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Les élections européennes : quels enjeux ? 1) Faire respecter le NON de 2005.
Catégorie: élections, en France, EuropeL’Europe, telle que la vivent les Français, c’est quoi ? En tout cas pas cet hymne à la paix et la fraternité que nous chantent, avec trémolos et grandiloquence, ceux qui la co-gèrent depuis sa fondation, à savoir les tenants du libéralisme effréné et leurs compères sociaux-démocrates.
Cette vision angélique de l’Union Européenne, dont rêverait tout citoyen bien évidemment, ne masque plus la brutale réalité qui, du déchirement de l’ex-Yougoslavie au dumping social de Bolkestein, n’est que le hideux visage de l’exploitation capitaliste et de la mondialisation libérale. Et nous tous — enfin, presque tous : sûrement pas les plus nantis — en ressentons chaque jour toutes les conséquences néfastes, quand les usines ferment pour s’installer en Europe de l’Est, quand au profit de la mise en circulation de l’Euro, les prix flambent, quand notre service public égalitaire doit s’effacer devant le «marché», quand l’hôpital public, la sécurité sociale, le système des retraites, voire l’École républicaine, sont menacés tant par l’application de directives européennes que par le dogme du «toujours moins d’état, toujours plus de concurrence et d’initiative privée».
Ce sont ces politiques que les Français, avant les Néerlandais et les Irlandais (c’est à dire 3 des 5 peuples consultés par référendum !) ont rejeté clairement. Deux pays, c’est vrai, avaient voté majoritairement «oui» : l’Espagne, mais sur texte amputé des annexes qui en montraient le vrai visage libéral et le Luxembourg, paradis fiscal des banques d’affaires… Quant aux autres pays où un référendum était prévu, on jugea qu’il était urgent de ne surtout pas les consulter ! (Danemark, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni). Ainsi va la démocratie européenne, tant louée par les Tartuffes de tous bords..
Après les rejets Français et Néerlandais du Traité Constitutionnel (œuvre de Giscard d’Estaing, rappelons-le au passage), Nicolas Sarkozy a refondu le même texte dans une nouvelle architecture, en a retiré la bénigne charte sociale, seul élément un tant soit peu positif du traité (mais qui n’était même pas contraignant), et, toujours en fonction de cette brillante démocratie européenne a décidé qu’il ne serait pas ratifié par voie référendaire, selon la recommandation de José Manuel Barroso, Président de la commission européenne, lors de la cérémonie de paraphe du traité de Lisbonne : « Attention à ne pas céder à la pression en faveur de consultations populaires ! ».
Et ainsi le déni de démocratie fut complet quand, au mépris total de la volonté populaire le parlement ratifia à Versailles le traité de Lisbonne, obtenant la majorité qualifié grâce à l’acquiescement passif du parti socialiste qui n’a pas été rebuté par ce mépris du suffrage populaire.
Tout est dit sur la conception de la “démocratie” des libéraux européens, qu’ils se soient “ultra” ou se disent “sociaux”: elle consiste à s’asseoir sur la volonté populaire quand elle dérange leurs projets.
Souvenons-nous en le 7 juin, et notre vote pour le Front de Gauche signifiera aussi notre exigence de voir respectée la volonté des Français exprimée la 29 mai 2005 par le NON à la Constitution européenne. C’est un des enjeux de ce scrutin.



