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L’Essentiel hors-série…
Catégorie: à Plaisir, dans les YvelinesJ’évoquais, il y a peu, le grands chantiers électoraux et les ambitions législatives de notre JR local… Eh! bien, la campagne d’autopromotion continue, et cette fois, aux frais du contribuable plaisirois, par le biais d’un numéro hors-série du bulletin municipal dont la première page a comme un air d’affiche électorale ! C’est qu’en effet, après leur pourvoi en cassation qui suspendait leur condamnation, Pierre Bédier et Jacques-Masdeu-Arus vont connaître dans les tout prochains jours la décision de la cour… qui devrait logiquement déboucher sur leur inéligibilité et donc l’organisation de législatives partielles.
Alors, notre JR s’est, d’ores et déjà et sans vergogne, mis en campagne… au mépris d’ailleurs de la légalité et des droits de l’opposition qui veulent qu’une place soit accordée à son expression dans les publications municipales vantant les réalisations de l’équipe en place. On comprend qu’il doit marteler son message concernant les finances municipales, et comme les élus d’opposition ont sévèrement dénoncé sa gestion spéculative, il n’est donc pas question qu’il les laissent brouiller sa propagande…
Pour rappel, je citerai notre publication (Contrepoint n°14) qui dénonçait la façon dont JR jouait avec l’argent des Plaisirois ou la tribune de l’opposition parue dans l’Essentiel du mois de novembre dernier :
Finances communales : comment perdre 800 000 € (extrait de Contrepoint n°14)
Comme toutes les communes, pour financer ses investissements la ville de Plaisir contracte des emprunts auprès d’organismes bancaires. Actuellement la dette communale est répartie sur des emprunts auprès de deux sociétés : Dexia et la Caisse d’Epargne.
La commune a contracté auprès de la Caisse d’Epargne deux prêts, l’un de 6 millions € négocié en juillet 2006 et l’autre de 3,65 millions € négocié en juillet 2007. Spéculateurs à courte vue, le Maire et son adjoint aux finances, ont fait le mauvais choix des « produits structurés à taux variable » que leur proposaient les banques.
Aussi, comme lesdits taux ont explosé, veulent-ils renégocier ces emprunts et ils ont demandé au Conseil Municipal le 25 juin 2008 d’adopter une délibération en ce sens. Le hic, c’est qu’il apparaît que le réaménagement de cette dette est subordonné à une indemnité de 800 000 € pour la Caisse d’Epargne. De quoi permettre à cet écureuil malin d’acheter beaucoup de noisettes !
Ceci soulève de nombreuses questions, notamment pourquoi, en jouant au trader amateur avec l’argent des Plaisirois, renégocier si souvent cette dette et qu’est-ce qui justifie cette indemnité phénoménale de 800 000 € que la commune doit régler.
Sur la première question on note d’une part que l’Adjoint aux finances aime particulièrement négocier et renégocier les emprunts, c’est son jeu favori, son péché mignon. C’est aussi d’autre part le moyen utilisé pour décaler dans le temps sans cesse plus loin la dette de la ville, donnant l’illusion de maîtriser ce qu’on ne fait que renvoyer au lendemain.
Sur la seconde question il est clair qu’en matière de finances il est dangereux de jouer les apprentis sorciers avec les professionnels des prêts bancaires, domaine de l’arnaque s’il en est. En effet dans les contrats qui ont été renégociés il y a 1 et 2 ans, des garanties suffisantes ne figuraient pas. Pourquoi nos éminents financiers municipaux ne l’ont-ils pas vu et exigé qu’elles y soient introduites ?
Cette situation est d’autant plus grave qu’il ne s’agit actuellement que du coût de la renégociation du prêt de la Caisse d’Epargne qui s’élève à un peu moins de 10 millions d’euros : qu’en sera-t-il de celui de Dexia qui se monte à 50 millions ?
Au Conseil Municipal du 25 juin, dans ses explications embarrassées aux questions des élus de gauche, le Maire a affirmé que ce dernier emprunt ne comportait pas les mêmes risques. Si c’est vrai c’est l’aveu que les négociations de 2006 et 2007 avec la Caisse d’Epargne ont été conduites d’une manière déplorables et les responsables, s’ils ont le sens des responsabilités, doivent en tirer les conséquences. Si ce n’est pas vrai, que coûtera la renégociation du prêt avec Dexia ? En attendant, d’après vous, qui va payer cette fabuleuse somme de 800 000€ ? Contribuables Plaisirois vous n’en avez pas une petite idée ?
Le leitmotive de l’impôt
De Regnault à Sarkozy, s’il y a un point commun (mais rassurez-vous, il n’y en a pas qu’un !), c’est bien celui de la haine de l’impôt. Il faut dire, c’est un discours porteur : personne n’aime reverser une partie de ses revenus à l’État ou la collectivité territoriale ; l’impôt n’a jamais été populaire, c’est donc un aubaine pour tout démagogue qui se respecte (mais qui ne respecte guère ses administrés) de crier haro sur la taxe ! Seulement, la bonne question serait « À quoi sert l’impôt ? » et même « Qui paiera pour ce que l’impôt ne finance plus ? ». La réponse est simple : ce que le contribuable ne paie pas, c’est l’usager qui le débourse… À moins qu’il n’en ait pas les moyens, auquel cas il doit se priver du service dont la solidarité de l’impôt lui permettait de bénéficier. Prenons un exemple simple que chacun comprendra : supposons qu’une municipalité dispose d’un cinéma qui, dans le louable souci d’ouvrir la culture à tous, pratique des tarifs qui ne couvrent pas tous ses frais de fonctionnement; c’est évidemment un bénéfice pour les jeunes ou les familles économiquement défavorisées, mais un coût pour la collectivité. La droite argue toujours de la « nécessaire » réduction de la dépense publique, aussi sera-t-elle tentée de céder l’exploitation de sa salle de projection à un investisseur qui en bon opérateur privé, n’aura que le souci naturel de rentabiliser son entreprise et pratiquera par conséquent les tarifs qui le permettent. L’édile de droite pourra se vanter de ne pas augmenter les impôts, mais pour que le contribuable ne paie pas davantage, c’est l’usager qui déboursera plus…
Cet exemple, qui pourrait vous rappeler quelque chose, est évidemment anecdotique, mais appliquez ce système à une multitude de services, aux cantines scolaires, à la gestion du personnel municipal… ou au niveau de l’État n’hésitez pas à vendre Gaz de France à Suez, à privatisez la Poste ou le transport ferroviaire, et vous pourrez diminuer, voire, qui sait? supprimer un jour l’impôt ! Mais nombre d’entre vous n’iront plus au cinéma, feront sauter des repas à leurs enfants se chaufferont un peu moins et ne voyageront plus… C’est que le service public est avant tout un facteur d’égalité. Pas le service privé, commercial par nature.
Certes, les impôts locaux, sont assez injustes en ce qu’ils ne sont pas assez proportionnels aux revenus du contribuable, mais personnellement, je ne suis pas choqué qu’un gros propriétaire terrien paie davantage de taxe foncière que celui qui s’est endetté pour acheter un lopin, ni que cette taxe redistribuée par le service public, alimente l’aide sociale, la culture, l’éducation… Le gros propriétaire, lui, doit être choqué. C’est pourquoi Sarkozy a inventé le « bouclier fiscal » pour le protéger et que les émules de celui-ci s’affiche en ennemis de l’impôt. Tant pis pour l’aide sociale, la culture, l’éducation…
Il faut toujours se souvenir que le combat contre l’impôt proportionnel, c’est toujours celui du nanti contre le service public égalitaire et pour accroître ses propres privilèges.
En attendant, notre JR fait flèche de tout bois pour assurer sa promotion électorale…
JPR






