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Reprenons la Bastille !


Homer Simpson ne comprend rien à la nouvelle… par PlaceauPeuple

Oui, le 18 mars, jour anniversaire du début de la Commune de Paris, nous vous invitons tous, au cours d’une marche festive de Nation à Bastille, suivie d’un grand meeting avec Jean-Luc Mélenchon, à reprendre la Bastille. Refondation symbolique de la République, la sixième cette fois, qui doit mettre un terme à la monarchie présidentielle actuelle. Comme je sais qu’il y a des paresseux qui ne liront pas tout le billet, je donne tout de suite l’information :

nous organisons un départ collectif en car de Plaisir (avec arrêt à St-Cyr), à 13 heures gare de Plaisir-Les Clayes.

Attention, ceux qui souhaitent venir ont tout intérêt à réserver, les places seront comptées…  Ce sera certainement un moment éclatant de la campagne, un de ces moments qui sont les jalons de l’Histoire de la Gauche. Ne pas en être partie prenante est sûrement ce qui fait —non sans mesquinerie— se tordre le nez du maire de Paris !

Mais il y a d’autres bonnes nouvelles !

D’abord, Sarkozy annonce qu’il renoncera définitivement à la politique au cas —très probable— où il serait battu. Non seulement on peut donc, le 22 avril et le 6 mai, se débarrasser de lui, mais en plus, définitivement !  Avoir fait de cette élection un référendum sur son avenir politique,voilà qui devrait en inciter plus d’un qui doutait de l’utilité de voter à lui mettre son ticket de sortie sans retour dans l’urne…  Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, on apprend ensuite que le Front de Gauche a passé le cap des 10 % dans les sondages.

Bon les sondages, on sait ce qu’il faut en penser : ils forment et déforment davantage l’opinion qu’ils ne la reflètent. Reste que cette annonce, qui sous-estime certainement encore la réalité nous apporte, outre le plaisir d’un résultat encourageant, un renfort de crédibilité dans les esprits, et ça, c’est important pour la dynamique en marche. Le Front de Gauche pèse de plus en plus, il devient incontournable dans la gauche, et on voit nos concurrents de ce camp en prendre acte, tant à travers un timide gauchissement des positions de celui qui naguère considérait qu’il n’y avait plus de communistes en France « ou alors plus beaucoup », que dans le comportement même des militants de son parti, qui jusque là feignaient de nous ignorer, voire fronçaient les narines à la seule formulation du nom du Front de Gauche et qui semblent avoir subitement eu la révélation qu’on pouvait être fréquentables !  D’un seul coup, évoquer notre rassemblement non seulement ne leur écorche plus la bouche, mais semble même ravir certains qui confient discrètement hésiter à voter pour nous au premier tour.  Tout cela est de bon augure à gauche ! Mais j’ai envie d’ajouter : « et pourquoi pas au second tour aussi ? »  Bon, la question du second tour, on y viendra plus tard.

Ce qui libère subitement les esprits, c’est la certitude grandissante de la défaite de plus en plus inéluctable de Sarkozy. Dès lors, le « vote utile » —cet appauvrissement scandaleux de la démocratie— n’a plus de raison d’être. Et cela change tout : on peut reprendre sa liberté d’expression, ne plus s’auto-censurer, ne plus mettre sous le boisseau ses sentiments et convictions : bref, la gauche peut se retrouver, à la fois dans ce qui l’unit et dans ses contradictions qui doivent être l’objet du vrai débat de fond qui seul peut faire progresser les idées.  A cette certitude, s’ajoute d’une part, le relatif échec du Front National et d’autre part la claire droitisation du centre naguère courtisé par les sociaux-libéraux.

En effet, la tentative de Marine Le Pen de « dédiaboliser » le FN se solde par un double échec, d’abord, en interne : elle a sous-estimé le poids de l’extrême-droite « canal historique » que l’idée de sentir le soufre ne rebute guère, qui est tenaillée par ses vieux démons antisémites et fascistes et préfèrera toujours l’ordonnancement militaire des milices factieuses à l’image d’un parti « fréquentable » ; ensuite face au Front de Gauche et à sa stratégie « Front contre Front » qui, ne se cantonnant pas à l’habituelle condamnation morale, a attaqué le programme du FN sur une base argumentée et en a rendu manifeste l’inanité des propositions. Comme il paraît loin le temps où un sondage LH2 (mars 2011), agitant le fantôme du 21 avril, donnait Marine Le Pen en tête du premier tour à 23% (et Jean-Luc Mélenchon à seulement 5%). À 50 jours du scrutin, le même institut ne la place plus qu’à 15%, à égalité avec Bayrou dont un autre sondeur,TNS, dit que « la sauce béarnaise ne prend pas ».

Car le candidat centriste —c’est-à-dire de droite, lui aussi— ne réussit pas une seconde fois son étonnante cristallisation de 2007: le masque ni droite-ni gauche est tombé et il peine à rassembler. Après 5 années de droite dure, l’attente populaire est à gauche, et cela alors que le candidat du Modem —cette chauve-souris politique— espérant recueillir quelques éclopés du sarkozysme ne fait plus sa parade nuptiale devant l’aile droite du PS. Ajoutons que si à la précédente échéance, il avait bénéficié d’un effet de surprise en créant le Modem et avait su redonner l’apparence du neuf à la vieille resucée politicienne centriste, ce n’est plus le cas cette fois et la dynamique de la nouveauté a été captée par Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche.

Tout cela pour en arriver à l’évidence que la gauche devrait l’emporter, même s’il n’y a pour François Hollande qu’une dynamique par défaut. J’entends par là qu’il bénéficie doublement du rejet de Sarkozy, tant parce que notre peuple n’en peut plus des politiques de casse sociale de la droite dure que du fait que sa personnalité, qui apparaît plutôt bienveillante, à l’opposé de l’agitation agressive du sortant, rassure davantage.  Il y a une forte dynamique pour rejeter Nicolas Sarkozy et François Hollande apparaît comme l’issue la plus crédible à cette fin mais il n’y a pas pour autant adhésion à son programme, dont les propositions animent rarement le débat national —sauf quand il improvise en s’inspirant de celles du Front de Gauche avec la taxation des riches !

La seule vraie dynamique actuelle, c’est celle du Front de Gauche car il est le seul en capacité de tenir avec clarté sur les deux fronts étroitement corrélés, contre la casse sociale, d’une part, contre l’eurolibéralisme d’autre part, et en cela, il est en résonance avec les aspirations populaires.

Est-ce que cela suffira pour que notre candidat soit présent au second tour ? Bien qu’il puisse y avoir des surprises, ne soyons pas présomptueux : probablement pas cette fois. Alors, serons-nous, comme dit la candidate d’extrême-droite « la voiture-balai » de François Hollande ? Certainement pas : nous serons ceux qui contribueront à faire battre Nicolas Sarkozy, car il est urgent de faire cesser le démantèlement du service public et de la protection sociale, il est urgent de mettre un terme à ces politiques brutales aux couches populaires et bien douces aux privilégiés, mais nous ne nous rallierons en rien au programme du candidat socialiste, qui par ailleurs a déclaré qu’il n’était pas négociable —le serait-il que cela ne changerait pas grand chose.  Les communistes auront à se prononcer fin juin sur une éventuelle participation à un gouvernement, sur de telles bases, la réponse ne peut être que non, mais il nous reste un moyen de peser fortement à gauche : que la dynamique en cours s’étende aux élections législatives, qu’il ne puisse y avoir de majorité de gauche sans nous et, disons le clairement, que nous refuserons de voter un budget qui s’inscrirait dans les critères des actuels traités européens.

En attendant, dimanche 18 mars, soyons nombreux pour reprendre la Bastille !

JPR

 

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