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C/honteux !

C/Politique est une nouvelle émission dominicale du service public. Dès sa deuxième édition, ce week-end de fête de l’Huma, on a été fixé sur sa nature : bien dans la ligne des Calvi et autres vedettes des médias asservies à la pensée officielle, Nicolas Demorand se comporte plus en militant qu’en journaliste. Voici le compte-rendu qu’il fait de la fête de cette année dont chacun pourtant s’accorde à reconnaître et la portée politique, et l’exceptionnelle affluence.  Autant de raisons certainement pour vouloir en diminuer la portée…
Visionnons et décryptons :
Rappelons-nous que construire un reportage -car ça se construit, on ne peut pas tout montrer-, c’est choisir ce qu’on donne à voir et le commenter; le choc des images et le poids des mots, comme le proclamait l’hebdomadaire officiel de la Sarkosie.  Et ici, les images sont bien expressives et les mots généreusement pesés !
Ça commence, bien sûr, par l’accueil réservé à Mitterrand…  
Sûrement parce qu’aux yeux de Nicolas Demorand, c’est l’événement principal de cette fête : vous vous rendez-compte, ma bonne dame, la foule huant un gentil ministre de la culture sarkozyste, non-invité, certes, mais venu voir son bon peuple. Oh! « pas par provocation du tout », nous explique-t-il en posant à la victime pleine d’indulgence, mais « pour l’échange et le dialogue » !  Quel contraste avec cette populace vulgaire et sectaire qui le rejette avec l’argument sommaire « on n’est pas de la droite, non! », « une audace de merde » mais qui concède avec une exquise élégance verbale et un accent faubourien « mais il en a dans le cul, au moins il vient ! ».  C’est certainement les seules réactions que l’éminent journaliste a recueillies… sinon, il faudrait croire qu’il les a choisies à dessein. Évidemment impensable !
Mais ce n’est là que la mise en bouche, car il va nous régaler de son mépris du peuple et du parti communiste, car, n’est-ce pas, comme le dit la commentatrice sur le ton du constat qu’il faudrait partager avec elle : « …vitrine du parti communiste et de son journal, mais la boutique communiste n’a plus grand chose en rayon« ; affirmation non étayée du moindre argument, mais par contre formulée avec des choix insistants de vocabulaire : « vitrine », « boutique », « rayon » mots qui, dans ce contexte, sont particulièrement dévalorisants en ce qu’ils réduisent une instance de réflexion et d’intervention politique à une quelconque activité marchande.  On trouve habituellement ce genre de termes dans la polémique, pas quand on se réclame de l’objectivité journalistique.  Dans le même ordre d’idées, et en encore plus insidieux, il y a cette capacité à donner implicitement une orientation négative à l’information par de petits mots. Exemple : « le PC affiche à peine 100.000 cotisants ».  Bien peu de partis politiques ont tant d’adhérents, mais le PC ne fait que les afficher —sous-entendu, ce n’est peut-être même pas vrai ; et la locution »à peine » n’est là que pour faire déchiffrer l’information « 100.000″ comme un échec.  On peut se demander ce que dirait donc notre commentatrice du Modem ou du Nouveau Centre ? Je ne sais pas, on pourrait lui suggérer « le Modem, fort déjà de 22.000 adhérents » ou « le NC compte quand même 6.000 inscrits… », ce qui leur donnerait un net avantage par rapport à l’effectif du PCF, au moins dans l’orientation argumentative de la phrase sinon dans l’information réelle.
C’est vrai que ces 100.000 cotisants communistes ne l’empêchent pas de proclamer que le parti est déserté par les militants et les jeunes, illustrant le propos d’un jeune apparemment alcoolisé qui braille une vague « Internationale » dans un mégaphone à 10 €…  Le théâtre, la cité du Livre, la présentation du film de Guédiguian, la programmation culturelle, le Village du Monde et les dizaines de débats qui sont le cœur de cette fête sont étrangement absents de ce reportage.
Flash-back et fondu-enchaîné sur le marché du Blanc-Mesnil la veille où Marie-George distribuait le programme de la fête : « La chef du parti assure elle-même la promo, flyers en main ». Réduite au rôle de chef de rayon ! Evidemment, puisqu’il n’y a plus personne au Parti ! Et d’appuyer cette évidence de la question : « C’est vous qui vous y collez, là ? » en choisissant des prises de vue montrant un marché plutôt vide, assez logique par une matinée pluvieuse de semaine, mais renforçant l’idée de l’isolement des communistes, clou que vient enfoncer le commentaire : « Pas facile d’attirer les foules, même quand on est n°1 du parti » ; commentaire qui ne rappelle pas que la liste menée par un communiste l’a emporté aux municipales du Blanc-Mesnil, malgré une triangulaire avec deux listes de gauche au second tour, ni que Marie-George en a été réélue députée avec 56 % en 2007… Non, l’image des communistes doit être celle d’une détresse solitaire sous la pluie dans un marché désert pour avoir grâce aux yeux de Nicolas Demorand…
Mais revenons à la fête.  Comment donc expliquer l’affluence populaire si les communistes sont aussi isolés ?  Mais c’est tout simple : d’abord, ils misent « tout sur ces trois jours », et avec en image de fond l’incontournable cliché des merguez en train de griller : « Merguez, frites, concerts, les jeunes sont là, mais de moins en moins pour la politique », ce que confirme justement un micro-trottoir —outil scientifique éprouvé— d’une unique table de jeunes dépolitisés ; et de conclure que « l’esprit de l’Huma » se perd car le PC n’est plus qu’un « organisateur d’événementiels« .  Et si cette affluence est un record, le PC doit quand même « gagner les foules« . Par des adhésions, bien sûr « car la fête c’est d’abord ça » précise notre commentatrice.  Encore un petit mot qui hiérarchise drôlement la richesse et la diversité intellectuelle et culturelle de cette rencontre.  Et puis, une personne annonce qu’elle a fait deux adhésions, ce chiffre, hors de tout contexte précis, rapproché de l’affluence de visiteurs se veut certainement pathétique dans l’esprit de la prétendue journaliste, comme les questions « À quoi ça sert, la fête de l’Huma ? », ou, adressée à Mélenchon, « Le parti communiste, ça sert encore à quelque chose ? »  On se le demande, bien que « ce matin, Martine Aubry a même fait le déplacement »… Fort heureusement, Nicolas Demorand conclut, pour ceux qui n’auraient pas capté le message : « assez triste tout de même, non ? »  Voilà donc le bilan honnête qu’un journaliste honnête est capable de faire de cette fête.  Gageons qu’il a beaucoup d’avenir en Sarkozie…
Pour ceux qui n’étaient pas à la fête, en voici une autre image qui réunit samedi, après-midi, des représentants de toute la gauche politique et syndicale dans un débat sur son avenir face à un large public, ces gens que les Demorand et consorts méprisent tant :
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2 Commentaires sur

C/honteux !

  • william |

    La hargne des médias au service de la sarkozie se déchaine.Rien d’étonnant. Ils prouvent tout simplement que la fête de l’humanité est toujours un immense succès populaire
    et politique aux antipodes de la soumission idéologique à la droite,à ses valets et aux puissances financières.
    Celles et ceux qui ont parcouru les allées autour de la grande scène de la fête samedi
    dernier après midi, ainsi que le soir, ont forcément croisé des dizaines de milliers de jeunes,enthousiastes et heureux d’écouter des concerts musicaux à leurs goûts.

    Mais qui détient les journaux et les télévisions aujourd’hui ??
    Voilà la question essentielle.

    La fête de l’huma, c’est un bol d’air pour tout véritable opposant à la politique
    de droite avec ses drames du chômage, de la précarité, des licenciements, la baisse des revenus, des suicides au travail, les problèmes de logement, la spoliation de l’épargne, les classes surchargées etc… et la liste est longue !!!
    La fête c’est aussi, la solidarité avec les peuples confrontés à la famine, aux maladies ou à la guerre. Vivant sous des dictatures, ils luttent pour la liberté et leur dignité.

    Alors, il faut flinguer ces résistances à ces politiques. Certains médias s’en donnent à cœur joie. Ils sont les armes de cette tentative de démolition. Et bien évidemment,ridiculiser la première responsable du pcf est une habitude lâche et une saloperie ordinaire.
    D’après le journal l’humanité d’hier, mille quatre cent cinquante personnes ont adhéré
    au PCF. Ces adhésions ne se font pas à la légère. Ils s’additionnent à plus de cent mille adhérents qui cotisent et font un pied de nez pour rester correcte, à ces médias pourris….

  • JPR |

    Tu as tout-à-fait raison, William. J’ajouterai qu’il est urgent de porter une dénonciation forte et une critique argumentée du sale travail idéologique que font les médias. il ne faut pas laisser TF1 et consorts décérebrer nos compatriotes ! Et dire que Demorand sévit sur le service public, financé par nos sous !

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