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La rampollade de novembre
Catégorie: à Plaisir, dans les YvelinesLivrée toute chaude dans notre boîte-à-lettres ce matin, juteuse, grasse à souhait, bien dans le style épais, hargneux et arrogant de la majorité sarkozyste de notre ville, l’incontournable récréation du début de chaque mois : la tribune du président du groupe NI-UMP-Forum des républicains sociaux-PR-Le Nouveau Centre-Ensemble pour les Yvelines, sa majesté Norbert Rampolla. Respirez un coup, la phrase était volontairement très longue, pour que le nom final sonne comme le coup de cymbale qui accompagne l’entrée en piste d’un clown. De même que le chiffon rouge excite les bêtes à cornes, nous voyons notre Bébert municipal foncer tête baissée (et cervelle sans doute oubliée aux vestiaires…) des que nous touchons un point sensible. Il faut croire que c’était le cas ce mois-ci, avec l’échec du projet du centre commercial pharaonique voulu par le maire !
Mais tout d’abord, remarquons le fonctionnement bien peu démocratique de l’information municipale. Non contente que la quasi totalité du bulletin soit dédiée à la gloire de ses supposées réalisations, non contente de n’accorder à l’opposition aucun droit de réponse sur le site internet de la Ville, lui aussi largement dédié à la seule et même cause, non contente de ne jamais partager en amont les problématiques de la Ville (pour ensuite nous accuser de les ignorer !), l’équipe municipale fausse les règles normales d’un débat démocratique honnête. Comment cela ? Eh bien, Le groupe d’opposition, ainsi que l’élu du Modem, sont tenus de livrer leur tribune pour l’Essentiel, le 19 de chaque mois. Bien sûr, quand nous envoyons notre texte, nous n’avons pas connaissance de ce que les autres sensibilités politiques vont faire publier. Passée cette date, il n’est même pas possible de seulement faire corriger une faute d’orthographe, nous en avons déjà fait l’expérience… Raisons techniques, paraît-il.
Le bulletin municipal de ce mois nous montre bien que tout le monde n’est pas soumis aux mêmes impératifs, fussent-ils prétendus techniques, et que la majorité attend d’avoir connaissance de notre tribune avant de produire la sienne, qui n’est jamais qu’une réponse balourde à la nôtre qui rappelait les mises en garde que nous avions formulées concernant le projet d’agrandissement du centre commercial. Précisons quand même qu’en aucune occasion cette faillite des projets de la majorité n’a fait l’objet d’une information du maire auprès de la population, ni même seulement à l’intention des élus ; il a fallu que je pose, tout-à-fait incidemment, une question au sujet d’une modification du Plan Local d’Urbanisme qui affectait marginalement la zone commerciale, pour que, bien contraint, JR nous en fasse l’aveu. Voici cette question telle que la rapporte le PV du conseil municipal de septembre :
Monsieur ROMANI déclare comprendre la nécessité de certaines révisions du PLU mais souhaite poser des questions afin de faire préciser certains points. Il souhaite en premier lieu faire deux remarques concernant les révisions dans la ZAC de Sainte-Apolline et la parcelle AY1035 située du côté du Quick :
• il considère que cette modification est de nature à renforcer encore l’emprise commerciale, mais que cela est prévu
• il demande pour quand sont les travaux du centre commercial. […]
Et voici, du même PV, la réponse du maire sur ce dernier point :
Concernant la zone commerciale Plaisir – Sablons, Monsieur le Maire informe que le groupe hollandais Vasned se retire du projet, très certainement pour des raisons financières, et que le représentant français cherche des repreneurs. Il rappelle que la ville n’a qu’un rôle de facilitateur en la matière et qu’elle l’a orienté vers des sociétés potentiellement repreneuses. Il déclare que la ville attend et qu’il ne sait pas lui-même aujourd’hui ce qui en ressortira. Il mentionne que la ville s’est battue sur ce dossier depuis 10 ans et il souhaite que cette situation se débloque rapidement afin de ne pas revenir sur l’avis de la CDAC. Il espère qu’un repreneur sera trouvé et qu’il proposera un projet moins onéreux.
Bref, il souhaite, il espère, il attend, mais « il ne sait pas ce qui en ressortira », selon ses propres propos… Et durant cette attente d’hypothétiques lendemains meilleurs, les Plaisirois, eux, savent bien qu’ils héritent d’une friche commerciale (Castorama-Becker), d’un centre où, pour des raisons d’échelle, beaucoup de commerces ont du mal à se maintenir et dont l’immobilier se dégrade et surtout qu’ils ne bénéficient plus —et pour longtemps, semble-t-il— de salle de cinéma (voir sur ce blog les billets de septembre-octobre-novembre 2008). De longue date, le groupe municipal de gauche l’avait mis en garde, voici donc ce que nous avons écrit pour ce dernier bulletin municipal distribué en ce moment :
Lâcher la proie pour l’ombre…
C’est en ces termes que nous mettions M. Regnault en garde dès septembre 2008, de même que nous dénoncions « les belles promesses qui n’engagent que les naïfs qui y croient » et nous nous opposions, lors du conseil municipal, à la liquidation du cinéma Becker voulue par la majorité.
Le Maire, alors, proclamait en toute occasion et sur papier glacé, que l’investisseur privé allait procéder à la rénovation et l’extension du centre commercial des Sablons, avec réaménagement d’une partie du quartier de l’Aqueduc, promettant l’arrivée d’enseignes prestigieuses, de restaurants et d’un cinéma de 8 salles. Les faits ont hélas justifié nos craintes et, aujourd’hui, cet investisseur se retire ! Le projet qui devait voir le jour courant 2010 après avoir été repoussé plusieurs fois, serait, en effet, abandonné par le promoteur qui peinerait à rassembler les 70 M€ de financement, comme nous l’a déclaré le Maire lors du conseil municipal de septembre.
Nous restons donc désormais face à une friche commerciale alors que sans cohérence intercommunale la zone marchande s’étend anarchiquement aux Clayes, imposant une concurrence qui n’est pas un gage favorable à la venue d’un nouvel investisseur sur notre ville. Tout cela, car les maires des deux villes ont joué la rivalité plutôt que d’établir un développement concerté dans le cadre d’une coopération intercommunale.
Il serait temps qu’un dialogue s’instaure avec nos deux villes voisines, Les Clayes et Villepreux.
La conséquence immédiate pour les Plaisirois est la disparition de leur cinéma. La salle municipale, avant d’être cédée en 2008 à un repreneur privé, remplissait par sa programmation, son ouverture sur l’école et ses tarifs, sa mission de service public et de culture pour tous. Fermée depuis fin 2010 par ce même repreneur, c’est autant d’atouts dont la décision du Maire a privé nos concitoyens, obligés désormais de se rendre dans les communes voisines en dépit de tarifs plus élevés et de transports dont ils se passeraient bien.
Oui, M. le Maire, en choisissant de céder le cinéma municipal, vous avez bien lâché la proie pour l’ombre et ce sont vos administrés qui en supportent les conséquences !
Alors, le front bas et la vue courte (les idées aussi !) Bébert entonne le grand air de l’indignation et du mépris devant une gauche qu’il accuse de se réjouir, ce qui est évidemment faux —son seul tort est d’avoir été plus clairvoyante que la majorité ! Gauche qui ne saurait que dénigrer et « crier au loup » —mais, il omet de préciser combien nous avions raison de nous défier de ce projet ! Gauche, bien sûr archaïque et politicienne — Diable, il devait être bien troublé, puisque cette fois, il a oublié parmi ses poncifs récurrents, son habituel « socialo-communistes ». Il en perd jusqu’à son pauvre vocabulaire réactionnaire de base !
Bon, cessons de rire, même si comme je le répète à chaque occasion, il y a toujours une intense jubilation à voir la droite se ridiculiser ainsi ; cessons de rire, car c’est l’ensemble des Plaisirois, nous mêmes inclus, qui auront à pâtir de ces choix que nous avions eu bien raison de dénoncer, qu’il s’agisse d’un développement commercial tentaculaire qui défigure la ville et ne crée que des emplois peu qualifiés, mal payés et souvent à temps partiel ou qu’il s’agisse de l’abandon du cinéma municipal qui constituait un véritable atout de loisir et de culture pour nos concitoyens.
Gageons que dans peu de temps, Messieurs et Dames de la majorité sarkozyste, vous nous accuserez encore de nous réjouir de l’explosion des intérêts de la dette de la Ville car nous en dénonçons le risque depuis longtemps et avons toujours condamné votre gestion spéculative de celle-ci, qui relève davantage du casino que de l’expertise financière, dont pourtant vos brillants financiers municipaux se targuaient naguère quand ils souscrivaient des emprunts toxiques. Eh bien, voyez-vous, nous préférerions avoir tort, car nous savons que cela conduira encore à la réduction du service public municipal, à la diminution des investissements publics, au recul des aides sociales, et finalement, à de nouvelles atteintes, à travers tous ces manques, à la vie de chaque jour de nos concitoyens, et au premier chef, des plus fragiles d’entre eux. Il faut seulement que tous sachent bien maintenant que les effets qu’ils subissent aujourd’hui —et hélas ! subiront certainement, demain— ont des causes, et que celles-ci sont à chercher dans vos choix politiques, et nulle part ailleurs.
JPR




