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Rentrée difficile…
Catégorie: à Plaisir, dans les Yvelines, en France
« La Mécanique Mélenchon » sur LCP le 20/05/2011 par lepartidegauche
D’abord, pour commencer, la vidéo d’une émission que vous avez peut-être manquée sur LCP. Prenez le temps de la regarder, on ne s’y ennuie pas un instant…
A part ça, la reprise est bien difficile : dur déjà de se remettre à l’exercice du blog ! Ce n’est pourtant pas les sujets qui manquent entre l’Europe des Merkel-Papandréou-Trichet-Zapatero qui nous embourbe un peu plus dans l’ornière libérale et un Sarkozy qui voudrait imposer l’inscription dans la constitution nationale de la règle qui consiste à faire payer à notre peuple les frais de la spéculation de ses amis du Fouquet’s, autrement dit, l’asservissement définitif à la finance… Sans évoquer l’ingurgitation forcée que nous a infligé la presse des mésaventures juridico-galantes de l’oligarque lubrique naguère pressenti pour diriger notre pays après avoir étranglé la Grèce, ni la brochette des belles personnes qui font de louables bruits avec leur bouche dans les universités d’été oubliant qu’elles ont souscrit à toutes ces politiques —stabilité, compétitivité, lutte contre les déficits, rigueur, privatisations, et maintenant « sérieux« …— qui nous ont conduit au désastre économique et social d’aujourd’hui. Et qui sont prêtes à recommencer demain. Et tout cela au nom de l’Europe qui nous protège si bien que, selon eux,il en faudrait davantage… Reprise difficile donc, non par manque de sujets, ni par baisse d’indignation, mais juste à cause du sentiment de devoir toujours dire et redire la même chose d’une droite dure, vouée aveuglément au service du capital même quand le monde s’écroule autour, d’une gauche socialiste molle, impuissante car elle a perdu tout repère de classe et d’un Front de Gauche qui a bien des difficultés à sortir de la relégation que lui imposent les médias et un système présidentiel poussant au bipartisme.
Et puis voilà que je trouve hier, dans ma boîte à lettres le mirifique n°100 de l’Essentiel : 57 pages de papier glacé à la gloire du maire —pardon, désormais du « député-maire« —, de son équipe, de cette buse de Douillet aux talents « inimaginaux » et au front bas, du servile Chatel, le marchand de shampoing l’Oréal devenu ministre de l’Education, de l’inquiétant Eric Ciotti, l’homme qui dans un lapsus (France-Inter, le téléphone sonne, 4 août dernier) évoquait le temps « malheureusement révolu » des milices et de la collaboration, de ce pauvre Gérard Larcher qui promène partout où il peut sa mine roublarde de bedeau matois, histoire de grappiller des voix pour les élections sénatoriales du 25 septembre, du président des riches en personne, venu dans notre ville, et même de l’ineffable Roselyne Bachelot, qui avant d’être ministre, fut simultanément députée et Chargée des relations publiques (Lobbyitse, quoi !) dans l’industrie pharmaceutique, chez Astra Zeneca, le laboratoire qui produit —tiens donc !— un vaccin contre la grippe H1N1… N’en jetez plus, ce n° de l’Essentiel concentre le pire de la Sarkozie, royaume des conflits d’intérêts et des arrangements entre copains, de la balourdise et de l’arrogance…
Ironie du sort, quand David Douillet avait sollicité nos remarques par courrier en juin dernier, je lui avais proposé de s’occuper des exilés fiscaux. Il ne m’a évidemment jamais répondu. J’ignorais alors que quelques jours plus tard il serait nommé à un invraisemblable Secrétariat d’Etat aux Français de l’Étranger, dont l’unique fonction est plutôt de caresser ceux-ci dans le sens électoral du poil que de les appeler à la solidarité nationale de l’impôt. Le choix de cet ambassadeur de la culture et de la langue française auprès de nos compatriotes expatriés est certainement le meilleur des choix possibles et… « inimaginaux », Ne serait-ce que parce qu’il permet à notre JR de siéger à l’Assemblée Nationale.
Du coup, lui qui en période électorale préférait se montrer discret sur sa soumission à la Sarkozie, se livre à un véritable panégyrique de ces tristes visiteurs de notre ville. Et il faut un certain culot pour vanter Luc Chatel qui cette année supprime 16.000 postes dans l’Éducation Nationale, veut rétablir l’orientation précoce des élèves dont on sait qu’elle stigmatise essentiellement les enfants des couches populaires et jette de la poudre aux yeux avec des cours de morale en blouse grise comme remède au malaise des jeunes ! Dit-on assez que de 2006 à aujourd’hui, les jeunes d’origine ouvrière qui accédaient aux études supérieures sont passées de 11,3 % à 10,3 %, les enfants d’employés de 13,2 % à 11,9 % et ceux des professions intermédiaires de 14,7 % à 12,3 %; dans le même temps, la proportion d’étudiants obligés de travailler pendant l’année universitaire (hors vacances) a fait un bond de 36,8 % à 50,3 %. Et c’est avec les honneurs que JR a accueilli ce ministre de la ségrégation sociale !
Mais le personnage le plus inquiétant est sûrement le député Éric Ciotti, dont le lapsus mentionné ci-avant est hélas ! en curieuse résonance avec ses actes politiques. Député de Nice et proche collaborateur de Christian Estrosi —le célèbre « motodidacte—, il est considéré comme le « monsieur sécurité » de l’UMP et s’est singularisé par des propositions de lois que, outre leur absurdité juridique, le Front National ne renierait pas… Voyez plutôt : rendre les parents pénalement responsables des mineurs délinquants, ou encore cet amendement proposant de diminuer le délai de recours pour les réfugiés demandant asile en France. Le plus révélateur est sûrement l’opération « voisins vigilants » dont il est l’initiateur et qui consiste ni plus ni moins en la surveillance réciproque des citoyens, avec, bien sûr, délation à la clef. C’est cette brillante idée qui lui a valu son fameux lapsus. Mais ce qui l’amenait à Plaisir est une autre proposition de loi tout aussi répugnante : supprimer les allocations familiales aux parents d’élèves absentéistes. Bref, ajouter de la misère à la misère, rendre la vie un peu plus difficile à ceux qui n’y arrivent déjà pas, car on sait que l’absentéisme scolaire concerne surtout les plus défavorisés.
C’est pour vanter cette loi, au lendemain de sa visite à Plaisir, que son attachée de presse a, devant les caméra de TF1, joué la comédie des mères désemparées ! Voilà des procédés qui en disent long sur l’honnêteté et la moralité de ces gens, qu’ils soient au service d’un élu UMP ou journaliste chez Monsieur Bouygue, ce grand ami de Nicolas Sarkozy.
l’attachée de presse de Ciotti joue la comédie par alautis
Terminons en rappelant quand même que la grande science du sinistre Ciotti lui a valu deux fois l’attribution du prix Busiris, récompense parodique attribuée par des juristes à des affirmations juridiquement aberrantes de personnalités politiques.
Ah! oui, Plaisir a vraiment été à l’honneur !
Bonne rentrée à tous
JPR



