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Pinocchio…

À l’en croire, Joël Regnault n’était au courant de rien, et chaque fois que l’opposition s’inquiétait de l’avenir du Becker, il la berçait de propos rassurants et de serments solennels sur son attachement au cinéma d’art et d’essai et à la culture pour tous…

Mentirait-il ? Bien sûr que non : c’est simplement parce qu’il ne savait pas que les plans du futur multiplexe étaient déjà faits sinon, il les auraient dévoilés au Plaisirois, ni que les contacts de son adjointe à la culture avec Cap’Cinéma étaient déjà pris, sinon il en aurait débattu avec la population, et encore moins qu’elle avait visité les salles, que cette société exploite déjà en France, pour savoir ce qui attendait les Plaisirois (mais ce qu’eux n’attendaient guère !), sinon, bien sûr, il les aurait présenté dans le bulletin municipal pour que chacun se fasse une opinion…

En fait, il ne voulait surtout pas le savoir… façon de dire plutôt, qu’il ne voulait pas que ça se sache et qu’on en parle, surtout avant les élections municipales. Ce n’était pas très porteur de proclamer qu’il optait pour un centre commercial tentaculaire traversé par un axe à grande circulation, en sacrifiant notre cinéma au bénéfice de ceux qui ne voient en la culture qu’un marché juteux…

Un tel mépris pour la démocratie locale, cela s’appelle la “politique de la droite” : les citoyens n’ont pas besoin d’être informés ni consultés, ils ont signé un chèque en blanc pour toute une mandature, alors, on peut faire les mauvais coup en catimini, et ensuite essayer de les justifier, tantôt par une prétendue contrainte (« on n’avait pas le choix ! »), tantôt par le supposé bénéfice qu’en retireront les Plaisirois en matière de commerce, même si au passage le maire abandonne jusqu’à 66% de la taxe professionnelle que cette activité pourrait rapporter à la ville.

Alors pourquoi en débattre au préalable avec les Plaisirois ? a-t-il dû se demander, ils ne seraient sûrement pas capables de comprendre…

Voire pire : il fallait le taire car, peut-être, comprendraient-ils que Joël Regnault et son équipe se moquaient d’eux !

Pour bien montrer que ce projet ne tombe pas du ciel, je vous invite à consulter la tribune parue dans l’Essentiel n°64 dès décembre 2007 sous la plume de Patrick Gérault, alors président du groupe de gauche. Pendant un an au moins, Joël Regnault a dissimulé son intention au Plaisirois.

Le temps d’être réélu, quoi…

JPR

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