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Politique locale, politique nationale

À lire ou entendre les médias (qui appartiennent pour la plupart aux amis de M.Sarkozy), à en croire les sondages (qui imposent les problématiques et forment l’opinion plus qu’ils ne la reflètent): les élections municipales, c’est d’abord un enjeu local, ni politique, ni national, ni droite, ni gauche, j’aurais presque envie d’ajouter ni bouc, ni bique… Cela se résumerait au choix de personnalités compétentes pour administrer la cité dans le respect, bien sûr, du cadre imposé par le prince…

D’abord, il y a malhonnêteté intellectuelle à créer cette fausse opposition entre le local et le national : la Nation, qu’est-ce d’autre que la somme de ses territoires locaux et le génie de la population qui y vit ? Et n’est-ce pas à travers cette vie “locale” qu’est avant tout la nôtre, que nous subissons les effets des grandes orientations nationales libérales, que nous construisons malgré tout nos projets et cherchons à améliorer nos conditions d’existence ? Notre emploi, notre logement, nos écoles et nos marchés sont locaux et ce sont bien eux qui forment la trame du tissu vivant de la Nation. Alors, oui, le local est bien national.

Ensuite, qu’y a-t-il de plus politique -au sens noble- que de vouloir s’occuper concrètement de la vie de la cité et de ses habitants ? Ce n’est pas qu’une question de gestion, ou de “gouvernance” comme disent les technocrates du monde de l’entreprise : cette charge impose des choix et dans les domaines fondamentaux comme le logement, l’emploi, le service public, l’accès à l’éducation et à la culture… ceux de droite et ceux de gauche, ne sont assurément pas les mêmes, et ajoutons qu’il n’en existe pas qui ne soient ni droite-ni gauche. En dernière analyse, on retrouvera toujours l’égalité de tous contre le privilège des nantis, l’émancipation humaine contre l’exploitation des plus faibles, la solidarité face à l’égoïsme de ceux qui accaparent pour eux seuls le produit du travail de tous.

Enfin, les choix souverains faits localement sont aussi un avertissement adressé à tous ceux qui veulent nous mystifier en masquant ces enjeux, à ceux qui voudraient détricoter tranquillement tous les acquis sociaux issu de la Résistance, voire du Front populaire (retraites qu’ils ne veulent plus financer, sécurité sociale qu’ils souhaitent livrer aux appétits de l’assurance privée, code du travail pour leur offrir des travailleurs sans défense, impôt progressif que les plus nantis paient de moins en moins…).

En s’exprimant fortement contre eux les 9 et 16 mars nous leur crierons notre refus de toutes ces régressions et notre révolte, mais cela ne suffit pas, nous nous donnerons aussi l’assise territoriale d’une reconquête nationale : c’est à partir des orientations clairement de gauche des politiques municipales que nous résisterons aux mesures antisociales et libérales du gouvernement, que nous redonnerons confiance aux populations déçues et que nous construirons ainsi les solutions alternatives de demain.

JPR

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