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Dans deux billets récents, j’ai évoqué les restructurations qui actuellement secouent la sphère politique nationale (le premier billet, le second); d’une part, une droite qui se divise entre les libéraux modérés (UDI, MoDem, une partie de l’UMP) face au courant « buissonnien » prônant la grande réconciliation de la droite dite républicaine et de l’extrême-droite, d’autre part, deux orientations à gauche qui divergent de plus en plus entre les sociaux-libéraux qui s’accommodent du système en croyant pouvoir l’adoucir de façon marginale (en gros la gauche gouvernementale, mais qui connaît des tiraillements internes laissant espérer une possible redistribution des rôles) et face à cela, l’émergence d’un fort courant pour une véritable transformation sociale qui se concrétise essentiellement à travers le Front de Gauche. Lire le reste de cet article »
Aujourd’hui, un billet pour annoncer notre prochaine assemblée citoyenne à Plaisir, avec en splendide frontispice, les profils superposés des quatre maires successifs de notre ville depuis 1973. Sous la forme de cette filiation iconographique, genre qui eut son heure de gloire sur les bannières et médailles de l’ère stalinienne, vous reconnaissez Jean Mouton, Jacky Lecourtiller, Joël Regnault et notre nouvelle édile Joséphine Kollmannsberger. C’est à dessein que j’ai employé le mot « filiation », car droite ou gauche mélangée, c’est bien de cela qu’il s’agit, et de façon très, très politicienne au sens le plus indigne du mot. Revenons un peu sur cette époque pour les oublieux ou les nouveaux venus qui ne connaissent pas bien le passé de notre ville… Mais d’abord, un rendez-vous capital pour tous ceux qui assurément ne se reconnaissent pas dans les magouilles que nous allons décrire, mais se sont, par contre, reconnus dans le programme du Front de Gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon en mai-juin derniers :
(rue de la Brétéchelle, face parking théâtre Robert Manuel)
A ne regarder que le cirque de l’UMP ou les dérobades du gouvernement, on aurait tendance à ne parler que de décompositions —celle de la droite républicaine et celle du socialisme à la française1, mais si le modèle traditionnel de la partition politique nationale semble ainsi imploser, c’est que d’autres restructurations sont à l’œuvre, d’autres forces travaillent le corps social, en concurrence et en quête de l’hégémonie culturelle.
Désolé pour ce titre tout en finesse, je n’ai pas pu me retenir… Il faut bien se détendre un peu après la punition !
Jeudi 22, se tenait le conseil municipal : c’était le premier sous la présidence de Mme K., et pas n’importe quel conseil, mais celui qui est en majeure partie consacré au DOB (débat d’orientation budgétaire) où, dans un discours-fleuve, le maire refait le monde, l’Europe et la France, avec une telle mauvaise foi qu’il m’en venait presque des envies de défendre ce pauvre François Hollande, c’est dire ! Mais ce n’est pas de cela que je vous entretiendrai aujourd’hui, car ce conseil a été l’occasion de revenir sur la question du prêt des salles que j’avais exposée dans les billets du 20 octobre et du 8 novembre.
« […] au premier chef, la bataille politique est d’abord une bataille lexicale. Une compétition de mots. Qui parvient à imposer son vocabulaire à l’adversaire a déjà décroché la première manche du duel et s’affirme en position de force pour empocher la mise finale » écrit le journaliste Renaud Dély dans un ouvrage récent1. C’est cet aspect de la lutte idéologique que dénonce aussi la pancarte photographiée à la récente manifestation du 14 novembre contre l’austérité et qui souligne la reprise par un gouvernement se réclamant de la gauche de la conceptualisation patronale et libérale des données de la crise économique qui affecte notre pays, et, pour ce qui nous concerne aujourd’hui, la notion de compétitivité.
Le second billet sur la compétitivité ne sera pas pour aujourd’hui. Rassurez-vous ce n’est que partie remise, mais le comportement hystérique de l’UMP, surtout depuis 24 heures interpelle fortement sur les recompositions en cours du paysage politique national.
On sait comment se définirent les notions politiques de droite et de gauche, en 1789. Les députés de la noblesse et du clergé siégeaient lors des États-Généraux à droite du roi, les bourgeois et roturiers du Tiers-État, à gauche. Le 28 août, pour faciliter le comptage des voix, il fut décidé que ceux qui s’opposaient au droit de veto du roi et donc voulaient le changement de régime et l’égalité de tous les hommes, se placeraient à gauche, ceux qui souhaitaient le maintien de l’ordre ancien et des privilèges qui y étaient liés, à droite.
C’est le maître-mot actuel de la merdonité libérale. Ultra-libérale, social-libérale… comme vous voulez. Il nous est imposé par l’ensemble des médias comme l’impératif catégorique de l’action gouvernementale pour créer des emplois, l’exigence première d’une saine économie et l’ultime recours contre la supposée décadence industrielle de notre pays. Pourtant, curieusement d’un point de vue lexical, le capitalisme s’est développé et a dominé l’Occident —et davantage— pendant plus d’un siècle sans que ce mot ne soit utilisé ni n’apparaisse dans aucun dictionnaire… si l’adjectif compétitif existe bien dans le Grand Larousse de la langue française de 1972, nulle mention n’y est faite du substantif lui correspondant. C’est donc là un vocable d’usage assez récent : ses premières attestations écrites, avant d’être promu à la dignité suprême du dictionnaire se situent dans les années 60, elles se trouvent d’abord dans des textes portant sur l’économie et l’entreprise, au moment historique où les conceptions libérales reprennent du poil de la bête après les trente glorieuses plutôt marquées par le keynésianisme. Alors, comme à chaque fois qu’on voit apparaître un mot nouveau, on doit s’interroger sur les besoins idéologiques qui ont présidé à son avènement : pourquoi brusquement un concept neuf a-t-il été nécessaire pour transcrire la vieille réalité capitaliste de l’exploitation de l’homme par l’homme ? Voilà la question que nous inspire aujourd’hui le rapport Gallois et la nouvelle reculade d’un gouvernement qui a peur des pigeons.
Lors du dernier conseil municipal, comme je l’ai rapporté récemment, j’avais posé la question du prêt de salles municipales pour des réunions publiques : chacun comprend l’importance que cela a pour faciliter les conditions d’un vrai débat citoyen et, par conséquent, améliorer le fonctionnement de la démocratie locale. Chacun comprend aussi qu’en cette période où commence la préparation des élections municipales ce débat revêt une grande importance pour que l’ensemble de nos concitoyens s’empare des questions municipales. Certains, semble-t-il, préfèrent limiter ces débats à leur seul camp politique…
J’espère que c’est un titre assez mobilisateur, même s’il ne s’agit que de nos communes des Yvelines et non de la belle grande insurrection parisienne, pour enfin aborder le sujet des élections municipales de 2014. Les billets précédents sur Madame K. ont dû attirer votre attention sur les grandes manœuvres en cours : le maire sortant place sa dauphine, les formations politiques entament de discrets pourparlers entre elles, les contacts se nouent pour commencer à constituer des listes… c’est le jeu politicien habituel dont, hélas, les citoyens sont généralement écartés —et passablement dégoûtés. Ce n’est pas là la méthode choisie par le Front de Gauche, qui, dans la lignée de ses assemblées citoyennes, a décidé d’ouvrir le débat avec la population.