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Tchekchuka de campagne

Autrement dit, un peu de tout en salade, car les sujets se bousculent, la campagne s’est emparée du temps libre et ne me laisse guère le loisir d’alimenter ce blog, d’autant que cette semaine, nous avions conseil municipal.

Je commencerai par ce point, car le conseil de jeudi dernier fut plutôt agité : notre JR, jouant au Copé communal —lexique et syntaxe en moins et  accumulant cuirs et velours— s’est lancé dans une diatribe violente, que rien d’essentiel ne motivait, contre Bernard Ansart, le président du groupe de Gauche qui n’avait fait que la critique légitime de la réalisation du budget 2011 de la Ville. Le caractère personnel de l’attaque, le ton méprisant et l’outrance du propos ont fait que le groupe entier a quitté la séance, accompagné de cette réflexion indigne mais hélas habituelle du premier magistrat de la Ville : « Vous partez, je m’en tamponne ! »  Fichtre, quelle élégance !

Après la rampollade du début du mois, la majorité municipale manifeste encore une fois sa nervosité. Il ne faut pas chercher loin l’explication : son camp politique est en difficulté face à l’échéance présidentielle, le maire est gêné dans la réalisation de ses projets par le retrait de l’investisseur du centre commercial et par le recours en justice contre la ZAC des Peupliers d’une personne qui ne fait qu’exercer un droit légal, autant de raisons qui font qu’entre le constat d’échec de sa politique locale et l’annonce d’une débâcle nationale de la droite, il perde ainsi son sang-froid, toute mesure et, dans la foulée, tout respect des règles républicaines du débat public.

Le groupe a donc adressé à la presse le communiqué suivant :

Les élus du groupe « Re-découvrir Plaisir » quittent la salle du Conseil municipal

Lors de la réunion du Conseil municipal du 22 mars, Joël Regnault, Maire de Plaisir, a fait preuve d’une attitude indigne d’un élu de la République.

S’en prenant déjà vertement en début de conseil à une administrée de la commune qui faisait valoir ses droits, au parti des Verts et à l’opposition, qui avait osé écrire une tribune prônant la concertation sur le dossier de la ZAC des Peupliers, il a poursuivi sa vindicte contre l’opposition quand elle a critiqué la réalisation du budget de la commune.

Refusant de laisser la parole, dans un esprit d’écoute et de démocratie, aux représentants du groupe d’opposition, il les a accusés à tort de présenter des chiffres mensongers et d’avoir voté contre les travaux de la place de l’église de notre ville, projet sur lequel nous nous étions abstenus en mai 2011 faute d’un dossier suffisamment détaillé. Il est vrai que l’opposition qui réclame depuis de nombreuses années des informations ou des documents sur des dossiers importants, courriers à l’appui, n’obtient que rarement gain de cause.

Utilisant des propos  inappropriés, voire offensants dans un cadre officiel, se livrant à des attaques personnelles en alléguant une ignorance des dossiers, Joël Regnault ne s’est pas montré à la hauteur de la responsabilité qui lui est confiée en oubliant que l’opposition représente aussi la voix d’une large part de la population plaisiroise. Mais selon sa propre expression plutôt triviale, et inacceptable dans le cadre d’un débat républicain, l’opposition, « il s’en tamponne ».

Alors que les représentants du groupe de l’opposition sollicitaient à nouveau la parole afin de pouvoir répondre sur les arguments fallacieux avancés, le Maire a refusé l’échange et de laisser la parole au Président du groupe.

Les élus du groupe « Re-découvrir Plaisir » ont donc pris la décision de quitter la séance du Conseil municipal pour marquer leur désapprobation et rappeler que le débat démocratique devrait se dérouler avec honnêteté et respect.

La prise de la Bastille

J’ai commencé par l’information locale, mais évidemment le grand évènement a été, dimanche 18 mars la grande manifestation de soutien au Front de Gauche à la Bastille.  A la veille de cette manifestation, j’écrivais « Combien serons-nous ? 10 000 ? 50 000 ? Davantage ? » Je donnais cette fourchette, car dans mon esprit, le premier chiffre aurait révélé un relatif échec et le second une grande réussite que je sentais venir, mais n’osait annoncer —timidité d’une gauche qui n’a plus connu de victoire depuis longtemps. Nous fûmes plus du double ! Au-delà de toutes nos espérances, et Jean-Luc Mélenchon a dû raccourcir son discours car l’affluence sur la place et dans les artères voisines était telle qu’on pouvait craindre pour la sécurité des participants.

Et dans la foulée, les sondages se sont emballés : 11 %, 12 %, 13 % et aujourd’hui 14 % et en troisième position ! Qu’importe leur validité scientifique que nous avons souvent critiquée : un de leurs effet est de fonctionner comme une prophétie autoréalisatrice. Le poids qu’ils nous donnent renforce la crédibilité de notre projet et nos concitoyens, avides d’un vrai changement, s’emparent plus facilement de celui-ci. C’est la logique des dynamiques qui fait que plus on gagne en crédibilité, plus on se renforce et plus le renfort est important, plus la crédibilité grandit encore. On pourrait plus simplement parler pour cette spirale ascendante d’un effet « boule de neige ».

Nous n’avons pas attendu les sondages pour en être conscients : la dynamique, nous l’avons constatée à notre contact quotidien avec la population, à l’accueil qui nous est fait, au deuxième autocar qu’il a fallu commander en grande hâte pour aller au meeting, aux demandes de procurations, aux nombreuses personnes qui viennent discuter avec nous sur les lieux publics et aussi aux adhésions à nos formations politiques… Bref, on s’émerveille, on se reconnaît et se constitue en un peuple de gauche, d’une gauche qui assume jusqu’au bout les exigences populaires !

Ajoutons qu’après la Gauche Unitaire, issue du NPA, qui nous avait rejoint lors de la formation du Front de Gauche, aujourd’hui ce sont trois dirigeants du parti d’Olivier Besancenot —et non des moindres— qui appellent à voter pour Jean-Luc Mélenchon : Myriam Martin (porte-parole démissionnaire du NPA), Hélène Adam (une dirigeante historique de la LCR) et Pierre-François Grond (ex-bras droit d’Olivier Besancenot).

Nous avons bien sûr en face de nous des adversaires —et des concurrents— qui s’inquiètent de notre percée. A droite, ils tentent de mettre en œuvre la pernicieuse stratégie du baiser qui tue : faire mine de se réjouir de notre ascension car elle affaiblirait François Hollande. Cela ne tient évidemment pas à l’analyse et n’a pour but que d’attiser les divisions à gauche, car d’une part, si leur joie était réelle, ils se garderaient bien de l’afficher car ils savent que leur soutien empoisonné pourrait ramener des électeurs vers le candidat socialiste, et d’autre part, car si nous connaissons une ascension fulgurante dans les sondages, les chiffres de François Hollande restent totalement stables : tandis que nous avons progressé de 8 à 14 % au mois de mars, il garde le même score tout au long de la période (27 % pour l’ifop). Conclusion : nous ne l’affaiblissons pas.  S’il ne se renforce pas, c’est du côté de ses propositions qu’il doit chercher l’explication !

Plus laborieux, l’argument développé par les socialistes est celui du « vote efficace » (ils n’osent plus dire « utile ») : il faudrait que leur candidat ait le score le plus élevé au premier tour pour l’emporter au second. Bien peu convaincant quand on sait que ce n’était pas le cas de François Mitterrand en 1981 où il était devancé par Giscard et que par contre, en 95, Jospin était en tête du premier tour ! Le vainqueur est celui qui sait rassembler toute la gauche au second, pas celui qui par un vote prétendu « utile » ou « efficace » voudrait affaiblir ses concurrents, quitte à provoquer leur exaspération et des réactions de rejet.  D’autant que le risque de voir se rejouer un 21 avril semble totalement écarté avec une Marine Le Pen réduite selon les derniers sondages à la moitié du score de François Hollande.

Alors, aucune raison d’hésiter à voter pour le candidat du Front de Gauche, plus le rapport des forces sera en notre faveur, mieux nous pourrons répondre aux attentes populaires.

JPR

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