La famille Bidochon

Qui donc ne se souvient de ce tract-présentation de liste datant de la campagne électorale de 2008 où apparaissaient sur un fond crépusculaire les sourires un peu figés et blafards des candidats du parti sarkozyste dans un beau cadre noir, grave et mélancolique comme un médaillon de l’art funéraire ? Je ne sais si cette composition spectrale était issue de l’imagination artistique de la spécialiste en communication de la liste municipale où elle était en deuxième position, mais toujours est-il qu’aujourd’hui le premier cède son siège de maire à la seconde.

Mme K., mairesse.

Alors, avant d’évoquer la réunion du conseil municipal d’hier soir, j’aimerais que nous essayons de découvrir ensemble cette habitante de Villiers-Saint-Frédéric qui dans un mois sera selon toute vraisemblance maire de notre ville.  Si aujourd’hui elle est inscrite  au registre des entreprises comme exerçant l’austère profession de conseillère « pour les affaires », il semble qu’elle se soit spécialisée dans des formations portant sur l’image personnelle, et plus particulièrement, celle de la personne en campagne électorale… Elle recycle ainsi dans l’intéressant marché de la formation des élus son expérience de femme de théâtre. C’est certainement à cette fin qu’elle a créé son entreprise il y a un an.

En effet, si l’on en croit les formations qu’elle assure, il s’agirait de « coaching » personnel, à l’instar de sa prestation à l’université des mairies, le 9 octobre dernier aux Pyramides de Port-Marly, où son intervention, avec sa comparse habituelle, Catherine Sexton de l’AFIPP, portait sur « valoriser le capital image« … intitulé où les choix lexicaux font opportunément se rencontrer le pire vocabulaire de la cupidité capitaliste avec l’idée de l’influence que peut exercer la communication non-verbale. Tout un programme !  Programme d’ailleurs que Mme K. n’hésite pas à développer, avec la même complice, dans le cadre de la préparation des élections municipales de 2014, en novembre prochain, dans le Val-de-Marne. On peut en télécharger les grands axes ici.

Qu’y a-t-il donc d’étonnant à ce que des personnes dont la carrière professionnelle a consisté à diriger des acteurs —et jouer soi-même la comédie— se reconvertissent dans le « coaching » politique ? En grec ancien, berceau de notre théâtre moderne, « acteur » se disait hupokritès… Inutile de préciser ce que ce mot a donné en français moderne !

A sa décharge, je dirais qu’elle a percé dans la mise en scène théâtrale à travers l’adaptation de bandes dessinées de Lelong et Binet, auteurs que j’apprécie particulièrement, tout spécialement pour la Carmen Cru du premier, cette épouvantable Tatie Danièle de la B.D. qui abuse de façon perverse de son grand âge pour profiter des gens.  B.D. dont la tonalité générale est à l’opposé des sourires compassés et du ton mielleux qui semble de rigueur chez l’adjointe à la culture. En voici quelques exemples, pour ceux qui ne connaîtraient pas :

Quant à l’adaptation qui lui valut son plus grand succès, ce fut certainement celle de « la famille Bidochon ».  Mais c’était bien avant qu’elle n’en devint elle-même membre en 2001…

Mme K. a aussi sa page facebook où l’on retrouve en bonne place, parmi ses amis —72, franchement ce n’est pas assez : elle doit négliger cet outil de communication — sa comparse en formation, quelques membres de la majorité du conseil municipal et même, posant devant la mairie… des Clayes :

Il est vrai que si on veut jouer à pister les amis facebook des uns et des autres, on fait des rencontres cocasses, ainsi parmi ceux dudit Bruno du MouDem on trouve, sans grande surprise :

Et voilà comment on Bidochonne en rond dans notre ville…

Allez, j’arrête là pour ce soir, le reste du conseil —et ce sera autrement sérieux— je le raconterai demain.

(à suivre)

JPR

 

2 Commentaires sur

La famille Bidochon

  • Karl_Popper |

    Fulgurant, bien entendu!
    J’ignorais que Mme K avait monté Carmen Cru (qui n’est pas si tatie Danielle que ça, elle a tout de même le don d’énerver les crétins,!) que j’aime bien, même si elle est accro au Fernet-Branca, ce qui est tout de même preuve d’une certaine perversité!
    Mais mettre en scène (et d’ailleurs, de quelle manière, puisque je n’ai pas vu le spectacle?) Carmen Cru n’est une étape dans l’existence de Mme K.: la reconversion en « coach » montre bien que s’y est substituée une dérive intellectuelle quelque part, non?
    Se souvenir de ce pauvre Robert Hossein (qui, lui, a l’excuse de la dégradation par l’âge) qui pond en fin de vie des bidules déo-bétifiants… et les rate!
    Sur le fond, par contre, la démarche « coaching politique » est significative: c’est la preuve par l’absurde que cette droite-là ne se bat pas pour des idées et leur application dans le concret pour le mieux-être de ses concitoyens, mais pour vendre un produit, baptisé « candidat », en tête de gondole du supermarché de la démocratie, en oubliant surtout au passage de se justifier politiquement: on est alors dans la simple démarche des « coups », des « opérations » , des « stratégies d’image », et autres billevesées marquetinge, mais surtout pas dans le débat d’idées (ceci dit, pour qu’il puisse y avoir débat, il faut être capable d’y exposer des concepts, des idées, des propositions…). C’est assez typique de voir au passage la prolifération des « éléments de langage », des phrases voulues assassines (que relaie une certaine presse avide de vendre du papier) ces dernières années! On a subtilisé l’analyse au profit de la seule propagande (et là, on sait où cela mène!), et dénoncé tout contestataire sur le fond, au motif qu’il ferait…. de l’idéologie!
    Dites-nous donc, Mme K., vous ne croyez pas, en vous regardant dans votre miroir, le matin, à Villiers Saint Frédéric, que le tissu même de votre démarche de « coaching » n’est que cela: de l’idéologie conservatrice, manipulée sournoisement, en reprenant toutes les vieilles ficelles du système libéral que vous défendez?
    Je vous en supplie, Mme K., lisez Noam Chomsky! J’ai écrit « lisez », parce que je doute d’une précédente lecture….
    Pas les ouvrages de linguistique, non, non, c’est probablement un peu compliqué, et sans doute parfois critiquable, mais « Propagande, médias, démocratie », avec Robert W. McChesney (Ecosociété, 2000),
    Jean Bricmont (vous connaissez?) avait dit que lire Chomsky « représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant ».
    CQFD.
    Salut et fraternité!

  • sdzfevffebbeeajkjj |

    ouahh !! JR élu au MARKETING !!!!!!!!!!!!!!

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