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Conseil Municipal : le nez dedans !

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Notre JR se targue souvent de n’avoir pas augmenté les impôts de ses administrés.  C’est vrai, et qui s’en plaindrait ? Nul n’aime devoir débourser… Il ne faut cependant pas oublier à quoi sert l’impôt : faire du service public, donc plus de justice, plus d’égalité… Renoncer au service public, c’est laisser la place au service privé, dont la caractéristique essentielle est de chercher non l’égalité de tous, mais la rentabilité. Et il n’est pas dit que l’usager, transformé en l’occurrence en client, s’y retrouve ! C’est même le contraire qui se produit. Normal, c’est la loi du commerce.  Et, de plus, tant pis pour ceux qui ne pourront pas payer : n’a-t-on jamais entendu parler d’enfants qui sautent un repas faute de pouvoir payer la cantine, du prix excessif de l’eau là où sa gestion est assurée par le privé ou de la différence de tarif et de programmation entre un cinéma municipal et un multiplexe privé.  Et justement, à l’ordre du jour de ce conseil, il y avait un point qui concernait le Becker… Euh ! Pardon, Cap’Cinéma.  

L’entreprise privée, me direz-vous, contribue aux finances municipales par le biais de la taxe professionnelle et permet donc à la Ville des actions dans les domaines de la culture, du social, des écoles, etc.  Eh ! bien, ce n’est pas sûr du tout ! La preuve :

À notre réunion du Conseil Municipal du jeudi 25 juin, figurait une délibération visant à exonérer à hauteur de 100 % de la part communale de la taxe professionnelle la société Cap’Cinéma pour la salle de projection qu’elle exploite dans notre ville, société qui avait déjà bénéficié à plusieurs reprises des largesses de notre maire. J’en ai justement fait l’historique dans une petite intervention qui n’a visiblement pas fait le bonheur de Joël Regnault ni de sa majorité…

Monsieur le Maire,
Je ne vous dirai pas que j’ai été surpris de votre décision de prolonger la période d’éxonération à 100% de la part communale de la TP que devrait verser Cap’Cinéma à la Ville… Non, vous nous avez trop habitués à vos cadeaux à cet investisseur privé…
Je ne rappellerai pas non plus dans quelles conditions vous avez bradé la licence d’exploitation, ainsi que le fonds et le matériel pour une somme prévue initialement à la hauteur de seulement 80 000 € le 18 septembre dernier. La Ville, disiez-vous, ne cédait sa licence avant l’échéance du bail qu’à la condition que la société Cap’Cinéma reprennent les 11 salariés.
Vous évoquiez alors un abandon de 30 à 66 % de TP pour maintenir par convention l’activité «Art & essai» de cette salle projection qui devait être transformée en multiplexe. Mme Kollmannsberger certifiait, lors de ce même conseil que les actions en direction des écoles et des jeunes continueraient à être proposées. Le début des travaux de transformation était prévu pour l’été 2009 -c’est-à-dire maintenant- et devaient durer jusqu’à fin 2010.
Ces conditions de cession voulues par la majorité municipales et que quiconque jugerait très favorables à la société Cap’Cinéma, ne devaient pas lui suffire, puisque celle-ci obtenait le 20 novembre, de cette même majorité, que le montant de l’opération soit ramené de 80 à 40 000 €. De plus, répondant à une question, Mme Kollmannsberger ne pouvait plus garantir le positionnement de Cap’Cinéma par rapport aux interventions spécifiques que Becker menait en direction des écoles, et répondant à une autre, posée par M. Malivet, vous admettiez, M. le Maire que les interrogations sur la pérennité de l’activité étaient légitimes… Bref, en bradant cette activité culturelle municipale, on lâchait bien la proie pour l’ombre, comme cela avait été dit au conseil de septembre, et c’est pourquoi, lors de ces deux conseils, le groupe de gauche a voté contre ces propositions.
Mais les cadeaux ne se sont arrêtés pas là : lors du conseil du 18 décembre, c’est, je cite, pour «accompagner l’installation» de Cap’Cinéma dans la période avant les travaux que vous avez proposé une exonération de 100% de la TP, déclarant, je cite encore : «cette décision n’engage pas les années futures» mais seulement 2009.
Au conseil du mois de mars, Mme Kollmannsberger a confirmé le report du début des travaux de fin juin à fin décembre 2009, ce qui signifie que si les travaux commencent effectivement à cette date cette nouvelle demande d’éxonération, non seulement est contraire avec votre engagement de limiter cette faveur à 2009, mais de surcroît n’a guère de sens, puisqu’il n’y aura plus d’exploitation pendant les travaux.
Je vous adresse donc les 4 questions suivantes, auxquelles j’espère des réponses précises :
1° quand les travaux du centre commercial commenceront-ils, et si c’est le cas, pourquoi sont-ils reportés ?
2° vous engagez-vous formellement à ce que cette exonération indue ne perdure en aucun cas après 2010 ?
3° avez-vous au moins obtenu de Cap’Cinéma que les activités spécifiques en direction des écoles soient reprises ?
4° est-ce que tous les salariés de Becker ont bien été conservés par Cap’Cinéma; conformément aux engagements de cette société ?

Le nez dans ses contradictions, notre JR éructa, comme d’habitude, quelques propos méprisants sur la gauche, manifestant bien par là qu’un point sensible avait bien été touché, mais chercha à esquiver les réponses précises que j’avais demandées.  Pas étonnant, car après avoir insisté, force lui a été d’admettre qu’il ne s’engageait nullement à ne pas continuer l’exonération de la taxe professionnelle, qu’en ce qui concerne les écoles, ce serait à celles-ci de négocier un éventuel partenariat avec Cap’Cinéma, et que les anciens salariés de Becker avaient été accompagnés par la Ville dans leur licenciement… Bref, il avait tout faux dans ses promesses antérieures !  Et quid de celle qu’il nous faisait alors ?

En effet, à l’en croire —et on aurait bien tort— ce nouveau cadeau à Cap’Cinéma était justifié par le fait qu’il obtenait ainsi le maintien de l’activité Art & Essai.  Oui, on aurait bien tort de le croire, car cette société, qui exploite une douzaine de multiplexes, pratique dans toutes les villes où elle est implantée une telle programmation, c’est même une de ses caractéristiques qu’elle rappelle le 29 mai dernier dans un communiqué de presse :

Parallèlement au développement des multiplexes, la particularité de CAP’CINEMA est de maintenir une politique Art et Essai importante dans l’ensemble de ses salles, soit directement dans les multiplexes, soit en conservant les salles de centre-ville et en les dédiant totalement à l’Art et Essai.

Il nous faudra donc remettre le nez dedans à M. Regnault : il n’a rien obtenu du tout en contrepartie de cette exonération !

JPR

Ceux qui le souhaiteraient peuvent retrouver les différentes notes traitant du cinéma Becker grâce aux liens ci-dessous.

9 septembre

19 septembre

21 septembre

2 octobre

6 novembre

12 novembre

18 décembre

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