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Tous les enjeux d’un scrutin…
Catégorie: à Plaisir, dans les Yvelines, élections, en FranceLes 10 et 17 juin, nous allons élire nos représentants à l’Assemblée Nationale ; cette élection, même dénaturée par le mode scrutin uninominal, est la seule qui permet à tous les citoyens de choisir ceux qui feront les lois : elle est autrement plus démocratique et fondamentale que l’élection du monarque présidentiel, car jamais un homme n’incarne la diversité de la Nation quand une assemblée le peut, à travers ses composantes. Une sixième République sera nécessaire pour rétablir cette hiérarchie des pouvoirs, mais en attendant, faisons en sorte que notre présence au parlement reflète autant que possible dans ce système injuste notre influence politique réelle.
Les Français ont choisi de se débarrasser de Sarkozy —excellent choix !— et l’ont fait le 6 mai dernier, ce n’est évidemment pas pas pour voir revenir les mêmes orientations qui ont fait exploser les inégalités et créé la division dans notre société à coup de schémas démagogiques : salariés du privé contre fonctionnaires, Français de souche contre immigrés, travailleurs pauvres contre « assistés »… Stratégie vieille comme la droite qui consiste à faire que les malheureux s’étripent entre eux, tandis que discrètement, derrière le tumulte de ces querelles vaines, une oligarchie insatiable se goinfre sans vergogne ni limite. Stratégie aussi qui fait pourrir la société de l’intérieur par la peur, la haine et le désespoir qu’elle entretient et les radicalisations que cela suscite. Stratégie enfin qui banalise les idées immondes du racisme et du fascisme, cet autre visage et ce dernier recours de la droite. Il s’agit maintenant de donner à la gauche le moyen de gouverner, c’est à dire une majorité parlementaire, et elle l’aura sans nul doute à ce sujet.
Maintenant, il faut dire les choses avec clarté : si l’adversaire républicain (si tant est qu’elle le soit encore) est la droite, il y a concurrence au sein de la gauche. Non une concurrence pour des « places » mais des appréciations différentes de ce qu’il convient de faire dans notre pays, en Europe et dans le monde. Le Front de Gauche, on le sait, préconise de relancer l’activité économique par une politique de soutien de la demande, c’est-à-dire de permettre aux gens de consommer davantage en leur en donnant les moyens : augmentation généralisée des salaires, protection sociale restaurée, création d’emplois publics… Ce n’est évidemment pas compatible avec les politiques de rigueur —même prétendue « juste »— qui au prétexte du remboursement d’une dette illégitime nous demanderaient de nous serrer la ceinture ou imposeraient de nouvelles flexibilisations du travail alors que notre programme, au contraire, vise à créer de nouveaux droits pour les salariés dans l’entreprise.
En Europe, le Front de Gauche, qui ne s’est jamais reconnu dans le traité de Lisbonne, s’oppose radicalement au projet Merkozy qui voudrait imposer —au nom de cette dette illégitime— la règle d’or de l’équilibre budgétaire avec sanctions automatiques pour les contrevenants. Il s’opposera de même à un traité Merkhollande qui ne serait que l’ajout d’un volet croissance à ce texte d’essence libérale et il prône la désobéissance européenne jusqu’à ce que l’Union révise ses bases pour donner la priorité à l’harmonisation sociale et fiscale. Au niveau mondial, on ne peut que s’alarmer de voir Obama et Hollande s’accorder sur un bouclier antimissile qui nous amènerait à être encore davantage prisonnier d’une OTAN qui, rappelons-le, n’a plus depuis la chute du bloc de l’Est, la moindre raison d’exister, si ce n’est de nous vassaliser vis-à-vis de l’empire étazunien !
Alors, les 10 et 17 juin, il faut donner une majorité claire à la gauche, mais surtout pas l’hégémonie à une seule formation : il faut que toutes les sensibilités soient prises en compte dans les choix du gouvernement à l’aune de ce qu’elles pèsent vraiment, et ne nous leurrons pas, nous ne l’obtiendrons, en dépit d’un système électoral qui ne nous favorise guère, que si nous sommes incontournables, entre autres, pour l’adoption du budget par l’Assemblée Nationale. Plus le vote pour les candidats du Front de Gauche sera important, plus vous aurez la garantie d’une gauche qui ne retombe pas dans l’ornière du social-libéralisme, d’une gauche qui ne viole pas, un triste jour à Versailles, le choix démocratique de notre peuple, d’une gauche qui se donnera réellement les moyens de combattre la finance, d’interdire les licenciements boursiers, d’empêcher la spéculation…
En attendant, mercredi 30 mai, rendez-vous à partir de 19 heures au restaurant du château de Plaisir pour débattre avec Michèle Valladon notre candidate sur la 12ème circonscription et les militants du Front de Gauche.
JPR





