui souhaitait —dans le Figaro !— en 2008 que «le PS ne s’oriente pas trop à gauche» et qu’il «rompe avec la doctrine marxiste») conserverait sa présidence, c’est l’autre élu de Conflans, Philippe Esnol, Rocardo-Strauss-Kahnien, lui aussi, qui veut la place. Voilà des appétits, des tractations et des motivations qui ne font guère honneur à la politique !
Sans doute espère-t-on, dans les hautes sphères de Solférino, un arrangement au sommet avec la direction communiste nationale, ce qui relève d’une conception indigne et bureaucratique de la politique, celle justement qui dégoûte les électeurs, mais c’est aussi compter sans cette force nouvelle qu’est le Front de Gauche. Il ne peut y avoir de candidatures d’une gauche ne se prétendant unie que pour renforcer l’hégémonie (provisoire) d’une seule formation, et s’il n’y a pas de liste unie respectueuse de tous, les seuls responsables de la division seront ceux qui ont empêché par leur prérogatives abusives la constitution d’une telle liste. Ce n’est pas la conception que le Front de Gauche a de la politique, et je l’appelle à rapidement présenter sa propre liste et entrer en campagne dès ce mois de juin.
En attendant, bon anniversaire pour ce 29 mai, qui s’il ne fut pas porteur d’une alternative politique immédiate n’en a pas moins été, à travers la grande aspiration de changement qui porta cet évènement, le ferment de la création du Front de Gauche.
JPR




