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La messe est dite…

7 juin

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…Et elle a eu des accents douloureux pour certains, ceux qui n’ont toujours pas compris le ras-le-bol des peuples vis-à-vis de cette Europe-là et ceux qui ont spéculé sur cette campagne pour viser la Présidentielle de 2012. Et ce fut une messe de requiem pour François Bayrou et le Modem qui se trouvent justement être dans ces deux cas…

Le parti socialiste réalise un score historiquement bas, en France et dans l’ensemble de l’Europe : les électorats de gauche ne se sont pas mobilisés pour lui, et ça ne peut surprendre personne, dans la mesure où, au niveau européen, il a toujours cogéré les politiques libérales avec le PPE.  L’électorat de droite, dans une parfaite symétrie, lui se mobilise évidemment beaucoup mieux pour approuver cette Europe financière et atlaniste qui écrase les peuples.  Ajoutons à cela qu’en France,  l’invraisemblable cacophonie due au choix du candidat socialiste à la Présidentielle de 2007 et les guerres picrocholines qui s’ensuivirent avec le congrès de Reims, n’améliorèrent guère les choses… Ce serait cependant une erreur grossière de voir en ces dernières la seule raison de l’échec cuisant, car c’est aussi un échec de toute la social-démocratie européenne : le groupe PSE passe de 218 à  161 membres !  Espérons que le PS le comprendra cette fois, et comprendra aussi que le changement ne peut venir que du rassemblement majoritaire de la gauche, sur des bases vraiment antilibérales, et sur un projet clair, ambitieux et partagé par tous, dans le respect de l’identité et de l’indépendance de chacun.  Hélas ! quand on voit que les noms de Valls, Peillon et même Moscovici sont avancés pour entrer à la direction de ce parti, on peut craindre que celui-ci ne soit pas sorti de l’ornière libérale, ni des conflits de personnes car  les querelles se poursuivent, avec Aurélie Philipetti qui manie le petit couteau pour Ségolène et Malek Boutih, qui multiplie les déclarations contre Martine Aubry, lui dont on a parlé pour rejoindre le gouvernement.

Le cas du Modem est encore plus édifiant : parti européiste s’il en fut, il essuie un revers cinglant, réussissant à perdre non seulement, à l’instar des socialistes, un électorat à la sensibilité plus ou moins centre-gauche désorienté par les politiques européennes, mais aussi sa base de droite UDF du fait de ses attaques contre Sarkozy.  Il apparaît donc comme le grand perdant et son avenir, comme celui de son leader semblent lourdement obérés. Ce n’est pas cela qui nous attristera, c’est la fin naturelle des tartufferies ni droite-ni gauche…  Eux aussi ne remettront pas en cause leurs orientations politiques et imputeront leur échec à des anecdotes de campagnes, tandis que les Verts et le Nouveau Centre les dépouilleront de leurs dernières personnalités.

Le NPA n’a pas fait la percée qu’il espérait et n’aura pas d’élu, même s’il parvient localement à des scores honorables : il paie le prix d’avoir préféré la logique sectaire de renforcement partisan et la mise sur orbite d’Olivier Besancenot à un rassemblement unitaire dans le Front de Gauche.  C’est d’autant plus dommage qu’une dynamique du rassemblement aurait élargi la base de « l’autre gauche » (celle du NON, qui dépasse quand même 12% malgré la désunion), et, qui sait ? l’aurait peut-être placée en tête de toute la gauche…

L’état des lieux à gauche est donc bien triste, seul le Front de Gauche, sans non plus faire la percée espérée, réussit à gagner deux sièges de plus et entrouvre ainsi une perspective de construction d’un rassemblement à visée majoritaire, tandis que, bien sûr, les Verts raflent la mise, autant parce que les préoccupations concernant la planète deviennent de plus en plus lourdes que par défaut, pour une partie de l’électorat, qui exprime ainsi son ras-le-bol devant l’incapacité de la gauche à offrir une véritable alternative, et se place dans une perspective moins politique que sociétale, trouvant une position consensuelle dans le thème « sauvons la planète ».  Mais gageons que le retour du politique effritera vite ce consensus ; face à la crise et au moment d’autres échéances électorales, l’improbable attelage du libéral-libertaire Cohn-Bendit chantre du OUI de 2005 et de José Bové, l’un des leader principaux du NON antilibéral, aura bien des contradictions à surmonter.

L’UMP ne doit sa victoire qu’au fort taux d’abstention d’un électorat de gauche démobilisé qui n’a que faire d’une Union Européenne dont la principale préoccupation est de préserver la rente du capital au détriment des politiques sociales.  Trente années d’élections européennes attestent clairement de ce désintérêt croissant :

Participation

Participation

À Plaisir, ce phénomène est évident si on compare les bureaux de vote selon leur participation : les six bureaux qui ont la plus forte participation sont ceux du centre-ville et des lotissements pavillonnaires excentrés (Les Gâtines, La Boissière et la Mare aux Saules); elle est, en moyenne, supérieure de 10% à la participation nationale et ils accordent presque 40% des suffrages à l’UMP.  Le bureau Jules Vallès, aux Gâtines, avec 53,74 % de participation donne près de la moitié de ses suffrages à la liste UMP (49,19 %).

À l’opposé, les six bureaux qui accusent la plus faible participation, avec un score moyen inférieur à 31 % ne donnent que 17,5 % à l’UMP; ce sont évidemment les bureaux des quartiers populaires (La Haise, Valibout, Aqueduc), la plus faible participation étant relevée au Valibout (Louise Michel), avec un taux de 22 %. C’est également le bureau qui, avec 11,6 %, a été le meilleur pour le Front de Gauche, résultat supérieur à celui de l’UMP (10,9 % dans ce bureau) !

Le sujet de l’abstention avait déjà été traité en mars 2008, rien n’a vraiment changé depuis.  Et il n’y a pas de raisons que ça change aussi longtemps que la gauche ne saura pas ouvrir une alternative politique réelle. Ces résultats montrent encore une fois l’urgence d’avoir enfin un projet de gauche, rassembleur et ambitieux, qui puisse remettre espoir et dynamique au cÅ“ur de notre peuple et ouvrir enfin un débouché politique aux mouvements sociaux qui se multiplient et à la colère qui monte.

JPR

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