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Un peu de tout, en vrac…
Catégorie: à Plaisir, dans les Yvelines, élections, en France
…Mais d’abord, on ne va pas bouder notre plaisir d’avoir vu la droite déconfite et pour la première fois la gauche l’emporter au Sénat. Ah ! ils étaient beaux, dimanche soir, tous ces pompeux cornichons qui moulinaient, l’air important, que « cela ne changera rien à la politique du gouvernement » (Patrick Ollier) ou même que « ce n’est pas un désaveu » (Copé), en psalmodiant leurs sempiternels « nécessaires réformes« , « sacrifices partagés » et autre foutaise de « règle d’or » ! D’ailleurs, à propos de cette dernière, quand le nouvel élu des Verts, Jean-Vincent Placé, a dit, sur France 3, qu’elle était enterrée, on a pu voir le sénateur UMP de Seine-St-Denis, Philippe Dallier, s’étrangler de rage, débitant avec une morgue de donneur de leçons arrogant, tous les concepts vides de la non-pensée libérale : conservatisme et irresponsabilité contre compétitivité et sacrifice pour réduire la dette publique… C’est toujours un pur moment de jubilation quand le masque policé tombe et qu’on voit soudain le visage odieux et plein de mépris de cette droite sarkozyste, qui, d’échec en échec, devra être chassée pour de bon du pouvoir en mai prochain.
Victoire de gauche donc, qu’on appréciera surtout dans les actes, et pas seulement pendant les quelques mois qui précèdent l’élection présidentielle… Cette assemblée des territoires saura-t-elle s’opposer efficacement à la réforme des collectivités et au regroupement forcé des communes ? Aura-t-elle le courage d’en finir vraiment et complètement avec cette fameuse (et fumeuse) règle d’or sous quelque forme et quelque dénomination que ce soit ? On peut en douter quand on voit, parmi les nouveaux élus supposés de gauche des proches de Manuel Valls, tels Luc Carvounas, dans le Val-de-Marne, qui est son directeur de campagne pour les Primaires du PS, (dites « citoyennes« ), ou plus près de chez nous, Philippe Esnol, sans parler des diviseurs de la gauche, comme Michel Berson dans l’Essonne. Une vraie politique de gauche reste donc un combat qu’il faudra mener sans relâche, et sans croire qu’une élection, fût-elle la présidentielle, puisse remplacer le mouvement social. Ni pendant la campagne, ni après l’élection d’un président, de gauche espérons-le, en mai prochain. En attendant, comme je le disais en débutant, ne boudons pas notre plaisir, la droite sarkozyste a été une nouvelle fois battue, ses membres commencent à s’entredéchirer, et il est de moins en moins osé de penser que la fin de la bête est proche.
Je passe du petit coq Sarkozy à l’âne municipal pour dire deux mots du dernier conseil. Juste deux mots, pour, une fois n’est pas coutume, dire que j’ai apprécié la prise de position de l’ensemble du conseil municipal contre le plan stratégique régional de santé (PSRS). Ce plan, qui s’inscrit dans la loi Bachelot, s’appuie sur un constat objectif de la situation avec lequel on ne peut qu’être d’accord quand il décrit les fortes disparités de l’état de santé corrélées aux inégalités socio-économiques et la répartition peu équilibrée des offres sanitaires et médico-sociales à l’échelon régional.
Mais les louables ambitions affichées de réduire les inégalités sont peu crédibles au regard de la logique comptable qui prévaut dans la conception même des Agences Régionales de Santé (ARS): dirigées par un directeur général nommé en Conseil des ministres, les ARS doivent gérer un budget indépassable, de sorte que bien des objectifs n’apparaissent plus que comme des vœux pieux et des phrases creuses, une logorrhée euphorisante de bonnes intentions pendant que la fermeture de services en grande couronne exclut nombre de Franciliens d’une offre de santé de proximité, et cela en totale contradiction avec la prétendue volonté de réduire les inégalités et de faire face au vieillissement de la population. De plus, le plan encourage l’ouverture aux partenariats public-privé qui conduit subrepticement à des privatisations ne laissant au secteur public que les actes non rentables et instaurant une politique de santé à deux vitesses. A ma surprise (agréable), la majorité municipale UMP, par la voix de Pierre Lépineux, a proposé que le conseil émette un avis défavorable, dans la mesure ou la RGPP (révision générale des politiques publiques, qui vise à réduire les dépenses des collectivités, donc le service public que chacun est en droit d’en attendre), rend impossible la mise en place de mesures en capacité de répondre aux besoins de santé. Décidément, quelque chose change au royaume de la Sarkozie, et la droite, en ces temps électoraux, marque des distances par rapport aux directives gouvernementales…
Autre point à l’ordre du jour, le vote de la base minimum de la CFE, cotisation foncière des entreprises, nouvelle taxe remplaçant -de façon très insuffisante— la Taxe Professionnelle. Depuis la suppression de celle-ci, tous ses anciens redevables sont assujettis à une cotisation minimum, établie seulement sur des bases foncières ; son montant, fixé par le conseil municipal, doit être compris entre 203 € et 2030 € pour les entreprises dont le chiffre d’affaire est inférieur à 100 000 € et entre 203 € et 6 000 € pour les autres. Ce qui nous est proposé est de retenir la base maximale (2030 €) pour les premiers, et seulement 2300 € pour les autres… Dans un cas, comme dans l’autre, les redevables restent bien en-deça de ce qu’ils payaient avec la TP, mais ce traitement paraît quand même bien doux pour les plus grosses entreprises. Après un échange plutôt positif —et pour la première fois du mandat, il faut le souligner— JR a accepté de modifier la délibération et de monter la base à 3 000 € pour les entreprises dont le CA est supérieur à 100 000 €. On aurait certes pu monter le curseur un peu plus haut, mais c’est déjà un progrès aussi communistes et écologistes ont voté positivement à cette délibération. De façon assez peu compréhensible, les socialistes du groupe s’y sont opposés. Je dis de façon peu compréhensible car il ne l’ont pas fait parce qu’ils auraient jugé les 3 000 € insuffisants, mais parce qu’ils jugeaient les 2030 € —qui constituent une forte diminution par rapport à la TP— trop élevés. Bref, c’était presque la droite qui disait « taxez les riches » ! Sans tirer d’importantes conclusions de ce qui n’était peut-être qu’une erreur locale d’appréciation, on ne peut quand même s’empêcher (surtout moi…) de s’interroger, d’une part, sur cette inhabituelle ouverture de la droite à nos propositions, ce qui est plutôt agréable, mais aussi d’autre part, ce qui est beaucoup plus inquiétant, sur ce clin d’œil (électoral ?) des socialistes aux couches moyennes-supérieures de la société. Je pense que ces temps électoraux nous réservent encore bien des surprises…
J’avais d’autres questions que je voulais aborder (fête de l’Huma, sondages…), mais c’est déjà assez long pour aujourd’hui et il faut se préparer pour aller à la manifestation pour l’école.
JPR




