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L’Europe sociale est un leurre !

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En tout cas dans le cadre du traité de Lisbonne que les mousquetaires de la pensée unique soutiennent en chÅ“ur.  Certes, tous, la main sur la poitrine et avec le « bleu regard qui ment », vous proclament : « Si, si, cette fois, on la fera…». Il n’en est pas un pour dire le contraire.  Le faire, par contre, si !  Tous soutiennent le traité de Lisbonne qui comprend, à l’article 153 (TFUE, ex-article 137 TCE) les dispositions suivantes (article intégral, bien retenir l’essentiel !) :  

1. En vue de réaliser les objectifs visés à l’article 151, l’Union soutient et complète l’action des États membres dans les domaines suivants:

a) l’amélioration, en particulier, du milieu de travail pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs;

b) les conditions de travail;

c) la sécurité sociale et la protection sociale des travailleurs;

d) la protection des travailleurs en cas de résiliation du contrat de travail;

e) l’information et la consultation des travailleurs;

f) la représentation et la défense collective des intérêts des travailleurs et des employeurs, y compris la cogestion, sous réserve du paragraphe 5;

g) les conditions d’emploi des ressortissants des pays tiers se trouvant en séjour régulier sur le territoire de l’Union;

h) l’intégration des personnes exclues du marché du travail, sans préjudice de l’article 166;

i) l’égalité entre hommes et femmes en ce qui concerne leurs chances sur le marché du travail et le traitement dans le travail;

j) la lutte contre l’exclusion sociale;

k) la modernisation des systèmes de protection sociale, sans préjudice du point c).

2. À cette fin, le Parlement européen et le Conseil:

a) peuvent adopter des mesures destinées à encourager la coopération entre États membres par le biais d’initiatives visant à améliorer les connaissances, à développer les échanges d’informations et de meilleures pratiques, à promouvoir des approches novatrices et à évaluer les expériences, à l’exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des États membres;

b) peuvent arrêter, dans les domaines visés au paragraphe 1, points a) à i), par voie de directives, des prescriptions minimales applicables progressivement, compte tenu des conditions et des réglementations techniques existant dans chacun des États membres. Ces directives évitent d’imposer des contraintes administratives, financières et juridiques telles qu’elles contrarieraient la création et le développement de petites et moyennes entreprises.

Le Parlement européen et le Conseil statuent conformément à la procédure législative ordinaire après consultation du Comité économique et social et du Comité des régions.

Dans les domaines visés au paragraphe 1, points c), d), f) et g), le Conseil statue conformément à une procédure législative spéciale, à l’unanimité, après consultation du Parlement européen et desdits Comités.

Le Conseil, statuant à l’unanimité sur proposition de la Commission après consultation du Parlement européen, peut décider de rendre la procédure législative ordinaire applicable au paragraphe 1, points d), f) et g).

3. Un État membre peut confier aux partenaires sociaux, à leur demande conjointe, la mise en Å“uvre des directives prises en application du paragraphe 2 ou, le cas échéant, la mise en oeuvre d’une décision du Conseil adoptée conformément à l’article 155.

Dans ce cas, il s’assure que, au plus tard à la date à laquelle une directive ou une décision doit être transposée ou mise en oeuvre, les partenaires sociaux ont mis en place les dispositions nécessaires par voie d’accord, l’État membre concerné devant prendre toute disposition nécessaire lui permettant d’être à tout moment en mesure de garantir les résultats imposés par ladite directive ou ladite décision.

4. Les dispositions arrêtées en vertu du présent article:

- ne portent pas atteinte à la faculté reconnue aux États membres de définir les principes fondamentaux de leur système de sécurité sociale et ne doivent pas en affecter sensiblement l’équilibre financier;

- ne peuvent empêcher un État membre de maintenir ou d’établir des mesures de protection plus strictes compatibles avec les traités.

5. Les dispositions du présent article ne s’appliquent ni aux rémunérations, ni au droit d’association, ni au droit de grève, ni au droit de lock-out.

En résumé, (ce que j’ai mis en gras) pour les mesures sociales, le Parlement est consulté (c’est toujours ça…) mais c’est la commission -instance non démocratique- qui propose au Conseil -autre instance non démocratique- lequel décide, et à la très hypothétique unanimité en plus…  Il n’est bien sûr pas question de tendre à harmoniser les législations sociales et les prescriptions en la matière doivent être minimales (et mises en Å“uvre tout doucement !).  Mais il n’est surtout pas question qu’elles soient contraignantes ni qu’elles contrarient les entreprises.  Avec du « social » comme ça, l’Europe du XXIème siècle rappelle fichtrement les houillères du XIXème.

Voilà une raison de plus, s’il en fallait encore, pour écarter de votre choix du 7 juin toutes les listes qui soutiennent le traité de Lisbonne et voter pour le Front de Gauche.

À demain,

JPR

2 Commentaires sur

L’Europe sociale est un leurre !

  • kate |

    l’Europe un rêve qui est devenu une simple construction économique ! Dommage, nos technocrates se sont plantés en favorisant l’économie sur les traités politiques.

  • Michel |

    Chapeau pour ce blog super bien fait ! Et pour cette démarche pédago !
    Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, le projet européen a été porté par les forces politiques de droite et sociales-démocrates ( y compris donc les partis socialistes), par les puissances économiques pour contrecarrer la présence soviétique en Europe et ce avec le soutien actif des USA. Dès l’origine ce fut un projet néo-libéral pour asseoir le système capitaliste. Donc point de social sauf sous la pression des peuples, point de social tant que les actuels traités prévaudront. Il faut changer la donne en Europe aussi. Il faut absolument lire le livre cité en haut de la page « l’Europe sociale n’aura pas lieu » et votez Front de Gauche le 7 juin

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