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Nous tenons les clefs du futur

Il est certain que le résultat obtenu hier par Jean-Luc Mélenchon n’est pas à la hauteur de l’espoir que cette belle campagne avait soulevé. Rappelons-nous cependant qu’il y a seulement six mois, nous nous fixions comme objectif de réaliser un score à deux chiffres. Et cela sous le regard goguenard de tous ceux qui nous veulent tant de bien… Donc tout est à relativiser, et à replacer dans son contexte, une fois les tensions de la campagne passée. Car à bien y regarder, et malgré l’inquiétante percée de l’extrême-droite qui focalise toutes les attentions médiatiques, l’irruption du Front de gauche à la fois a transformé la manière de faire de la politique et imposé des idées qui reviendront vite en réponse populaire aux questions de fond que la crise monétaire et sociale posera inévitablement à notre pays.

D’abord, après les avoir remerciés de leur engagement à nos côtés, je demande à tous nos électeurs, à tous nos amis et camarades des assemblées citoyennes, ceux qui ont distribué des tracts avec nous, qui sont venus aux meetings dans nos cars, qui nous ont laissé leurs coordonnées pour rester informés, tous ceux qui nous souriaient et nous encourageaient dans nos actions publiques et bien sûr, à ceux qui ont franchi le pas et décidé d’adhérer à une de nos organisations, de  bien regarder le tableau ci-dessus : est-ce le constat d’un échec ? Assurément non ! Il ne faudrait surtout pas sombrer dans un découragement auquel les médias fielleusement nous inciteraient et dont seuls nos adversaires politiques seraient les bénéficiaires.

Nous n’avons pas réussi à battre Marine Le Pen, mais nous avons eu au moins l’honneur d’être les seuls à la combattre, tandis que la droite sarkozyste reprenait et banalisait ses thèmes xénophobes pour flatter ses électeurs et, par là, lui donnait une crédibilité qui la renforçait, et que le parti socialiste en faisait un épouvantail opportun pour appeler au vote utile, sans jamais livrer le débat idéologique contre ses propositions. Les uns comme les autres, tout à leurs manœuvres électoralistes, omettaient l’essentiel de la lutte : battre l’extrême-droite sur le terrain des idées, pour mieux la battre ensuite dans les urnes. Le résultat est que maintenant, après bien d’autres pays d’Europe, sans que jamais cela ne dérange l’illégitime troïka qui la dirige, la France voit s’implanter un parti d’extrême-droite qui pourrait être le recours pour ceux qui seront bientôt chassés des affaires. Cela s’est vu ailleurs…  Honte à tous ceux qui ont laissé se créer cette situation pour soigner leurs petits intérêts partisans ! Honte au quotidien qui se prétend de gauche et qui déshonore son fondateur, Jean-Paul Sartre, en faisant de Marine Le Pen sa « une » à trois jours du scrutin pour appeler en sous-main au vote « utile », après l’avoir déjà fait en janvier sur les « 30% des Français n’exclueraient [sic] pas de voter Le Pen » : vérification faite, c’était une manipulation sans vergogne des chiffres qui prenait en compte la réponse « probablement pas » ! :


Alors, oui, il y a des responsables qu’on ne dénoncera jamais assez, à la montée du FN : ceux qui le banalisent en acceptant et reprenant ses thèmes dans le débat public et ceux qui l’instrumentalisent pour capter l’électorat au mépris de la démocratie : ils en font leur chien de garde de l’alternance bipartisane.

Venons-en plutôt aux enseignements plus positifs de cette élection :

• D’abord Sarkozy va être battu. Bon débarras ! et quelque réticence que nous y ayons, il faudra faire le 6 mai le geste nécessaire pour le chasser pour de bon, c’est une question de salubrité démocratique et même si nous n’avons aucune confiance en son concurrent, nous ne pouvons pas laisser au sortant la moindre chance de poursuivre son œuvre malfaisante de casse du service public, du code du travail, de la protection sociale et de soumission aux diktats des marchés… d’autant qu’un second mandat, sans réélection possible lui laisserait les mains libres pour les mesures les plus impopulaires. Nous utiliserons donc le seul bulletin restant à notre disposition pour virer Sarko.

• Ensuite, l’analyse de notre progression à Plaisir nous ouvre des perspectives : il y a 5 ans, nous étions à notre étiage et réunissions moins de 200 suffrages sur la ville, nous en avons eu hier près de 1600 ! Cela change profondément l’équilibre des forces politiques, non seulement au plan des résultats électoraux, mais aussi en terme d’engagement, de réflexion et d’action : ce que nous avons commencé —et je le répète qui est très prometteur— nous devons maintenant le poursuivre et l’amplifier, pour voir demain nos thèses triompher. Nous tiendrons prochainement une assemblée citoyenne pour discuter autour d’un pot de l’amitié, de ce que nous devons poursuivre tous ensemble pour que l’énergie investie dans cette campagne trouve des débouchés dans nos villes, nos cantons, nos circonscriptions… et au-delà ! Vous y êtes tous conviés.

• Nous avons à faire du premier mai une double démonstration de notre force nouvelle : le matin, en vendant le muguet militant, l’après-midi en participant massivement et sous les couleurs du Front de Gauche à la manifestation parisienne des syndicats. Grande manifestation qui préfigurera celles qui viendront à la rentrée pour aider la gauche qui sera au pouvoir à se débarrasser des politiques austéritaires et à désobéir aux directives libérales européennes, à rétablir les 35 heures et la retraite à 60 ans pour tous, à être attentive aux aspirations populaires en s’opposant fortement aux marchés financiers.

• Et enfin —mais ce n’est pas la fin, juste le point suivant à notre programme d’actions— nous nous retrouverons tous pour l’échéance des élections législatives derrière les candidats du Front de gauche de nos circonscriptions, pour les porter le plus haut possible.  Nous n’aurons pas les moyens matériels de la présidentielle, mais je suis sûr que l’énergie que nous y mettrons tous, la créativité et les idées que chacun de nous apportera vaudront mieux que le papier glacé et les gadgets publicitaires de campagne. A très bientôt donc de nouveau sur le terrain.

Cette aventure que fut la campagne présidentielle n’est qu’un début, la suite est à écrire ensemble —et sans attendre les consignes—, comme l’a déclaré hier Pierre Laurent : c’est votre affaire !

J’appelle les millions de citoyens qui ont commencé à l’emprunter avec nous à poursuivre la route, à investir le Front de gauche, les assemblées citoyennes, les fronts de luttes, de propositions et d’action que nous avons créés. Faites-en votre affaire, pour réussir le changement auquel notre peuple aspire.

N’hésitez pas à nous rejoindre, à prendre contact, à participer même occasionnellement à nos actions, à vous inscrire sur nos listes de diffusion pour rester informé : c’est vraiment votre affaire.

JPR

4 Commentaires sur

Nous tenons les clefs du futur

  • Bramevac |

    Bonsoir,

    Les sondages sont là, jusqu’à présent, pour nous montrer une chose, c’est qu’ Hollande va l’emporter largement au second tour.

    Pourquoi, dans ces conditions devrait on lui faire cadeau de nos voix et lui signer un chèque en blanc?
    Il n’a nullement besoin de nos voix. Croyez-vous que si vous votez pour lui, le PS aura la moindre reconnaissance. Vu leur arrogance et le mépris affiché à notre égard cela m’étonnerait fort.
    A moins que vous vous vous disiez, les Verts ont fait 2% et pour cela ils ont une soixantaine de circonscriptions réservées. Donc, puisque nous avons fait 5 fois plus, le PS pour nous remercier va nous donner 300 circonscriptions. Quand on voit que pour obtenir cela les verts ont renoncé à toutes leurs valeurs, d’où leurs résultat catastrophique. Est ce que le Front de Gauche est prés à renoncer à tout pour obtenir quelques sièges en remerciement de nos voix?
    Imaginons qu’au mieux, Hollande accepte de passer de la couleur bleue de ces affiches à une couleur rose pâle. Nous savons très bien qu’il est impossible de mener une politique, même rose pâle, sans remettre en cause le carcan des traités européens et sans se donner les moyens de combattre la spéculation. Résultat, il sera vite obligé de renoncer à ces réformettes devant les attaques des marchés, puisqu’en aucun cas il ne remettra en cause les traités et les outils des marchés financiers qu’il a toujours soutenu.
    Alors, il faudrait donner sa voix à un Hollande qui sera « obligé » de mener la même politique que Sarko, ce qui amènera une grosse désillusion de la part de ceux qui l’auront soutenu.
    Or Marine Le Pen est à 18%. A la suite de ces désillusions inéluctables et à venir, il est fort à craindre que nous ayons fait dans ces conditions la courte échelle à Marine pour gagner la présidentielle 2017.
    Si les scores devaient se resserrer entre Hollande et Sarko, il sera toujours temps alors de donner un coup de pouce. Sinon, mettez un bulletin de vote Melenchon au deuxième tour. Il est temps d’arrêter de se moquer des électeurs.

  • JPR |

    Bienvenue Bramevac,
    La question n’est évidemment pas de faire confiance à François Hollande : nous ne sacrifions pas un mot de notre programme et nous ne soutenons pas le sien, nous ne donnerons pas nos logos pour leurs affiches et tracts, nous ne participerons pas à des meetings avec eux, et surtout nous ne demandons rien en contrepartie. Nous utilisons juste son bulletin, sans aucune illusion sur son action, pour chasser Sarkozy à coup sûr. Le premier mai, nous défilerons à la fois pour virer Sarko et pour la retraite à 60 ans !
    Mais il faudra, à terme, quand c’est nous qui donnerons son orientation à toute la gauche, savoir tous se retrouver pour être vraiment majoritaire dans le pays.

  • bramevac |

    Bonjour à tous,

    Je suis d’accord avec toi et d’ailleurs j’ai trouvé excellente la déclaration de Melenchon.
    Cela dit le fait de voter blanc est un choix personnel car je ne vois pas de différence entre une austérité de gauche et une austérité de droite et c’est au-dessus de mes forces de mettre un bulletin Hollande surtout qu’il n’en aura pas besoin.
    J’ai eu des échos de gens ayant voté Melenchon sur Plaisir, notamment Valibout, sur Trappes. Je peux dire qu’il va falloir qu’Hollande s’active s’il veut avoir les voix du Front de Gauche. Tous ces gens sont très déçus et écœurés du PS et je n’ai pas eu à dire ma position pour le deuxième tour pour qu’ils expriment ces sentiments.
    C’est un choix personnel, je ne vais pas faire campagne là-dessus, c’est à chacun de prendre ses responsabilités.

  • JPR |

    Aucun désaccord de fond, c’est clair : chacun lutte contre Sarko, la droite mais aussi toutes les formes de rigueur comme il le souhaite, et s’il juge le bulletin blanc plus efficace, c’est un choix légitime. mais à condition d’être bien sûr que sarko dégagera… On ne peut pas prendre le risque de le laisser passer, et la campagne n’est pas finie. D’autre part, il ne faut pas oublier que tous les socialistes ne sont pas des sociaux-démocrates et que c’est avec eux qu’il faudra reconstruire la gauche sur des vrais bases de gauche (qui sont évidemment totalement étrangères au programme de Hollande). N’insultons un avenir où il faudra se retrouver (mais jamais dans un gouvernement social-démocrate eurolibéral, ça c’est sûr !)

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